‹ Œuvres complètes;Chapitre 47 sur 51 · FACTUM CONTRE GUILLAUME VAUQUELIN 20I · texte numérisé non relu

FACTUM CONTRE GUILLAUME VAUQUELIN 20I

selon leur mode, et ne songeant plus qu'à adorer le Soleil. Nous derons selon la nostre, fondée sur tant de Lois sainctes et prophanes, nous détacher de toutes passions violentes, et fermer la porte aus désirs de toutes les choses périssables et terrestres, pour nous ouvrir celle du Ciel (i).

(i) A la suite de cette lettre, Des Yveteaux a fait insérer une vingtaine de vers latins que nous avons reproduits à la suite de son épitaphe dans notre I^iiide sur la Vie et VŒiwre de Des Yveteaux.

Nous n'avons pu retrouver que p^u de lettres de Des Yvet«aux; celles que nous donnons ici — minime résultat de toutes nos recherches — sont curieuses à différents points de vue.

Voici d'abord quatre lettres de Des Yveteaux qui ont été imprimées par son frère Guillaume à la suite du long réquisitoire qu'il a dressé contre son frère aîné. qui y a répondu par la longue lettre que l'on vient de lire.

Ces quatre lettres avaient pour but, dans la pensée de Guillaume, de montrer à Des Yveteaux qu'il avait toujours été en très bons termes avec Hercule et qu? c'est sans aucune raison qu'il l'avait lésé, au profit de Nicolas Vauquelin do Sacy, d'un héritage qui lui revenait de droit.

Ces lettres se trouvent à la Bib. Nat. ms. fonds, fr. 1897^^, ff. 58-5/|. Elles sont imprimées à la suite du factum F de Guillaume (i),

fi633]

De Mon.'^ieur des Yvettaux

Mon Neven (q).

Dès que je me suis veu en quelque estât de convales- (■('i)(>(' plustost par la diminution de mes grandes douleurs que par la condition do ma maladie, j'ai pris le temps de

(i) \oir dans notre EUule sur Des Yvcteavx la biblin^raphio flétailHe des faclums, en tête de l'ouvrage.

(2) C'est Hercule, fils de Guillaume.

VOUS advertir de cette heureuse intermission, et vous donner advis de la continuation de mon amitié entière envers vous, par l'estime que je fais de votre vertu, et de l'opinion que j'ai de fl'affection respectueuse que vous me portez, que je vous prie d'accompagner de toute la franchise qui vous sera possible, cela aydera à prolonger mes jours que je ne veux plus employer qu'à servir Dieu, qui m'a fait connoistre en mon plus grand mal des choses incomprehen- «ïibles de sa gloire, et de la fermeté de sa parole, sur qtioy je me sens assez bien fondé par sa divine grâce : pour ne songer plus qu''à cella et à nous reunir, mon frère, vous et moy, pour recevoir tout le contentement convenable à ce dessein, afin qu'en mesnageant ma vie, et estant en estroite intelligence avec vous, tout ce qui est de séparé en mon bien se retrouve joint ensemble, à vostre advantage si peu qu'il y a, tant en mon testament et du legs que j'ai faict pour cela (i), que des autres legs qui regardent tous l'Exécuteur, estant asseuré que vous favoriserez et honorerez ce que vous scavez que j'estime, qui est ce que j'ai mené et ramené pour la dernière fois de la terre de nos ayeuHz, et de qui j'ai receu une assistance indicible en mon mal (2), ce sera à moy après à purifier avec mon Dieu tout clément et tout miséricordieux ce qu'il y a à dire contre sa loy et pour le monde, selon les voeux que j'en ay faicts. Je vous prieray donc sur l'espérance que j'ay du recouvrement de ma santé entière^ que mon frère, vous et noz amis n'abandonnent pas le soing de la terre de Sacy afin que l'acquisition qu'y a faicte mon frère ne fasse qu'il s'approprie par la demeure qu'il y fera, beaucoup de choses qui diminueroient le partage, dans lequel il ne se debvoit point

(i) C'est sang doute sut ce passage que s'appuyait Hercule pour revendiquer la succession de son oncle contre Nicolas de Robours. Des Yvéteaux n'a jamais renié cette lettre, mais il a déclaré qn-'il n'avait jamais fait auruft le^s ni testament en faveur d'Hercule.

(2) Il •'fi|rit évidemment de Jeanne Félix, femme d'Adam du Puy. Elle le soigna, paraît-il, avec un g:rand dévouement. Le voynore auquel fait allusion Des Yveteaux est celui qu'il fit avec elle aux Yvéteaux en i63i 1 la suite duquel naquit Marguerite. — On voit par cette lettre que Des Yvéteaux semblait à cette époque (16."^.^) en bons rapports avec son nevu Hercule. Les relations ont dû commencer m se tendre vers i64r^ pour se rompre définitivement en i6/i4, au moment du mariage de Sacy-Robours avec Marguerit* Du Puy.

2o4 OEUVRES DE DES YVETEAUX

mesler. Mon frère le Président (i) n'a pas eu occasion de remercier Monsieur de Montreuil, mais au contraire, ny personne qui vive de ce qui s'est passé : car nul n'a excité la bonne volonté que j'ay eue pour vous, laquelle je comnençay à vous déclarer en quelques allées de mon jardin sur l'occurence de voz affaires, encore que j'eusse sceu avec contentement de la bouche de la Dame qui y fut employée que vous ne vouliez point absolument que l'on meslast 11 'espérance de mon bien. Si vous m'envoyez de voz nouvellles après estre adverty de la réception de cellecy, que ce soit par Anelot que vous ferez habiller de tanné. Je ne laisseray pas de lui donner un autre habillement icy, si de son bon gré il y veult demeurer. Ma maladie me coustera plus de mille escus, car ce mal est égal à la taille. Vostre serviteur, Des Yveteaux, ce 5 juillet i633. Et sur le ply de la lettre est escrit : A Monsieur, Monsieur des Yveteaux, Lieutenant gênerai au bailliage de Caen. en son absence, à Monsieur le Président.

Mon Neveu,

J'ay esté assés paresseux a respondrè à celle qu'il vous a pieu de m'escrire, encore qu'elle m'ayt esté fort agréable, mais ma paresse me l'a esté encore plus; je n'ai pas laissé de la surmonter, pour vous en remercier de tout mon cœur et pour vous dire que mon frère 'le Président de la Fresnaye vostre père a encore voullu me renouveller les tesmoignages de son amitié qui a esté plus que fraternelle entre nous et de plus avoir tres-agreable de prendre le soing de si peu de bien que j'ay ou que nous avons en

(j) GuiillauTne, lieut<?iiant général flo Capn, président au Siège présidial d« la même ville, père d'Hercule.

LETTRES 2o5

Normandie. Je prie le bon Dieu que tout succède à bien. J'escris à Monsieur de la Vallée que vous verrez et suis entièrement comme de ma iNiepce vostre femme, vosUe serviteur. Des Yveteaux, le i6 juin i642, à Paris.

Mon Neveu,

J'ai receu un très-grand contentement de vostre retour, et de l'avoir appris de vous aussy bien que vostre santé, de laquellle on ne peut avoir assez de soing, et qui pourroit estre altérée en venant icy 011 il n'y a que de l'air et de la liberté, mais nulle commodité, ny nul ornement qui soit digne de ceux qui vous ressemblent : mais je ne seray pas longtemps privé de l'honneur que vous m'aviez voulu faire recevoir, peut estre un jour pllustost^ car je seray .s'il plaist à Dieu, niardy à Paris comme vous dirii ce porteur, en faveur duquel je désire de vous un Office, pour ce qu'il est homme de vertu et de service et que sa poursuitte est très juste comme j'ay appris par les Juges mesmes qui m'y ont promis toute facilité et le Greffier Criminel tout soulagement pour celuy qui est en peine, comme il vous dira : vous suppliant que si votre parlement ne vous permet pas de faire scelller sa lettre, que vous la mettiez s'il vous plaist es mains de quelqu'un de vo? amis, reservant à vostre veiie à vous remercier de tant de courtoisie d'offices et de presens qui m'obligent de plus en plus à estre vostre serviteur. Des Yveteaux. A Brienval, le 2/i octobre 1642^

306 ŒUVT^ES l)K T)KS Y VETE AUX

Mon Neveu,

Mes yeux me permettent bien de vous dire que j'ay bien autant d'espérance de leur entière guerison comme du succès de l'affaire de Monsieur (i) qui est

toujours fort empesché ou invisible et puis la voye des ordonnances est assez confuse ear Iles unes ne valent rien du tout a faute d'une bonne assignation, les autres sont si longues quand elles vont par l'ordre commun que l'attente ne s'accorde pas avec les hommes de mon aage, ce n'est pas peu qu'avec vostre affection, et vostre crédit, il vous a pieu mettre l'affaire en bon chemin : Tl y a assez longtemps que j'attends une lettre de change de Normandie que vous garderez jusques à ce que j'aye satisfaicl à toutes les choses que Mademoisellle du Puys a requises de vous; si vous ne la recevez pas, nous serons bientost à Paris on je vous diray comme je suis vostre serviteur (2).

Des Yveteaux.

La lettre suivante, écrite par Des Yveteaux pendant son préceptorat (1610) à un de ses bienfaiteurs (le Maréchal d'Estrées?) est curieuse par les détails qu'elle nous donne sur le caractère du jeune Roi Louis XIIL Elle a été conservée par M. le Comte de Contades. Bulletin Archéologique de VOrnSi 1899.

(i) Le nom est en blanc.

(2) La publication dfl c<>s quatre lettres, au coûts desquelles Des Yveteaux 8e montre aimable, flatteur et presque obséquieux envers Hercule était très adroite. Guillaume pouvait ainsi l'accuser de haïr brusquement un neveu qii'il avait jadis eetimé et aimé. Il est d'ailleurs vraisemblable que tous les torts ne furent pas du côté de Des Yveteaux et qu'Hercule, «Tec son avidité cupide, «n etit sa bonne part.

Lettres 207

Monsieur,

Je vous puis asseurer qu'il n'y a personne à qui je me sente obligé avec tant de consentement qu'à vous, ayant JQuy de vostre esprit que j'estime plus précieus que toutes les choses du monde et reconnu votre affection par le soin continuel qu'il voue a pieu prendre de moy. Croiez que j'ay bonne volonté d'en conserver la souvenance aussi chèrement et aussi longuement que je doy, et de vous assister fidelllement en tout ce qu'il vous plaira me commander pour votre service, vous aymant et vous honorant véritablement et tout ce qui vous touche. Vous estes au pais des grandes nouvelles. Pour les petites, ce que je vous puis mander de certain de Monseigneur le dauphin est sa santé. Et quant aux présages, je croy que toutes ses actions tendront à la bonté et à la gloire. Mais ce sera peut estre par des moïens mêlez d'une authorité fort absolue et de quelque promptitude violente. Il a un corps parfaitement fort et un esprit également vigoureus, l'appréhension tardive, qui ne quite point du tout les impressions qu'on luy a données et malaisément les choses où il s'applique. Tellement qu'il faut par force attendre ses mouvemens aux actions qui ne sont pas vicieuses. Il est assez porté à la connaissance des lettres et à l'amour de la musique (i), qui pourront retenir et adoucir son naturel et, de plus, il a une telle inclination à la peinture qu'il fait comme un peintre toutes les choses dont il a les simulacres; et, encore qu'il soit sanguin, colérique, pour ce qu'il a le sang un peu grossier, lorsqu'il s'est reposé, il s'attachera au tapis une heure entière de luy même. Dieu nous conserve le roy et !la reine et vous maintienne en santé. Votre tics humb. serv. Des Y. Y.

(i) Pour la musique, ce nVst pas doiiieux; pour les lettres, Nicolas Lo Fèvre, surcegeeiir de Des Yvetenux, a dit exactement le contraire. Des Yveteaux, très épris de belles-lettres, prêtait sans doute ses propres goûts à son royal élève.

La lettre qui suit a été écrite par Des Yveteaux au Cardinal de Richelieu à l'occasion (très probablement) de son ministère de 1624; elle est inédite et se trouve à la Bib. Nat. ms. fr. 25556 ff. 66-67. ^^ réponse du Cardinal, tirée également de ce manuscrit, a été insérée dans : Lettres de Richelieu publiées par Avenel i856. Gr. in-4', T. II, p. i2-i3.

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