‹ Œuvres complètes;Chapitre 49 sur 51 · TRADUCTION DE LA LETTRE PRECEDENTE · texte numérisé non relu

TRADUCTION DE LA LETTRE PRECEDENTE

Votre lettre, eût-elle été écrite sur l'ordre du roi, m'a fait le plus gran<l plaisir. L'entraînement de l'âge et du plaisir vous empêche encore de vous souvenir de moi. Quoiqu'il en soit, tout ce qui me vient de vous m 'est très agréable, non pas en tant que cela vient d'un Prince, mais de quelqu'un que j'ai beaucoup aimé, que j'ai élevé et que je désirerais voir orné de toutes les vertus, et cela, sans aucun souci de mon intérêt personnel ou de

ma fortune. Voilà pourquoi certains faux bruits à votre sujet qui acquièrent quelque créance, et qui sont parvenus jusqu'à moi, ont ému un sincère ressentiment en moi-même. Je n'ai pas pu croire que la jouissance de k fortune, d'une santé cxcellenle et de la meilleure culture intellectuelle puissent suffire à vous rendre heureux sans que vous vous montriez autrement que magnanime, plaçant toute votre espérance en Dieu, honorant le Roi et la" Reine, fidèle à vos promesses, ne gardant en vous rien de sauvage, vous attirant les esprits par la douceur de votre conversation. Je ne dis pas cela, César, parce que je \ou.< ciois dépourvu de ces qualités * bien au contraire, j'ai très souvent remarqué votre grandeur d'à me et votre aménité envers ceux qui vous importunaient ou vous accablaient impudemment de leurs demandes. Mais ce qui tient à Aotre âge et à votre légèreté, on l'a attribué à votre nature et tout le monde s'étonne que, si cultivé et si au courant des usages de la Cour, vous n'aviez pas surpassé les autres princes dans l'art de gagner la sympathie. Je ne \ous envoie rien à faire, car je vous écris au moment de partir. J'emporte l'histoire de France; ayez soin d'acheter un Mariana en espagnol et en latin. Votre très-dévoué et très^obéissant serviteur,

Des Yveteaux (i).

L(^ catalogue des ms. de la Bib. Nat. indique qu'il existe une lettre de Des Yveteaux au Ms. fr. 11908 ; le ms. fr. nouv. acq. 0756 qui contient l'inventaire du ms- II 908 place cette lettre au f° 2o5 ; or, ce feuillet manque et je n'ai pu le retrouver. Il a sans doute été volé.

(i) On ne saurait, avec plus do douceur et de prudence, mieux gronder un élt've de sang royal.

Pièces fil Irihiires.

Blanchemain a publié dans son édition de Des Yveteaux (p. ào-Mi) une poésie, fort gracieuse, mais qui n'est pas de notre auteur. En effet, elle parut pour la première fois dans une petite plaquette de huit pages qui nous indique, sans aucun doute^ le véritable nom de l'auteur : L'Adieu d'Amynte et de Clorice. Par François Chouayne, sieur de Chambellay, Conseiller du Boy, président au b-ailliage zl siège présidial de Chartres. Jouxte la copie imprimée à Chartres par Claude Cottereau, Imprimeur du Roy, et de ladite ville. MDCX (iOto). Tn-8^ 8 pages chiffrées (Bih. .\ai. Ye 18618).

Cf. : F (t I, pp. 387-890), n. s. — Il (pp. /,i3-^i6). n. s. — L2 (pp. 189-195) [dans ce recueil, la pièce de François Chouaye porte au titre, par erreur : Stanses. Par le SieAir Des Yveteaux}. L,i. — Les douze premiers vers en ont paru, sous le nom de Des Yveteaux dans : Olivier, Cent poètes lyriques (p. 81).

Les Stances pour Monsieur de Montpensier, à Madame, devant son nuirinçie, signées : De Malerbe, dans le Cab. des Mu.ses 1(1 M) (p. 106-T07) et qui sont effectivement de Malherbe (voir H'Kditidti t\r< Œuvres de Midherhe, par L. La-

APPE\DICE

lanne, T. I, p. 20-22) ont été attribuées faussement à Des Yveteaux par le Recueil Conrart (Rih. de l'Ars. nis, ^126. Tome XXI, fol. 262-263).

M. F. Lachèvre, dans sa remarquable Bibliographie dp.s Ftecueils Collectifs (^ vol.), a attribué par erreur à Des Yveteaux des Stances à Madame la Princesse de Conty. Danst le Parnasse de 1607, elles sont signées : D'Agoneau (le véritable auteur) mais portent par erreur, au-dessous du titre, de Monsieur des Yveteaux. Le Parnasse de 161 8 supprime cette erreur en ôtant le sous-titre et ne laissant que la signature. L'exemplaire du Parnasse de 1607 qui est à la Bibliothèque de l'Arsenal (BL. 72^0) porte un papillon collé sur le nom de Des Yveteaux. sans doute par Despinelle, collecteur de ce recueil de poésies, qui s'est aperçu de l'erreuT, après le tirage, probablement. Cette pièce ne figure pas au Cab. des Muses de 1619. Bien que réimprimée par M. Lachèvre (Bibl. des Bec. Coll. T. I, p. 395-397) sous Ile nom de Des Yveteaux, elle est bien de d'Agoneau.

Pièces adressées à Des Yveteaux.

Voici une épître que le bon Vauquelin de la Fresnaye adressa à son fils aîné; il lui donne, pour son éducation morale et littéraire, d'excellents conseils que Ile jeune liberlin ne suivit pas tous.

Cette pièce de vers est insérée dans le recueil de poésies que Vauquelin de la Fresnaye publia en i6o5 à Caen (chez Macé); elle a été réimprimée dans la belle édition de J. Travers ('1869') (^t Blanclirmaiu Ta également donnée en Appendice j'i s(ui Edition des Œuvres de Des Yveteaux (p. i33-i37). Vauquelin adressa des Satyres de ce genre à chacun de ses fils.

2l8 ŒUVRES DE DES YVETEAUX

Nicolas Vauquelin Lors âgé de i4 à i5 ans^

Satyre

par ]e Sieur de la Fresnaie Vauquelin

son perc.

Tu portes, mon clier fils, le nom lassez fameux De ton grand bisayeul, (i) e'est pourquoy, si tu veux Ensuyvre ses vertus, tu as un exemplaire, Sans le chercher plus loin, pour t 'apprendre à bien faire.

5 Si nous sommes soigneux des tableaux, des pourtraicts Que les peintres nous ont de nos grands pères faicts A plus forte raison le devons nous pas estre De leurs belles vertus^ que l'on deust voir renaistre, P(Mntes au vif tableau de nos comportemens ?

10 Davantage tu as cent mille ensejgnemens Qu'appris tu as de moi, soit ou de Phocilide, D'Isocrate, Hésiode ou Theognis, qui de guide Tousjours te serviront, si tu remarques bien Que le sçavoir qui n'est pratiqué ne vaut rien.

i5 Tu es jeune, estudie en ta belle jeunesse, Et tandis que tu l'as, employé en allégresse Le temps et la saison ; car, mon fils, des meshuy, Pour le tien tu n'auras jamais le temps d'autruy. Ce n'est pais qu'il te faille alambiquer ton ame,

20 Pour, brillant nuict et jour, la distiller en flamme. Car il est plus de temps que d'oeuvre; toutefois Une saison se change en l'autre tous les mois; Et, des l'âge premier, on prend une habitude D'aymer ou de haïr les Muses et l'estude,

20 De nature tu n'es robuste ni puissant,

Pour des armes porter le faix rude et pesant; Ains tu as un esprit qui, tenant de Mercure Et du chantre Apollon, des lettres aura cure. Peut -estre ton puisné, plus fort et vigoureux,

3o Suivra de nos aveux ce mestier rigoureux, (a) L'estude ne t'est plus une dure contrainte C(^ t'est une coutume, aimsy que t'est la crainte

Cl) TyP graiifl-père de Vauquelin de la Fresnaye s'appelait en effet Nicolas, (V. la g^énéalogie des Vauquelin dans notre Etude sur Des Yvetemix) .

(?) Cette prédiction ne s'eet pas réalisée. Guillaume, second fils dt Vauquelin de la Fresnaye, a pas.sé toute sa vie dans la magistrature.

De Dieu, vers qui, tous jours tu dois avoir recours : Car vain sera d'ailleurs en tout temps le secours.

35 Mais par sus tout, mon fils, je te prie, estudie D'apprendre la sagesse et de former ta vie A l'exemple des bons, et n'appren le sçavoir Pour richesse ou profit quelque jour en avoir. Tu seras assez riche ayant en ta jeunesse

4o Appris par les vertus a gagner la sagesse,

A n'estre point meschant, à n'avoir dans le cœur Un bourreau qui, cruel, te traite à la rigueur : Car fousjours la Nature à mal faire est forcée, Et qui fault connoit bien la faulte en sa pensée.

45 Si tost que le malin a commis un forfaict. Il se fasche aussitost au cœur de l'avoir faict. La première vengeance et la plus admirable, C'est que de son péché n'est jamais le coulpable Absous dedans son ame : estant juge de soy,

5c> Tousjours il se condamne en misérable esmoy, Bien qu'il ait obtenu, par faveur amiable, Une absolution d'un parlement ployable.

Fautif, ne te pren pas, mon fils, à l'Eternel, Comme s'il t'avoit fait pour estre criminel.

55 Bref, il te faut garder de sottf véhémence, Accuser du haut Dieu la haute providence; (Car rien n'est faict ■sans cause) ains prendre en bone part Et les biens et les maux, ainsy qu'il les départ : Vouloir tout ce qu'il veut : aussy jamais ne dire

60 Que le mauvais est riche ayant ce qu'il désire, Et que le vertueux est povre et souffreteux; Le sage n'<^st jamais de rien nécessiteux. En quoy p<mserois-tu que le pervers abonde Plus que celuy qui bon sur la vertu se fonde ?

65 En meubles, en argent, en grand's possessions? Aussy penses-tu point à mille passions, Dont jour et nuict son ame en songes agitée En transe dorveillante (i) est tousjours tempestee ? Il n'en faut faire estât, mais plus tost regarder

70 S'il sçait, avec ses biens, mieux que toy commander A ses affections, et s'il a plus de honte Et plus de foy que toy; s'il faict autant de conte De rhonn<'ur que tu fais; alors tu trouveras Que, beaucoup plus qu'il n'est, abondant tu seras, 75 Possédant la vertu. Cil plus riche demeure

Qui des riehesses a la plus belle et meilleure.

(i) Blanchom.tin rapproche cette expression pittoresque, de l'invention de Vniiqiielin, do ceiUe de Casimir Delavipiio dans sa Messénienne à Napoléon : Tourmenté (Tnn snmmril sans /c/io.s. Ce^i exactement la même pensée.

Ne sois donc poinl oiseux, et fVrme te resous A suivre, en long habit, la vertu comme nous. Tu en auras plus d'heur qu'a suivre la manière

8;» Du g-entil-homme ayant une gentil-hommiere, Une grand' salle antique, où pend <'S soliveaux Une corn<? de cerf pour pendre les chapeaux Et les trompes de chasse; où l'on voit un mesnage I>e gents, de chiens, d'oyseaux, ainsy qu'au premier ag'^

^5 (Nous en avons de mesme; en no? lieux tu pourras Piendre un pareil plaisir alors que tu voudras). Puis un valet de chiens, un maquignon, en somme, Au monde faict autant que faiot un gentil-homme, Qui ne faict que chasser et picquer ses chevaux.

90 Or, jeune, embrasse donc, par courageux travaux, L'estude et la science; après, avecque joye, Tu jouiras content d'une si belle proye. Aux honneiu's parv<'nu, craignant Dieu, puisses-tu, T.e reste de tes ans, t'efijouir en vertu.

95 Comme Mimnerme a dit : « Si notre vi<' humaine De lalK'urs, de tourmens, d'ennuys est toute pleine, Sans le plaisir des arts et d'un loyal amour, » Je souhaite qu'alors il ne se passe un jour Qu'en jeux et qu'en plaisirs, qu'en vei-s, entre les Muses,

roo La pluspart de tes ans joyeusement tu n'uses; Ayant un naturel tellement adoucy, Que, soucieux estant, tu semblés sans soucy Et gracieux, faisant, d'une adressa» prudente, Qu'en public et privi' de toy l'on se contente.

Voici, pour terminer, une satire qui doit avoir sa place dans cotte édition, mal^rré sa grossièreté. Elle a été imprimée en i6/j5 (Bih. \at. Fm [\° 3/|.353) avec les autres factnms du procès que Des Yveteaux soutint contre son neveu Hercule. Les autres factums sont calomnieux, celui-ci est infâme. L'auteur ne s'est pas révélé. Blanchemain qui a donné cette pièce de vers dans son Edition des Œuvres de Des Yveteaiix (p. t38-t5o) a cru pouvoir attribuer cette sottise à Hercule. Voici son explication. Une lettre de Jacques du Piiy (t) contient ce passage : « Le bonhomme

Cl) Cf. Tnllfmnnt des Ré.nix. Œuvres: Fdit. Te^^heripr i85/j. T-I p. 356'.

Des Yveteaux a esté servy de factums injurieux, par son neveu, sur le subjecl d'un prcx-es... dépendant la SuJtnnc, son mary et plusieurs valets demeurent tousjours à la Conciergerie. » Hercule étant évidemment l'auteur des autres factums, celui-ci. dans lequel (au vers i/j) le même nom de Sultane est donné à la Du Pu\ peut tout naturellement lui être attribué. Du moins, s'il n'a pas matérielllement composé les vers, il en a donné les éléments, dirigé la composition et il est bien responsable de ce factum; lui seul, en effet, pouvait fournir autant de renseignements sur la vie privée de son oncle.

lîASÏONS HOAIFUS ^\ \^ LK VllvlL IHi L\ MO.M'AtJNE (i)

C'est bleu il toi. \ieille carcasse, Rcst<; du temps de Pharamond, De faire tant du Rodomoiit, Toi dont l'esprit est tout de glace.

Ton bras etique et languissant, Comme le reste est impuissant; Tu ferois bien mieux de te taire.

Ton visage^ peint et plissé, N'est désormais propre qu'à faire Une enseigne du temps passé.

Tu ne parles que coq-à-l'asne, Et l'on dit que tu t'es vanté D'armer contre lu rhrestienté, Min (le r'a\(.ii' ta Snltaii.-. i •^) Ton médecin a [aterc, De toy tant de foys désiré, Non pour le salut de ton ame, Pourroit bien un jour t'alarmer, Et du devrois craindre la flame Du feu qui va la consumer.

(i) Le Vieux die la. MfSnt^agne a fondé au ix« siècle une secte de fanati([ues dont il obtenait fidélité et dévouement grâce à l'administration de f«jrtes doses de haschich. De là vient le nom de ces fanatiques : haschachini, d'oii l'on a fait d'ailleurs par déformation assassins. En i6/|5, Des Yveteaux avait 7(8 ans, 'ce qui explique qu'Hercule lui attribue oe nom de VieuTc-de-la-Montagne.

(2) La Du Piiy était alors en prison, à la suite de l'assassinat d« Léri-

Si, par ton conseil trop iniqui:, Elle a donné scandale à tous, Pouiquoy d'un supplice plus doux Puniroit-on ccste impudique ?

25 Et pourrois-tu bien ompcscher

Qu'on ne la vist sur le bûcher ?

Ou que l'on ne te mist avec elle, Toy dont l'énorme impiété Mérite une flamme éternelle,

3o Raillant de la Divinité ?

La Bible le semble une farce; Par tes discours et tes escrots, De Dieu tu fais toujours mespris, Et n'en connois point que ta garce.

35 Ton jardin, à ce que tu dis,

Est ton unique Paradis; C'est là que tu fais l'idolastre D'un Mercure, d'une Venus, Et d'autres marmousets de piastre

do Que l'Eglise n'a point conneus. (i)

Souvien toy de tes colerios, Que du peuple tu fus maudit.

Et lorsque tu fus interdit Pour tes sales coyonneries; (2)

45 Si tost que tu fus accusé,

Tu fuis, en pédant desguisé.

Hors le ressort de ta province;

Et venant icy te sauver.

Sans la faveur d'une jeune Prince, (3)

5o Ton procez s'alloit achever.

Je veux enrichir ton histoire D'un vieil registre du passé Que le temps n'a point effacé D'une si fîdelle mémoire.

nière djine la maison de Des Yvetcanx. (Voir dans notre Elndr, sur Des YveU'ftiOX l'historique du procès.)

(i) Des Yveteaux avait en effet dans son jardin des statues de dieux païens. Ce n'était pourtant pas un si grand crime!

(2) Le Parlement de Rouen l'avait suspendu en iBgg. (Voir dan» notre Ëtiide sur Des Yveteaux la cause de cette suspension et h l'Appendice la Copie de l'édit du Parlement.)

(3) Blanhemain a supposé qu'il s'agissait du maréchal d'Estrées. Or, ce (( jeune prince » aurait eu 77 an* en j6'\5\ C'est de Turenne qu'il s'agit; il avait alor? 34 ans. D'ailleurs, Tallemant des Réaux note son intèfvention comme décisive dans le procès de Des Yveteaux.

55 Pour une vilaine action

Tu receus niakdiction De ton Perc sçavant et sag<;; Ne fust-ce pas un grand forfaict De luy dérober son ouvrage

60 Et te vanter de l'avoir fait ? (i)

Ton esprit faict au badinage^ Tes sales intrigues d'amour, Te firent passer à la Cour Pour un faiseur de rimes à gage.

65 N'eslois-tu pas poète et valet,

Faisant et portant le pouk4 ? (2) Tes vers ont faict ta renommée, Puisqu'en fin leur sens le plus beau Et leur graoe plus estimée

70 T'erigerent en maquereau.

Tu t'accosl^-is d'une Harpie, Le pis aller de son vieil temps, Qui te put en «es derniers ans (3) Charmer avecque sa roupie.

75 Gest original d'Ai"ctin

Qui fut jalouse d'un festin

Que tu 'faisois à Dulcinée

S'en vint chez toi comme un Prévost, (h)

Et comme peste de Phinee,

80 Piller et gastcr tout le rost.

Il courut un bruit par la ville Que pour cviter son jaloux Tu fus avecque les matou® Prendre le grenier pour aille; 85 Mais ce mary t'alla ccrcher

Avecq les armes du cocher

(i) En marge, cette note : << Une élégie en vers françois que son père avait ■composée, qu'il s'attribue. » M. Piohon a supposé que c'était l'élégie adressée à Des Portes, .l'ai essayé plus iiaut (voir cette pièce, p. 33) de justifier ï>es Vveteaux de cette calomnie. La poésie est bien de lui, «t non de Vauquelin de la Fresnaye.

(2) Allusion aux vers galants que Des Yveteaux (comme Bertaut, Malherbe et les autres) composa pour Henri IV.

(3) C'est en 1628 que I>es Yveteaux rencontra la Du Fuy. H avait 61 ans et ne la quitta plus jusqu'à sa mort, en 1649.

(/;) Allusion à la bàtonnade infligée par M. de Saint- Germain-Prévost à Des Yveteaux qui était en trop intimes relations avec sa femme. (Voir notre Elude sur Des Yveteaux. )

'A-llx ŒUVRES DE UE^ Y VETE AUX

En ce lieu pour te faire feste, Et l'on tient pour tout asseuré Qu'un coup de hache sur la teste «jo Depuis ce temps t'est demeuré.

Ce sont là tes bonnes fortunes, Et tu ne te sçaurais vanter D'avoii' peu de Dame enchan'ter Si ce n'estoit des plus communes.

90 Mais ta belle Iris (i) poiirra bien

Se vanter en harpanl c^j ton bien De t 'avoir enchanté toy-mesme; Au Sabbat elle a grande part, Et tu l'y suivras, si tu l'aime,

100 Chez la Boulay et la Guichard. (3)

Tu mérites que l'on te berne D'aimer ceste rosise qui fut Le reste ou plutost le rebut De quelque valet de taverne.

106 Ce gibier à demy-teston

Du laquais et du marmiton Faict maintenant toute ta joye, Et par un estrange destin, Toy-m<'sme est devenu la proyc

iio D'une ■^iirciiln' de lutin.

Son mary que tu tiens à gage, Ce petit marmouset cornu Qui n'a point d'autre revenu Que celuy d(^ son cocnage, (/|).

ii5 Est l'ayde de ton cuisinier,

Camarade du palfrenier, Enfin il est de la famille, Il n<' faict désormais qu'un pot Pour- loy, pour sa femme, et ta fille

l'.io Pour son fils et sa Phelipot (5).

(i) Elle est ainsi nommée' dans le deuxième volume des Œuvres de Saint- Amant (note marginale).

(2) La Du Puy, de son métier, jouait de la harpe « dans les cabarets ». Le jeu de mots était facile.

(3) Sorcières réputéee dans Paris qu'elle fréqu'ente (note marginale).

(/i) Il semble que ce reproche soit justifié. Adam Du Puy a joué dans tonte cette affaire un rôle peu brillant. (V. notre Etude sur Des Yvefmux.) (.'i)Cf)ncubine du mary (note marginale). Cette concubine d'Adam Du Puy était cuisinière chez Des Yveteaux. Elle fut mêlée au procès.

O la plaisante œconomie 1 Que ce logis est bien réglé!

Certes il doit estre appelé Le bordel de; l'Académie.

125 Dedans ce cabai-et d'honneur,

Le frero est page de la sœur, (i) Le mary valet de sa femme, Et s'il couche avec le cocher Elle qui tranche de la Dame,

i3o Avecq Monsieur s'en va coucher.

'Mais que ceste fa lot te histoire Paroit un monde renversé, Et que l'on eist embarrassé Si le domestique on veut croire !

i35 Pour moy, je suys bien asseuré

Qu'un de leurs valets m'a juré Qu'il fust un matin les surprendre Entassez dans un mesme lit, Meixî, fille, oncle, neveu, gendre

i4o Qui faisoient... et cela suffit.

Cette famille est abondante En cornes qu'ils se font porter; Car le neveu se peut vanter Des choses dont l'oncle se vante.

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