‹ Œuvres complètesChapitre 297 sur 323 · LETTRES AU NOM D · texte numérisé non relu

LETTRES AU NOM D

en quelque yorte envahie par un nombre de trente ou quarante personnes, qui ne quittent jamais leur emploi que pour y être remplacées, ou par leur fils, ou par leur Frère, ou par quelque autre proche parent ; de manière qu'elles restent continuellement en charge, et qu'elles ne transmettent les places qu'à ceux qui leur conviennent; et, comme ce petit nombre d'individus veulent les honneurs pour eux seuls, par une conséquence naturelle ils se partagent entre eux tous les revenus de la commune, que les plaignants évaluent par année à quatre mille livres; et quoiqu'ils ne portent d'un autre côté la dépense annuelle qu'à deux mille cent livres, il se trouve cependant qu'au commencement de chaque année la commune se trouve toujours endettée, lis se plaignent donc d"ètre mal gouvernés; et ils en accusent l'usage qu'ont usurpé leurs officiers municipaux , de se remplacer ainsi mutuellement dans leurs charges, et de n'en sortir que pour y faire entier un de leurs parents. Ils demandent en conséquence que l'on applique à ces abus un remède prompt et efficace, car il est impossible d'être plus mal gonverné quMls le sont.

C'est pourquoi nous te chargeons, toi ou ton juge, de vous transporter, sous le plus bref délai, jusqu'à Monte-Catini, afin d'examiner l'ordre et la manière dont on procédera au renouvellement dos autorités, et de veiller à ce que les capitaines défenseurs et les conseillers de l'endroit, qui doivent choisir les admihislrateurs, ne puissent, selon les statuts, admettre ni leurs parents, à moins quils ne le soient qu'au quatrième degré, ni aucun des membres du cercle, c'est-à-dire de ceux qui font aujourd'hui partie du corps municipal , comme il paraît que cela a eu lieu jusqu'à ce jour. Cette disposition est indispensable pour que chacun puisse participer aux emplois , et que les nominations s'opèrent avec justice dans ce qui touche à la distribution des places et des honneurs; car ils appartiennent surtout à ceux dont la conduite a toujours été irréprochable et dont le grand âge a mûri l'expérience. Quant à ceux que leur mauvaise conduite en aurait privés, ou qui auraient été flétris par quelque jugement infamant, ils doivent en être absolument écartés. En résumé, lu prescriras à ton juge de tenir sévèrement la main a ce que ce renouvellemeat ait lieu géné-

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