LETTRES FA
musique pour les chanfer dans les entr'actes. Je vous en envoie les paroles avec la présente ïfin que vous puissiez îes examiner ^ : no-is vous porterons la musique tous ensemble, ou j'irai moi seul. Il ne serait pas mal si la B;<rbera se décidait à venir, que vous envoyassiez ici un de vos valets avec deux ou trois Mtes de somme. Voilà tout ce qui concerne la comédie.
J'ai toujours été d'avis que si le projet de l'empereur était de devenir dominus rerum , il n'était pas homme à laisser jamais le roi sortir de prison, parce qi^en le retenant il affaiblit ses propres adversaires , qui , pour ce motif, lui donnent et lui donneront tout le temps nécessaire pour se mettre en mesure ; car , leurrant tantôt la France et tantô! le pape, de l'espoir d'un accommodement, il peut continuer ses négociations sans être obligé de les rompre ; et s'il voit que l'Italie soit sur le point de s'unir à la France, il se rapproche de cette dernière puissance de manière à l'empêcher de conclure : il trouve son profit à cette conduite; et c'est avec ces bagatelles qu'il a gagné Milan et qu'il a été près d'acquérir Ferrare; car s'il s'en était donné la peine, il n'est point douteux qu'il n'eût réussi. Si ce malheur était arrivé, c'en était fait de toute l'Italie. Mais que vos chers Espagnols mêle pardonnent, ils ont fait une grande faute en laissant le duc traverser la Lombardie pour se rendre dans ses États : ils devaient l'arrêter et l'eiîvoyer par mer en Espagne, et ne pas compter qu'il irait de luimême; car on pouvait aisément prévoir qu'il arriverait mille événements, comme on l'a vu en effet, qui le décideraient à ne point s'y rendre.
11 y a quatre jours qu'il était fortement question de rapprochements entre l'Italie et la France : l'on y croyait d'autant plus, que, Pescaire étant mort, Antonio da Leva malade, le duc de Ferrare de retour dans ses États, les citadelles de Milan et de Crémone encore occupées, les Vénitiens libres de toute obligation, et tout
' Ces canzoni ou cbaiisons, qui se trouvaient jointes à ceUe letire , ont été placées en leur lieu dans la Mandragore , pour la(|uelle elles avaient été composées. Quelques-unes de ces chansons se trouvent répétées dans ia 6^Z(.sJa. Ce n'est que dans l'édition en 6 vol. in-4"', faite à Florence en 1783, qu'elles ont été insérées dans la Mandragore.