‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 278 sur 489 · SCÈNE VI. — ORGON, CLÉANTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — ORGON, CLÉANTE

CLÉANTE

A votre nez, mon frère, elle se rit de vous :

Et, sans avoir dessein de vous mettre en courroux,

Je vous dirai tout franc que c'est avec justice.

A-l-on jamais parlé dun semblable caprice?

Et se peut-il qu'un homme ait un charme aujourd'hui

A vous faire oublier toutes choses pour lui?

Qu'après avoir chez vous réparé sa misère,

Vous en veniez au point...

or.GON.

Halte-là, mon beau-frère, Vous ne connoissez pas celui dont vous parlez.

CLÉANTE

Je ne le connois pas, puisque vous le voulez; Mais enfin, pour savoir quel homme ce peut être...

Mon frère, vous seriez charmé de le connoître;

Et vos ravissements ne prendroient point de fin

C'est un homme... qui... ah!... un homme... un homme enfin.

Oui suit bien ses leçons goûte une paix profonde,

Et comme du fumier regarde tout le monde.

Oui, je deviens tout autre avec son entretien;

D m'enseigne à n'avoir affection pour rien ;

De toutes amitiés il détache mon âme ;

Et je verrois mourir frère, enfants, mère, et femme.

Que je m'en soucierois autant que de cela.

CLÉANTE

Les sentiments humains, mon frère, que voilà!

ORGON

Ah ! si vous aviez vu comme j'en fis rencontre, Vous auriez pris pour lui l'amitié que je montre. Qiaque jour à l'église il venoit. d'un air doux

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