‹ Œuvres complètesChapitre 60 sur 323 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

PIRRO, NICOMACO.

PIRRO, pariant du côté de la maison. Avant que J€ fasse ce que vous me demandez je me laisserai écorcher vif.

MCOMACO, à part. Ccla va bien : Pirro tient .sa parole. (Haut.) Qu'as-tu ? avec qui es-tu en querelle?

PIRRO. Je querelle en ce moment avec qui vous querellez sans cesse.

]\iC0MAC0. Que dit-elle? que veut-elle?

PIRRO. Elle me prie de ne pas prendre Clizia pour femme.

NICOMACO. Et que lui as-tu répondu ?

PIRRO. Que je me laisserais assommer avant de la refuser.

NICOMACO. Bien répondu , ma foi !

PIRRO. Si j'ai bien répondu je crains d'avoir mal fait, car je me suis rendu ennemis votre femme, voire fils et tout le monde de la maison.

■NICOMACO. Que t'importe? Sois bien avec le Christ et moque-toi des saints.

PIRRO. Oui , mais si vous veniez à mourir les saints me traileraient fort mal.

NICOMACO. Ne crains rien : je te ferai un sort tel que les .saints ne pourront pas te donner beaucoup d'inquiétude (et quand ils le voudraient, les magistrats et les lois te défendraient), pourvu que grâce à toi je puisse coucher avec Clizia.

PIRRO. Je crains que vous ne le puissiez pas, tant je vous vois enflammé de colère contre votre femme.

NICOMACO. J'ai songé qu'il serait bon peutêtre, pour sortir enfin de toutes ces folles querelles, de tirer au sort à qui nous donnerons Clizia : ma femme serait bien obligée d'en passer par là.

PIRRO. Et si le sort m'est contraire ?

NICOMACO. Dieu fera, j'espère, que cela n'arrivera pas.

PIRRO, à part. Vieux fou! Il veut que Dieu prête la main à ses débauches! (Haut.) M'est avis que, si Dieu se mêle de telles choses, Sofronia aussi peut espérer en Dieu.

NICOMACO. Eh bien! qu'elle espère. Si pourtant le sort m'était défavorable, j'ai déjà trouvé le remède. Va, appelle-la. et dis-lui de venir ici avec Eustachio.

CLIZIA. — ACTE l!L SCENE VIL

PrURO , allant vers la porte de la maison. Sofronia , ; venez, ainsi qn'Eustachio, parler à monsieur. j

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