SCÈNE VII. — ALCESTE, CÉLIMÈNE, ÉLIANTE, ACASTE, PHÏLINTE
CLITANDRE, UN GARDE de la maréchaussée. ,;., ^- j^>[^^ ,
ALCESTE, allant au-devant du garde.
Qu'est-ce donc qu'il vous plaît?
Venez, monsieur.
LE GARDE
Monsieur, j'ai deux mots à vous dire.
ALCESTE
Vous pouvez parler haut, monsieur, pour m'en instruire.
LE GARDE
Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement. Vous mandent de venir les trouver promptement, Monsieur.
ALCESTE
Qui? moi, monsieur?
LE GARDE
Vous-même.
ALCESTE
Et pourquoi faire?
pniLiNTE, à Alceste.
C'est d'Oronte et de vous la ridicule affaire.
CÉLIMÈNE, à Philinte.
Comment?
PllîLINTE.
Oronte et lui se sont tantôt bravés Sur certains petits vers, qu il n'a pas approuvés;
• Les gens du peuple et de la campagne disaient, par corruption : du dot, sur : de l'or.
ALCESTE
Et Ton veut assoupir la chose en sa naissance*. /-t«t,
ALCESTE
Moi, je n'aurai jamais de làclie complaisance. W-M-. COs^AJL •
PFni.INTE. • / '^
PHILINTE. •
Mais il faut suivre Tordre : allons, disposez-vous.
ALCESTE
Quel accommodement veut-on faire entre nous ? La voix de ces messieurs me condamnera-t-elle A trouver bons les vers qui font notre querelle^ Je ne me dédis point de ce que j'en ai dit, Je les trouve méchants.
PHILINTE
Mais d'un plus doux esprit...
^^-WUr ALCESTE.
Je n'en démordrai point, les vers sont exécrables.
-- PHILINTE
Vous devez faire voir des sentiments traitables. Allons, venez.
ALCESTE
J'irai, mais rien n'aura pouvoir De me faire dédire.
PHILINTE
Allons vous faire voir.
ALCESTE
Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne, y.V^A^vv-Du De trouver bons les vers dont on se met en peine. Je soutiendrai toujours, morbleu! qu ils sont mauvais, Et qu'un homme est pendable après les avoir faits. A Clilandre et à Acasie, qui rient.
Par le sangbleu ! messieurs, je ne croyois pas être Si plaisant que je suis.
CÉLIMÈNE
Allez vite paroître Où vous devez.
ALCESTE. l ^
J'y vais, madame, et sur mes pas yr* jf
* Autrefois les maréchaux de France formaient un tribunal auquel était réservée la connaissance des affaires d'iionneur entre gentilsiiommes ou offîcieri.
Je reviens en ce lieu pour vider nos débats, l vn^"-