‹ Œuvres complètes;Chapitre 20 sur 51 · STANCES SUR UN DEPART · texte numérisé non relu

STANCES SUR UN DEPART

Reaux yeux, vous me laissez et me laissez à

[l'heure Que je suys tout de flamme et que je meurs pour

[vous.

Yolle, vous partez, mais l'amour me demeure, A Et perds en vous perdant ce que j'ai de plus doux.

Rien que de mille nœuds mon ame soit pressée, Je voy qu'un lien seul se treuve le plus fort, Et pour aller guérir l'ame la moins blessée, 8 Me privant de vos yeux vous me donnez la mort.

Non! je ne puis souffrir des passions si fortes, Et malgré les devoirs tyrans de la grandeur, Je vous veux toujours voir; car des paroîles mortes Tî> Ne peuvent tesmoigner une si vive ardeur.

Que sert à mes désirs que ma flamme s'espaiide Par tout où le soleil icy-bas se fait voir; Je ne me tiens point grand si je ne vous com-

[mande, i6 Rornant dedans vos loix celles de mon pouvoir.

S'il faut que par respect je dissimule encore, Pour attendre l'effect qui retarde mes vœux; Pourveu que vous croyiez comme je vous adore, '>o Tousjours l'affection surmontera les feux.

Tu te trompes, Amour, faisant que je ressente Des tourmens incognus pour affoiblir mon cœur; Car plus il est bruslant, plus mon ame est contente ; 9/1 Plus il est abattu, plus il doit au vainqueur.

Quand, après tant d'ennuis, tant de grâces di- Se reverront icy, je cueilleray ce jour [vines

Une moisson de fleurs d'une forest d'espines, r>8 Et beniray l'absence à cause du retour.

C/. : T (pp. 4o-4i). — Pi (ff. 106-107), !>" Sieur Des Yv<'f(>:iiix. - F 9. ({. 438), Du Sieur Desyveteaux. — L (pp. 454-455), Du S. Des Yveteaux. — Li, Du S. des Yveteaux). — Ms. Montbé- Vumi (f. 35). — V. (pp. 58-59).

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