ET QU'IL ENVOYA A CINQ OU SIX DE SES AMIS
Inédit.
Nous avons icy la santé,
Le repos et la liberté;
NostTe musique naturelle,
C'est une excellante vielle, 5 Mais nous avons, quand nous voulons,
Trois ou quatre bons violons;
Si l'on est las de la musette,
De la harpe ou de l'èpinette.
On oit les oiseaux dans les bois lo Ou de Gloris (i) la belle voix,
(i) Madame de Gassy. {!S(He m-arginale da Ms. fr. Sga).
Qui, pareille à celle d'un ange,
Se maintient malgré la vendange;
Et si l'on voit dans nos paniers
Plus de raisins que de deniers, i5 Je jure pourtant que les sources
Des fleuves dorez et les bourses
Des Partisans ne peuvent pas
Nous donner de meilleurs repas,
Des jours ou des nuicts plus paisibles, 20 Ny des voluptéz moins nuisibles.
Nous voyons dans mesme batteau
Ceres et Baccus dessus l'eau;
Nos isles encor[e] fleuries
Valent mieux que les Canaries, 25 Et si le Ciel m'avêt permis
De voir quand je veux mes amis,
Sans rien espérer davantage,
Je verrez dans cet hermitage
Tous les incurables guaris 3o Devant que d'aller à Paris.
Cette pièce de vers inédite qui se trouve au Ms. fr. 892 de la Bib. Nat. (f. 3o), fut écrite vers 16A8, puisque c'est à cette époque seulement que Des Yveteaux quitta le faubourg Saint-Germain pour se retirer à Brianval, petit village à proximité de Meaux.
[Date douteuse]
SONNET
Ne crains plus désormais, Tircis, que je soupire. Mon bonheur a passé celuy de mes Bivaux; J'ay bien des envieux, mais je n'ay point d'égaux, à Et mon bien est si grand que je ne l'ose dire.
l30 OEUVRES DE DES YVETEAUX
Toy qui fus confident de mon cruel martire, Saches tous mes plaisirs, puisque tu sceus mes
[maux ; Mon Iris Tautre jour paya tous les travaux 8 Que je souffris jamais sous son cruel empire.
La faveur que j'en eus eut contenté les Dieux; Elle eût charmé les coeurs les plus ambitieux; II J'en demeuray surpris, mon ame en fut ravie.
J'en retiendray tous jours et le temps et le lieu, J'y songeray, Tircis, tout le temps de ma vie; i4 Elle me regarda, quand je luy dis Adieu.
Ce sonnet, adressé à Tircis, probablement un des amis de. Des Yveteaux, lui raconte la victoire remportée sur son Iris. Il serait intéressant de connaître la date de cette pièce. Elle ne parut qu'en i654, cinq ans après la mort de son auteur. On peut donc supposer qu'elle n'a pas été écrite vers 1600 ou 1610, car elle eût sans doute paru avec les autres dans une édition du Parnasse ou des Délices. Si elle fut écrite vers 1682, il se pourrait fort bien que cette Iris fût Jeanne du Puy, la joueuse de harpe qu'il avait recueiUie chez lui; d'ai91eurs c'est sous ce nom poétique d'Iris, que lui-même et ses ennemis, dans les factums du procès, désignent la Du Puy; or, en 1682, il fît un voyage avec elle en Normandie et quelque temps après Marguerite Du Puy naissait.
Otte pièce, parue par erreur dans les œuvres de Montreuil,
a été imprimée dans : R (p. 270), Signé : Desyvetoaiix. —
Cf. : F. Lachèvre (Bibliographw des Reciieils Collectifs, t. II, p. 254).
[Date douteuse]