‹ Œuvres complètesChapitre 94 sur 323 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MARGHERITA, seule.

Agir de la sorte ! Ah ! qui jamais l'aurait cru? Les moines! oh! les moines sont plus malins que le diable! Voyez un peu l'honnête homme! voyez la perfidie, et par quelle voie il l'a conduite et attirée à ses fins ! Il nous avait dit à la maison qu'il avait trouvé un excellent moyen de délivrer ma maîtresse de toute inquiétude, et de guérir son mari de l'amour qu'il portait à la commère ; et quel était ce moyen? Nous devions aller dans la maison d'Alfonso dont il nous a donné les clefs, qu'il tenait, nous a-t-il dit, d'Alfonso lui-même pour je ne sais quelle affaire. Madame Catterina devait se mettre dans le lit où la commère se couche d'habitude; et nous étions convenus que je dirais à Amerigo qu'aujourd'hui la circonstance était propice; qu'Alfonso s'étant absenté et ne devant revenir qu'à la nuit , la commère consentait enfin à combler ses vœux. Nous étions bien assurés que le bonhomme, se confiant à ma fidélité non suspecte , irait les yeux fermés à ce rendez- vous.

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