SCÈNE m. — LYCARSIS, MOPSE, NICANDRE
NICANDRE, à Lycarsis.
Dis-nous donc ta nouvelle.
LYCARSIS.
Ah ! que vous me pressez !
Cela ne se dit pas comme vous le pensez.
MOPSE
Que de sottes façons et que de badinage ! Ménalque, pour chanter n'en fait pas davantage.
LYCARSIS. ^
Parmi les curieux des affaires d'État,
Une nouvelle à dire est d'un puissant éclat.
Je me veux mettre un peu sur l'homme d'importance*
Et jouir quelque temps de votre impatience.
♦ On dirait aujourd'hui : trancher de l'homme d'importance.
j)30 HIELICERTE.
NIC ANDRE
Veux-tu .paries délais mous fatiguer tous deux?
MOPSE
Prends-tu quelque plaisir à te rendre fâcheux?
NICANDRE
De grâce, '.parle, et mets ces raines en arrière.
LYCARSIS.
Priez-moi donc tous deux de la bonne manière Et me dites chacun quel don vous me ferez Pour obtenir de moi ce que vous désirez.
MOPSE
La peste soit du fat! Lai&sons-le là, Nicandre; Il brûle de parler, bien plus que nous d'entendre. Sa nouvelle lui pèse, il veut s'en décharger; Et ne l'écouter pas est le faire enrager.
IlYCARSIS.
Eh!
NICANDRE
Te voilà puni de tes façons de faire.
LYCARSIS.
Je m'en vais vous le dire, écoutez.
MOPSE
Point d'afftiire.
LYCARSIS,
Quoi! vous ne voulez pas m' entendre?
NICANDRE
Non.
LYCARSIS.
Eh bien^ Je ne dirai donc mot, et vous ne saurez rien.
MOPSE
Soit.
LYCAfiSIS.
Vous ne saurez pas qu'avec magnificence Le roi vient honorer Tempe de sa présence ; Qu'il entra dans Larisse hier sur le haut du jour, Qu'à Taise je Ty aïs avec toute sa cour; Que ces bois vont jouir aujourd'hui de sa vue, Et qu'on raisonne fort touchant cette venue.
NICANDRE
Nous n'avons pas envie aussi de rien savoir.
LYCARSIS.
Je vis cent choses là, ravissantes à voir :
Ce ne sont que seigneurs, qui, des .pieds à .la tête