SCÈNE II
PIRRO, NICOMACO.
PIRRO. Me voici.
ixiC0M.iC0. Je veux, quoi qu'il arrive, que tu prennes femme ce soir.
OUVRAGES D
piRRO. Je la prendrai tout à Theure.
NicoMACO. Calme-toi un peu; chaque chose à son tour, comme dit l'autre. 11 faut aussi conduire les affaires de sorte que tout n'aille pas sens dessus dessous en un jour. Ma femme ne s'arrange pas de cela; Eustachio veut aussi de Clizia; il me paraît même que Cleandro le protège ; et il s'est mis à dos Dieu et le diable. Mais demeure ferme dans la résolution de l'épouser. Sois tranquille : je suis bon pour leur faire tète âtous; au pis aller je te la donnerai malgré eux; et puis , qui voudra grogner grogne.
PIRRO. Au nom de Dieu , dites-moi donc ce que vous voulez que je fasse.
liicOiMACO. Je veux que tu ne t'éloignes pas d'ici , afin que tu sois là si j'ai besoin de toi.
PIRRO. Je n'y manquerai pas. Mais j'avais oublié de vous dire une chose.
NicoMACO. Quoi ?
PIRRO. Eustachio est à Florence.
KICOMACO. Comment, à Florence! Oui te Ta dit? PIRRO. Messer Ambrogio , notre voisin des champs; et il a ajouté qu'ils étaient entrés ensemble hier soir en ville.
NICOMACO. Eh quoi ! hier soir ! Où donc a-t-il passé la nuit?
PIRRO. Qui le sait ?
nicoMACO. C'est fort bien ! Va-t'en ; fais ce que je t'ai dit. Sofronia aura fait venir Eustachio, et le maraud a eu plus d'égard pour ses lettres que pour les miennes; car enfin je lui avais écrit de faire mille choses, et je suis un homme ruiné s'il ne les a faites. Ah! par Dieu! je lui revaudrai ça ! Si encore je savais oii il est et ce qu'il fait ! Mais voici Sofronia qui sort du logis.