‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 347 sur 489 · ACTE II, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL

Et dont à s*assurer trembloit mon feu jaloïKc.

ALCMÙNB.

D'où VOUS vient, à ce mot, une rougeur si grande? Ai -je fait quelque mal de coucher avec vous?

AMPHITRYON

Non, ce n'étoit pas moi, pour ma douleur sensible; Et qui dit qu'hier ici mes pas se sont portés

Dit, de toutes les faussetés,

La fausseté la plus horrible !

ALCMÈNE

Amphitryon!

AMPHITRYON

Perfide !

ALCMl'lNE.

Ah! quel emportement f

AMPHITRYON

Non, non, plus de douceur et plus de déférence : Ce revers vient à bout de toute ma constance. Et mon cœur ne respire, en ce tatal moment, Et que fureur et que vengeance !

ALCMÈNE

De qui donc vous venger? et quel manque de' foi Vous fait ici me traiter de coupable?

AMPHITRYON

Je ne sais pas, mais ce n'étoit pas moi : Et c'est un désespoir qui de tout rend capable.

ALCMÈNE

Allez, indigne époux, le fait parle de soi.

Et l'imposture est effroyable.

C'est trop me pousser là-dessus.

Et d'infidélité me ^oir trop condamnée.

Si vous cherchez, dans ces transports confus, Un prétexte à briser les nœuds d'un hyménée

Qui me tient à vous enchaînée.

Tous ces détours sont superflus ;

Et me voilà, déterminée A souffrir qu'en ce jour nos liens scient rompus»

AMPHITRYON

Après l'indigne affront que l'on me fait connoitre, C'est bien à quoi, sans doute, il faut vous préparer: C'est le moins qu'on doit voir ; et les choses peut-être

Pourront n'en pas là demeurer.

Le déshonneur est sûr, mon malheur m'est visible, ^

Et mon amour en vain voudroit me l'obscurcir;

388 AMPHITRYON

Mais le détail encor ne m'en est pas sensible, Et mon juste courroux prétend s'en éclaircir. Votre frère déjà peut hautement répondre Que, jusqu'à ce matin, je ne Tai point quitté: Je m'en vais le chercher, afin de vous confondre Sur ce retour qui m'est faussement imputé. Après, nous percerons jusqu'au fond d'un mystère

Jusques à présent inouï; Et, dans les mouvements d'une juste colère.

Malheur à qui m'aura trahi !

SOSIE

Monsieur...

AMPHITRYON

Ne m'accompagne pas, Et demeure ici pour m'attendre.

CLÉANTHIS, à Alcmène.

Faut-il?...

ALCMÈNE

Je ne puis rien entendre :

Laisse-moi seule, et ne suis point mes pas *.

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