DE LA RÉPUBLIQUE
prétexte, d'exporter à l'avenir, ou de faire extraire de nos États, aucune espèce d'airelle, soit en herbe, soit en poudre, ou autres ingrédients propres à la préparation des cuirs, sous peine de perdre les bêtes de somme et la marchandise, ou les barques et les navires. Vous enverrez cet ordre dans tous les lieux de votre juridiction , et vous le ferez afficher sur toutes les places publiques , afin que personne ne puisse prétendre cause d'ignorance. Vous mettrez toute votre diligence à punir des peines déterminées le premier habitant de l'intérieur qui contreviendrait à cette défense. Vous sentez tout le dommage que peut nous causer un sem-
I blable désordre. Veuillez donc employer tous vos soins à ce qu'on puisse obvier à de si graves
1 inconvénients.
25 febr. 1510(1511).
LETTRE XVL
Au Capitaine et Commissaire de la ville de Pise , et à son futur successeur; au vicaire de Lari , au vicaire de Vico-Pisano , et au capitaine de Campiglia , à chacun en particulier, et à leurs futurs successeurs.
Nous avons été informés que l'on exporte des terres de votre juridiction, pour la transporter hors du territoire de l'État, une quantité considérable de tan, et d'autres matières propres à la préparation des cuirs : d'où il résulte un grand tort pour la république, attendu qu'il n'en reste pas suffisamment pour la préparation de nos propres cuirs. Pour prévenir cet inconvénient, et afin que le tan et les autres matières semblables servent pour nos cuirs et non pour ceux des étrangers, nous voulons qu'au reçu de la présente vous fassiez proclamer publiquement, dans tous les lieux de votre juridiction , la défense à tout individu, quels que soient son état, son rang, ou sa condition , d'oser ou de tenter, par soi-même ou par autrui , et sous aucun
«ACCB1JVVEIXI. II.
LETTRE XVIL
Aux précédents.
PATENTE
Priores libertatis et Fexilifer justitiœ perpétuas populi florcntini , Capitaneo et Commixsario cwitatis PLsarutn , nec non Potestati et Consulibus civitatis ejusdem , in quos hœc nostrœ inciderint j salutem.
( Les Prieurs de la liberté et le Gonfalonier perpétuel de la justice de la République de Florence, au Capitaine et au Commissaire de la ville de Pise, au Podestà et aux Consuls de ladite ville, et à tous ceux qui ces présentes verront, salut.)
Nous avons lieu de croire que vous n'ignorez pas toutes les peines et tous les soins que s'est donnés et qu'a mis depuis longtemps en usage la république, et particulièrement la chambre des seigneurs de la monnaie de notre ville, pour refondre, remettre au titre, ou prohiber, dans toute l'étendue du territoire de la république, les monnaies de mauvais aloi , défendues ou î rognées, et le succès qui a presque partout couronné leurs efforts.
Or, nous sommes informés que, sans aucune crainte des règlements, on commence, à Pise, à ; voir reparaître dans le commerce toute cette . mauvaise monnaie. Nous en éprouvons une vé- [ ritable peine; car vous devez sentir dans votre ! sagesse combien il en résulte de pertes . non-
CORRESPONDANCE
seulement pour le trésor public , mais même pour les particuliers, surtout mainlenant que nous avons répandu dans la majeure partie de rélat des monnaies courantes ayant leur titre et leur valeur, et conformes aux ordonnances relatives à cet objet.
En conséquence , et dans la vue de remédier A cet inconvénient, que nous rejyardons comme de la dernière importance, voulons et ordonnons qu'au reçu de la présente vous vous réunissiez tous trois, et preniez ensemble toutes les dispositions que vous jugerez convenables en celte circonstance, pour em()ccher le cours des monnaies fausses, prohibées et rognées, et pour lâcher de les rejeter hors des Étals de la république. Nous comptons sur vos lumières. Vous n'aurez pas de peine à saisir nos intentions, et à comprend' e combien l'abus qui existe est nuisible à 1 État et aux particuliers. Prenez vos mesures, ainsi que nous vous le recommandons, pour lâcher de parer à de si graves inconvénients. Benè valete.
15 martii 1510 (1511).
LETTRE XVIIl.
A Galeottt Leoni, capitaine et commissaire de Borgo.
Messer Jacopo Venuto, docteur à Borgo, marié il y a environ quatre ans avec Giacopa, fille de feu Cristofano Pechi , du même endroit, laquelle, d'après ce qu'on nous a dit, jouit de la meilleure réputation et sort d'une des premières familles de Borgo , nous a élé dénoncé pour s'èlre comporté et se comporter encore envers elle d'une manière tellement odieuse , en entretenant sous ses yeux et dans sa propre maison, une femme dont il a eu plusieurs enfants, qu'elle s'est vue dans la nécessité , à raison de cette conduite indécente et coupable, de quitter la maison conjugale et de retourner auprès de ses parents , où son mari la laisse manquer de tout, de manière que a malheureuse n'a pas même un morceau de pain; tandis que lui , de son côté, dissipe avec sa maîtresse la dot et les biens de sa femme. Cette conduite nous paraît d'un mauvais exemple, digue d'encourir tous nos reproches, et capable de causer le plus grand scandale. On
nous a requis d'y apporter un remède proi»nt et efficace.
En conséquence, nous voulons et ordonnons qu'au reçu de celle lettre tu fasses comparatlro devant toi ledit Jacopo : sa femme ou un de ses parents se trouvera présent au reçu de cette lettre. Tu lâcheras de démêler si ce qu'on nous a rapporté est vrai; et si les choses sont comme on le dit, tu adresseras audit Jacopo les reproches que tu croiras les plus propres à lui faire sentir l'indignité de sa conduite envers sa femme; tu lui feras sentir que ce ne sont point là les actions que l'on est en droit d'attendre de sa profession, el que, s'il persiste dans sa faute, la seigneurie ne manquera pas de moyens de le remeilre dans le bon chemin et de le faire repentir de son erreur; tu auras soin en même temps de lui donner l'ordre de fournir à sa femme la nourriture et l'habillement convenable à la décence et au rang qu'elle occupe, et de remettre en ses mains, et sans qu'il y manque rien, la portion des biens à laquelle elle a droit. Tu auras pénétré nos intentions : fais en sorte que ta sagesse accoutumée obtienne les résultats que nous en espérons. Si cependant le docteur persistait dans son inconduite, pour le mettre en règle tu nous adresseras un rapport particulier de toute cette affaire; car nous serons toujours là pour y appliquer le remède convenable. Benè vale.
15 martii 1510 (1511).
LETTRE XIX
A Bartolommeo Macini , vicaire de la République à Pescia.
Nous sommes informés' que la commune et les habitanls de IMonle-Calini , attendu que l'époque en est arrivée, désirent, d'après leurs règlements , procéder au rjenouvellement de leurs autorités municipales. Plusieurs particuliers de cette commune viennent de comparaître devant nous , tant en leur propre nom qu'en celui de plusieurs autres habitants, pour nous faire part du désir qu'ils auraient d'être mieux gouvernés. Ils exposent que la commune de Monte -Catini contient environ cinq cents hommes; mai;} que son administration a été