E L.\ RÉPUBLIQUE
ralement . de bonne volonté, sans partialité, et conformément à la justice qui est due au mérite de chacun en particulier; et en tout et pour tout, conformément aux ordres émanés de nous. Et si les autorités de la commune de Monte-Catini croyaient leurs droits blessés par ce qu nous t'écrivons, nous entendons qu'ils puissent adresser librement leurs réclamations à la haute seigneurie. Benè vale.
26martiil511.
LETTRE XX
A Giovanni PopotEsciii , capitaine et commissaire de la vilie de Pistoja.
Les députés des deux factions de la ville de Pistoja • , qui .sont venus dernièrement ici en ton nom, relativement au choix de trois bourses d'écoliers qui sont sur !e point de vaquer, se sont présentés devant nous. Les Fanciatichi se sont plaints surtout du petit nom'ure de gradués qu'ils ont dans leur quartier, et de n'avoir point o'ijtenu dans ce partage l'importance et ie crédit auxquels ils croyaient avoir droit. Après avoir écouté plusieurs fois avec attention toutes les raisons et les circonstances ailéguécs par les deux parties; après nous èire laii présenter et avoir entendu la lecture du testament du révérendissime cardinal di Trano; après avoir pris connaissance des règlements qui déterminent l'ordre et la forme de ces élections, nous avons cru que nous ne pouvions, sans nous compromettre, porter la moindre atteinte aux dernières volontés dudit cardinal. En con- .séquence nous voulons que le choix des trois écoliers dont il .s'agit ait encore lieu cette fois de la manière et dans l'ordre exact que le prescrit ledit testament; et si les Panciatichi n'ont point autant de gradués que ceux de l'autre parti, qu'ils prennent patience cette fois-ci.
Tu donneras donc les ordres nécessaires pour que cette élection ait lieu, et qu'il n'y intervienne que ceux qui , suivant les dispositians du testament , peuvent et doivent y concourir, sans aucun égard poin- toutes les réclamations qui pourraient être faites , attendu que notre intention est que la volonté du testateur soit observée dans tous ses points.
» Les Cancellieri et les Panciatichi.
Mais, d'un autre côté , tu feras enlendre aux Panciatichi de penser dorénavant;"! un arrangement , et de tâcher de trouver quelque mesure pour que leur parti ne se trouve pas peu à peu exclu de cette faveur; car l'intention du cardinal n'a pu être qu'un des deux partis soit plus favorisé que l'autre. Tu apporteras toute ton attention à terminer cette affaire pour qu'il n'en résulte aucun désordre ; tu exhorteras ceux qui doivent assister à celte élection à se comporter de manière à mériter l'approbation de la haute seigneurie. Benè vale.
ISaprtlislâll.
LETTRE XXI
A Giovauni Gompacni, podestà de Barga.
Ta lettre du 22 , à laquelle se trouvait jointe la copie de celle que tu avais reçue de la seigneurie deLucques, nous est parvenue hier. Après avoir attentivement tout examiné , nous voulons qu'au reçu de la présente, et le plus secrètement qu'il est possible, mais d'un autre côté en prenant les mesures les plus efficaces pour obtenir un heureux résultat, tu ordonnes à ces hommes, et surtout à ceux pour qui de semblables mesures sont particulièrement nécessaires, que, sous aucun prétexte et s ils attachent quelque prix à la faveur de la seigneurie , ils se gardent de rien innover ou de rien changer sur le Monte di Gragnio, et dans tous les endroits qui sont un sujet de querelle entre eux et les habitants de Gallicano, afin qu'on n'en vienne point aux armes ; d'où il pourrait résulter les plus graves inconvénients. Tu leur feras comprendre qu'il doit leur suffire, comme autrefois, de ne laisser personne user de cette montagne , puisque les Lucquois disent eu avoir interdit l'usage à leurs gens et que ceux de Gallicano n'en jouissant pas il est juste que cette jouissance leur soit également interdite. Et bien que nous soyons persuadés que cet arrangement ne soit pas aisé, néanmoins, comme il a déjà eu lieu une autre fois , on peut encore le rétablir aujourd'hui. Quant à la seigneurie de Lucques, il suffira de lui écrire que tu trouves les plus grandes difficultés à contenir c( s hommes , et qu'il serait urgent qu'elle prît
ONDANCE.
une autre voie pour parvenir à les surmonte ; préparant ainsi une espèce d'excuse à tes administrés s'il arrivait quelque désordre. Mais, par-dessus toutes choses , lu auras le plus grand soin qu'on ne sache point que cette défense est émanée de nous ; car il ne serait pas à propos qu'on en eût connaissance.
26 aprilis 1511
LETTRE XXn.
A Francesco Pitti, vicaire de la République el commissaire à San Miriiaio.
II paraît , par le rapport qui nous en a été fait, que dimanche prochain, 11 du présent mois, le chapitre des Frères mineurs de la province de Toscane doit se réunir à San-Miniato pour procéder au remplacement du ministre de l'ordre. D'après ce que nous pouvons conjecturer, les religieux de la ville de Sienne voudraient de tout leur cœur qu'on nommât un ministre de leur nation ; mais comme notre ville est la capitale de la Toscane , il nous semble plus convenable que ce ministre soit de préférence tiré de nos États; et si les deux partis pouvaient s'accorder pour que Francesco de' Ghinucci de Monte-Varchi , ministre actuel dudit ordre, homme docte et administrateur éclairé , restât en place , ce qui , d'après ce que nous pouvons conjecturer, entrerait dans les vues du père général , nous pensons qu'un tel choix serait utile , à cause des qualités que ce religieux possède.
En conséquence, nous voulons et ordonnons que tu prêtes l'appui le plus efficace et le plus pressant à notre nation et au ministre actuel, en ayant grand soin qu'il ne résulte aucun trouble de cette mesure. Tu comprends nos intentions : conduis-toi à cet effet le plus discrètement qu'il le sera possible, sans rien faire pressentir de notre présente volonté , et sans que le conseil des Frères puisse se croire exposé â quelque scrupule de conscience. Bem vale.
30 maii 1511.