‹ Œuvres complètes;Chapitre 23 sur 51 · Quel autre devant moi t'oseroit adorer · texte numérisé non relu

Quel autre devant moi t'oseroit adorer

Bien que je fusse né sans sceptre et sans couronne, Je ne pourrois quitter ceste place à personne;

;)/i Et l'ayant, je voudroîs aux Dieux me comparer.

J'ay fait luire partout les rayons de ma gloire; J'ay des Roys plus prisez effacé la mesmoire;

97 Mais voulant ^aux périls mon mérite cercher, J'estime encore plus cette nouvelle audace De penser par mes feux eschauffer cette glace,

3o Et vouloir par mes pleurs amollir ce rocher.

Beauté, qui peux ranger les cœurs plus teme-

[raires, Mes fers me sont si doux et mes flammes si chères

(1) In hoauté (Ms. Montbéliard).

33 Que mon cœur bien-heur€ux s'allume à tes froi-

[deurs, Et si dedans la Cour (i) parmi tant de contraintes, Tu ne tournes tes yeux qu'avecque mille craintes,

36 J'en reçoy les regards avecque mille ardeurs.

Cf. : T (pp. 43-45). — Pi (ff. 106-107), I^u mesme [sieur dos Yveteaux]. — P2 (ff. 438-439), Du mesme [sieur Desyveteaux]. — L (pp. 455-456). Du S. des-Yveteaux. — Li, Du S. des-Yveteaux. — — Ms. Montbéliard (ff. 35-36). — V (pp. 60-61).

STANCES

Chaste beauté qui sous vos lois, Pouvant ranger les plus grands Roys,

3 De moi seul estes adorée,

Que sert à mon coeur embrazé, Que mon mérite soit prizé

6 Et que ma foy soit ignorée?

Je n'ayme que trop constamment Et, si l'air est le fondement

9 D'une amour si saincte et si haute,

C'est que du Ciel j'en fus atteint : Mais si ceste flamme s'esteint

12 Ce ne sera que vostre faute.

Autrefois, dedans les hazards, Egalant la gloire de Mars,

(i) Mu Cour (Pi — T — V) Cette version est une erreur typographique; l'amoureux dont il s'agit n'es^ pas .le roi (cf. v. la et 22); il ne peut donc pas dire « ma » cour.

•jS ŒUVRES DE DES YVETEAUX

ï5 J'ay mérité ce qu'on me donne;

Aujourd'huy vaincu par vos yeux,

Mes lauriers les plus glorieux i8 Sont ceux dont ma foy me couronne.

Je sçay bien qu'il faut endurer, Et qu'il ne faut rien espérer,

21 A tout cela je me prépare :

Jamais beaucoup ne couste peu (i), Et ne puis, mourant de ce feu (2),

24 Mourir pour rien qui soit si rare.

« Ces Stances, dit Blanchemain, ont été sans doute faites pour quelque grand seigneur de la Cour de Henri IV, ou pour lo Roi llui-même. » Plus probablement pour le roi, car celui qui parle ose égaler sa gloire à celle de Mars>

Cf. : T (pp. 45-/i6). — Pi (f. 107), Du, mesme [sieur des Yveteaux]. — P;î (ff. ^^g-Zj/io), Du mesme [sieur Desyvcteaux]. — L (pp. 445-446), Du S. Des-Yv€teaux. — Li, Du S. Des-Yveteaux. — Ms. Monibéliard (f. 37). — V (pp. 48-49).

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