SPECTABILIS TIR TANQUAM FRATER
J'ai reçu votre lettre du 24 du mois dernier ; et après l'avoir lue , je l'ai montrée à Sa Sainteté qui a vu avec plaisir ce qu'elle contenait , ainsi | que celle du seigneur président: mais ni dans le moment , ni depuis, la multiplicité de ses occupations ne lui a permis d'y répondre ; elle m'a dit seulement qu'elle voulait y penser plus sérieusement , et que je vous écrivisse de prendre patience. Je lui en ai parlé de nouveau depuis ce moment , et Sa Sainteté m'a répondu qu'elle n'avait pas encore pris de détermination , et qu'il fallait attendre encore un peu. Attendez donc; et s'il arrive quelque chose qui mérite que vous nous en informiez , écrivez-le-moi afin que je le fasse voir à Sa Sainteté, pour la décider à prendre une meilleure résolution. Tout ce qui me reste à vous dire , c'est que je continue à vous aimer, et que je n'ai rien tant à cœur que de vous être agréable. Je m'offre entièrement à vous , et je me recommande àvotre souvenir.
Jacopo Sadoleto, secrétaire de Sa Sainteté.
Rome, les juillet 1-525.
LETTRES FAMILIERES
LETTRE LY
A Nicolas Macchiavelu.
KESPECTABLE CITOYEIV ,
L'obligation où je suis de vous envoyer Tincluse, qui m'est arrivée sous mon pli , me fournit l'occasion de vous écrire , ce que je n'eusse point fait sans cela , n'ayant rien de particulier à vous dire. C'est avec la plus vive impatience que j'attends de vos nouvelles ; car , encore une fois , de mon côté je n'ai rien qui mérite de vous être écrit.
Je ne dois pas vous laisser ignorer que j'ai appris qu'après votre départ la Mariscolta a parlé de vous d'une manière fort honorable , et s'est fort louée de vos procédés envers elle ; ce qui m'a tout réjoui le cœur , car je ne désire que votre satisfaction ; et je puis vous assurer que si vous revenez ici , vous serez très-bien reçu , et peut-être même mieux caressé.
J'ai écrit à Rome comme le cas l'exigeait , mais je n'ai reçu aucune réponse touchant celte affaire. Si j'apprends quelque chose , je ne manquerai pas de vous en informer. Je me recommande à vous.
Francesco GuicciÂrdini.
Faënza, le 25 juillet 1525.
LETTRE LVI
 Nicolas Macchlatelli.
TBÈS-CHER MaCCHIAVELLI ,
J'ai reçu votre lettre du 3 , et je dois surtout vous dire que si vous continuez à orner celles que vous m'écrivez du mot àllluslre, j'honorerai les miennes de celui àQ Magnifique; et par ces beaux litres réciproques nous nous rassasierons d'un plaisir mutuel , qui se convertira en chagrin , lorsqu'à la fin nous trouverons tous , je dis tous, sans exception, que nous n'avons attrapé que des mouches. En conséquence si vous êtes résolu à me donner des titres, mesurez-les à ceux que vous aurez plaisir que l'on vous donne.
Quant aux nouvelles , je n'entends parler de rien qui mérite attention ; je crois que nous marchons tous in tenebris , et avec les mains
liées derrière le dos , afin de ne pouvoir éviter
les coups.
FrANCESCO GUICCIARDINI.
Faënza , le 7 août 1525.
LETTRE LVIl.
A FrANCESCO GUICCIARDIIMI.
SEIGl^EUR PRÉSroF.lNT ,
J'ai reçu hier votre lettre du 12, et je vous dirai pour réponse que Capponi revient. C'est votre Jacopo qui a voulu se charger de le questionner ; mais , co.mme vous dites , je le crois parfaitement au fait. De toute manière on peut lui fiiire des offres qui prouveront du moins que vous êtes instruit de la chose; mais il ne faut pas quelles s'éloignent des convenances. Il me semble, ainsi qu'à Girolamo, qu'on ne peut lui offrir moins de trois mille ducats : mais làdessus nous lui donnerons les instructions que vous jugerez nécessaires.
Je vois avec satisfaction que Nicia ' vous plaît : si vous le faites jouer pendant ce carnaval, nous viendrons pour vous aider. Je vous remercie de vos recommandations, et je vous prie de nouveau de ne point m'oublier.
Les provéditeurs chargés des affaires du Levant ont l'intention de m'envoyer à Veni.se pour réclamer le remboursement de certaines sommes qu'ils ont perdues. Si je dois y aller, je partirai dans quatre jours, et à mon retour je viendrai de votre côté , pour rester une soirée avec votre seigneurie et revoir un instant mes amis.
Je vous envoie vingt-cinq pilules, faites à votre intention il y a déjà quatre jours : vous en trouverez la recette à la fin de ma lettre. Je vous dirai qu'elles nfont ressuscité. Commencez à en prendre une après le souper : si elle fait quelque effet, vous cesserez; sinon vous en prendrez deux ou trois, mais pas au-delà de cinq. Quant à moi, deux m'ont toujours suffi, et une seule fois par semaine, excepté quand je me sens la tête lourde ou l'estomac chargé.
Il y a deux jours que j'ai parlé de l'affaire en question avec mon ami, en le priant fie m'excuser si j'entrais trop avant dans des intérêts
> Le personnage ridicule de la Mandragore'
CORRESPONDANCE
aussi importants pour lui: mais que c'était luimême qui m'y avait excité : je l'ai prié de me dire forniellement quelle était son intention relativement au projet de marier son fils. Après quelques façons, il m'a répondu qu'il ne croyait pas que cette affaire fût bien emmanchée; que les jeunes ijens regardaient comme un déshonneur de ne point avoir une dot extraordinaire, et qu'il ne croyait pas pouvoir décider son fils à se contenter d'une dot ordinaire. Puis, ayant réfléchi quelque temps en luimême, il s'est écrié : «Je suis presque sûr de «deviner pour qui tu me parles, car je sais où «tu es allé; et cet arrangement m'a déjà été «proposé d'un autre côté.» Je lui ai répondu que je no savais s'il devinait bien ou mal , mais que je pouvais l'assurer qu'il n'avait jamais été question de cette proposition entre vous et moi, ce dont il m'a été facile de le convaincre; j ai ajouté que je n'avais agi que de moi-même en. cette circonstance, et seulement pour le bien que je lui voulais, ainsi qu'à moi. Ici j'ai levé la visière, et je lui ai parlé nettement sur ce qu'il était et sur ce que vous étiez vous-même, sur votre position dans le monde, sur votre situation présente eL vos espérances dans l'avenir; enfin je lui en ai tant dit , que je l'ai rendu tout perplexe , et qu'il a fini par convenir que si le Magnifique se décidait à prendre pour femme lUie Florentine, il serait bien mal conseillé de ne pas la prendre dans votre famille; que je ne voyais pas comment un homme de sens comme lui pourrait marchander avec un de vos pareils pour deux ou trois mille ducats, d'autant mieux qu'il pourrait fort bien arriver que, n'ayant point de fils et que votre femme ayant cessé de faire des enfants, la dot pourrait devenir plus considérable que celle de toute autre femme qu'il prendrait et dont il n'aurait jamais à espérer que la dot. Tout en causant ainsi nous arrivâmes aux Servîtes * ; je m'arrêtai sur la porte, et je lui dis : «Je choisis ce ' «lieu, pour que mes paroles restent gravées I «dans votre mémoire. Dieu veuille que vous ; «n'ayez pas à vous repentir, et que votre fils I one soit pas en droit de se plaindre de vous.» ! il me répondit : «Au nom de Dieu! voilà la «première fois qu'il est question entre nous de
* C'est le nom de l'église des pères Servîtes à Florence.
«cette affaire; mais nous en parlerons pius «d'une fois eiicore.» Je lui dis alors que je ne lui en soufflerais plus le mot, et qu'il me suffisait d'avoir payé ma dette. J'ai dirigé ma lance de cette manière, et je n'ai pu cacher ce que j'étais certain que l'on découvrirait tôt ou tard. Maintenant je puis le voir venir : je ne laisserai échapper aucune occasion; et, soit en général, soit en particulier, je tirerai toujours à mon but. Mais revenons-en à la recette des pilules. Florence, le 17 aoiU 1525.
Recipe ^ : Aloès hépatique. drachme 1 Vî
Carinari. deos.
Safran
Myrrhe choisie.
Béloine
Pipinelle
Bol d'Arménie. .
LETTRE LVlll.
A Nicolas Macchiavelli, à Venise *,
Très-cher Nicolas , après que vous nous avez quittés , Lodovico Alamanni m'a remis une lettre écrite par vous en faveur d'un moine qui devait prêcher à Modène au mois de janvier dernier.
Celui qui devait profiter de votre lettre n'a pas voulu , en personne bien entendue , la présenter sans y avoir donné créance , tant il connaissait vos bonnes dispositions envers les moines. 11 suffit que, de ce côté, vous soyez trop galant homme; et je ne m'amuse pas 5 éplucher des nèfles. Mais en voilà trop pour un moine.
Quant aux nouvelles, le monde depuis quelque temps change si souvent de face, qu'il me paraît inutile de répondre à celles que vous m'avez mandées. A l'égard de ce qui se passe actuellement , je ne saurais que vous dire, si je ne vous apprenais que les montagnards de Luc-
' Telle était la médecine dont Macchiavelli faisait ordinairement usage, et que Paul Jove, à son ordinal re, par une interprétation maligne , qualifie de potion enchantée, disant que Macchiavelli, après l'avoir prise, mourut eu se moquant de Dieu, et enprélendant qu'il était pour ainsi dii-e devenu immortel.
' Cette lettre a été écrite dans le temps que Macchiavelli était en mission à Venise.
LETTRES FAMILIÈRES
ques ont pillé dernièrement le Bagno-alla- \ Vnia; mais, comme ils n'étaient point soutenus p.ir d'autres forces que celles que vous leur connaissez, ils se sont retirés avec leur butin, se conduisant plutôt en voleurs qu'en gens qui veulent recouvrer leurs États.
Je suis bien aise que vous ayez été rais dans les bourses du scrutin ' , .que Ton vous ait fait des avances, et que \esaccojyiatori^ aient ferm.é les yeux. 11 n'a été question que de cela pendant tout le temps que j'ai été ici. Je suis charmé d'apprendre d'où vous est venue cette faveur; et puisque cela dépend de Barberia et de quelque autre gentillesse de votre part, comme votre lettre même l'atteste, vous m'en apprenez chaque jour davantage.
Je ne comprends pas ce que vous me dites de vos enfants mâles ; et s'ils sont, siue ancilla, et de libéra, ou seulement de votre maîtresse, c'est à quoi je vous laisse penser. Si j'en avais su d'abord quelque chose, par vous ou par d'autres, je m'en serais soudain réjoui. Grand bien vous fasse ! Que Dieu, en temps et lieu, vous accorde d'y trouver des consolations, et pleurez-en de tendresse si vous le trouvez bon!
L'absence que vous faites pour la Barbogeria a démontré clairement à chacun que vous étiez la cause de tout le mal : on a vu que vous avez en tout hérité des mœurs et coutumes deTommaso del Bene ; car, maintenant que vous êtes éloigné, on n'entend plus parler ni de jeu, ni de taverne, ni de quelques autres peccadilles; et voilà comme on s'est aperçu d'où provenait tout le mal. Donalo a pris les habits de la Cricca. On ne voit plus Baccino. Giovanni ferait bien quelque chose, et je ne resterais pas en repos de mon côté : mais la plupart du temps nous n'avons pas d'endroit convenable; il nous manque ou les invitations ou un tiers; mais toute la bande manque toujours de..., parce que vous nous manquez.
' Ce sont les bourses dans lesquelles on déposait les noms des citoyens susceptibles d'être extraits pour exercer une magistrature. Macchiavelli avait été exclu de cette faveuï par le décret qui l'avait privé de son emploi et exilé.
- C'est le nom que l'on donnait à ceux dont l'emploi était de reconnaître les citoyens capables d'éire admis dans les bourses de scrutin. C'était, à proprement parler, des .scrutateurs. On appelait ammoràti les citoyens cpii étaient exclus de ces bourses.
Je me trouve encore à Florence; je n'en partirai qne deux ou trois jours après la foire. Je m'arrêterai à Modène; et là, tout à mon aise, et sans avoir besoin d'écrire , je vous informerai de mille choses qui peut-être vous feront quelque plaisir. Cependant dépêchez- vous, car ces marchands font grand bruit ; ils se plaignent que vous vous amusiez à vivre là-bas à leurs dépens, avec vos lettrés : ils ont besoin de bien autre chose que de chanteurs de fables; et sachez que toutes ces belles conversations ne sont pas du goût de tout le monde, quoique vous en ayez peut-être la bouche pleine. Maintenant tâchez d'avaler ce morceau.
Je ne laisse pas, toutefois, de me réjouir avec vous de tout le bien qui vous arrive , car vous savez que l'ancienne amitié qui nous unit me le fait partager. Vous avez longtemps lutté contre le sort; mais vous êtes enfin sorti de voire paresse, et vous avez secoué votre vermine au feu : voilà du moins ce que nous apprennent les lettres que l'on reçoit de Venise. On dit que vous avez gagné à la loterie deux ou trois mille ducats; tous vos amis s'en sont réjouis sincèrement, et ils ont vu dans cet événement une juste récompense accordée par le sort à votre mérite, que les hommes avaient laissé dans un injuste oubli : mais, quoique ce soit une bien faible compensation à ce que vous valez, cependant trois mille ducats qui viennent de cette manière, et surtout sans qu'on en ait d'obligation à personne, ne laissent pas de nous mettre parfaitement dans nos affaires. Grand bien vous fasse! Mais vous avez fait fort à vos aniis, à vos parents, et à tous ceux qui vous veulent du bien, de ne pas nous avoir instruits de votre bonheur.^ et de nous avoir réduits à l'apprendre par des lettres d'étrangers et par des voies détournées: aussi le comte de' Mozzi ne sait plus ni que penser, ni s'il doit ajouter foi à ce bruit ; cependant il commence à le croire depuis qu'il a vu toutes les lettres écrites de dessus les lieux par des marchands tout à fait dignes de foi ; il a confiance en outre dans les enchantements que vous avez appris en Romagne; et sans la ferme conviction o\x il est de votre profonde science sur ce point, on aurait beaucoup de peine à le persuadçr. Quant à moi, je n'ai pas le moindre doute, ne pouvant m'imaginer que les personnes qui nous ont écrit cette nouvelle, et qui ne
CORRESPONDANCE
sont pas gens à s'amuser, se fussent permis de mentir à ce point : je m'en réjouis donc de nouveau; et que grand bien vous fasse, encore une fois! Je vous prie en outre, pour la satisfaction de vos amis, de vouloir bien, lorsqu'il vous arrivera un semblable bonheur, les en informer afin que nous ne soyons pas réduits à l'apprendre de nos voisins : mais faites-le avec assez d'adresse pour qu'on ne le publie pas par toute la ville, ainsi que cela est arrivé pour les trois mille ducats que vous venez de gagner; et comme il est question de chanjjei certaines impositions et d'établir de nouvelles taxes, on pourrait bien, dans cette persuasion, vous imposer quelque charge qui vous ferait suer les oreilles bien autrement que ÎNicia.
Donato s'est rais en fureur contre vous depuis que je lui ai dit que je vous avais fait connaîire par écrit celui qui avait donné les cierges; il a proiestédevant toute la compagnie. Voilàcomme vous perdez tous vos amis : c'est un malheur. Du reste, je n'ai rien autre chose à vous apprendre. Que la loterie vienne à votre secours, et que Francesco del Nero et ses camarades réussissent tout aussi bien!
FiLiPPO de' Nerli.
Florence , le 6 septembre 1525.
LETTRE LIX
A Francesco Gdicciardini.
SEieNEVR PRÉSIDENT ,
Aussitôt après mon arrivée je me suis hâté d'aller à la campagne, où j'ai trouvé mon Bernardo malade de la fièvre tierce ; voilà ce qui m'a empêché de vous écrire. Mais ce matin, à mon retour de la villa, que j'avais quittée pour parler au médecin, j'ai trouvé une lettre de votre seigneurie, en date du 13, qui m'instruit de l'état d'anxiété dans lequel vous a jeté la simplicité de Nicia et l'ignorance de tous ceux qui roiivironnent. Quoique je sois persuadé que les passages obscurs soient nombreux , puisque vous vous bornez à vous contenter de deux explications, je m'efforcerai de vous satisfaire.
tare a sassi de' foi ni, tailler des pierres pour faire des fours, signifie tout simplement se conduire comme un fou. Ainsi, lorsque mon
personnage dit que si nous étions tous comme Nicia, nous taillerions des pierres pour faire des fours, c'est comme s'il disait que nous ne ferions que des sottises. En voilà assez sur ce premier point.
Quant au crapaud et à la herse, ceci a besoin de plus longs éclaircissements, je l'avoue. En effet, j'ai feuilleté, comme Frà Timolteo, une multitude de livres pour trouver l'origine de cette herse, et enfin j'ai trouvé dans le Burchiello ce texte, qui présente une grande autorité en ma faveur; c'e.it lorsqu'il dit dans un de ses sonnets :
c Craignant que l'empire lie succombât , on envoya pour «ambassadeur une paire di' poignées de lil, et l'on chassa la «pelle et la pincetle : on trouva bon qu'il en manquait au «moins quatre écheveaux ; mais la herse de Ficsole y eon «duisil.»
Le sens de ce sonnet me paraît extrêmement mystérieux; et je crois que, si l'on veut bien l'examiner, c'est une légère satire de nos temps; voici seulement la différence : c'est qu'alors on envoyait une paire de poignées de fil, et qu'aujourd'hui au lieu de fil on envoie des macaronis. 11 me semble donc que les mêmes temps reviennent toujours, et que nous-mêmes ne changeons jamais. La herse est une machine de bois carrée et armée de plusieurs dents de fer ou de bois, dont les laboureurs se servent pour aplanir la terre lorsque les semailles sont terminées. Le Burchiello cite la herse de Fiesole, parce que c'est la plus ancienne qui existe en Toscane, les Fiesolaniens , au dire de Tite-Live dans sa seconde Décade, ayant été les inventeurs de cet instrument. Un jour qu'un labou-^ rtur aplanissait un champ, un crapaud qui n'é tait point accoutumé à voir un si grand travail, et qui s'émerveillait et regardait avec ses gro,s yeux ce qui se passait au-dessus de lui, fut atteint par la herse, qui lui chatouilla le dos d'une telle manière (lu'il fut obligé d'y pa.sser sa patte plus de deux fois; et Tanimal sur le dos duquel la herse venait de passer, en se .sentant si fortement blessé , se mit à crier : « Du raoin.^ «n'y reviens plus. » Ces mots ont donné lieu au proverbe que l'on adresse à ceux que Tonne veut pas qui reviennent : Comme dit le crapaud à la herse. Voilà ce que j'ai trouvé de plussatisfaisant sur ce point. Si votre seigneurie ne se trouvait pas suffisamment éclairée, avisezm'en.
LETTRES FAMILIERES
Tandis que vous vous donnez là-b;is bien du mouvemenrr, nous ne nous endormons point de notre côté. Lodovico Alamanni et moi nous avons soupe un de ces soirs avec ia Barbera : nous avons parlé de la comédie , si bien qu'elle s'est otTerte daller avec ses cbanteurs exécuter les chœurs pendant les entr'actes. Je lui ai offert à mon tour de composer les paroles de ces intermèdes, et Lodovico lui a promis de la loger à Modène, dans la maison de' Buo-^i. elle et ses chanteurs. Vous voyez bien que nous faisons tout notre possible pour qu'il ne manque rien à cette fête. Je me recommande à vous. eU\ Nicolas uacchiavelli.
LETTRE LX
Au même.