‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 13 sur 329 · CHANT ROYAL DE LA CONCEPTION · texte numérisé non relu

CHANT ROYAL DE LA CONCEPTION

iJedan3 Syon, au pays de Judée Fut un débat honneste suscite', Sur la beauté des dames collaudee Diversement par ceulx de la cité , Et sans faveur de maison , ne de rsTce Fut dict que celle ayant le plus de grâce, Seroit plus belle. Or sommes hors de peine, (Dit lors quelqu'un) car Marie en est pleine, ' Pleine en sa forme, et pleine en ses espritz. Que ces procès doncques plus on ne meine : Seule mérite entre toutes le prix.

Geste sentence à son honneur vuydee , Maintes en meit en grand' perplexité,

' Dans la salutation angëlique , açe Maria gratiâ plena , etc. L'ange Gabriel était fort galant, il savait bien que la flatterie chatouille le cœur (les femmes.

Qui pour envie, et gloire oullrecuyclee Nouveau débat contre elle ont excité.

A leurs honneurs veulent qu'on satisface : Si ont requis , que chanter on la face , Disant qu'elle a l'organe mal seraine, Parquoy n'estoit en vertu souveraine.

Bref, de la voix toutes ont entrepris La surpasser, d'autant que la Seraine ' Seule mérite entre toutes le prix.

Lors chascune a sa chanson recordee

D'un estomach^par froid débilité :

Mais ceste vierge en voix mieulx accordée

Qu'orgues , ne lucz chanta ce beau dicté :

Brunette suis, mais belle en cueur, et face,

Et si en tout toutes autres j'efface,

Ce bien m'a faict la puissance haultaine

Du dieu d'aymer, qui de sa cour loingtaine

M'est venu veoir, d'ardante amour espris.

Doncques non moy, mais sa bonté certaine

Seule mérite entre toutes le prix.

La voix qui est de ce corps procedee , Perça d'enfer Torde concavité :

Des neuf cieulx a la haulteur excédée Par son hault ton , plein de suavité,

^ La vierge Marie est comparée ici à la Syrène; plus bas Pluton et Orphée figurent à côté du Verbe. Tous ces noius-là sont bien étonnés de se trouver ensemble.

Qui fut ouy au monde en toute place : Mort endormit , dormans plus froidz que glace A resveillez : povre nature humaine Gisant au lict se levé, et se pourmaine Du grand soûlas , qu'en ceste voix a pris : Certainement qui tel bien luy ameine, Seule mérite entre toutes le prix.

Lors Tassistence en raison bien fondée Sur champ conclud (et conclud vérité) Qu'impossible est telle voix redondee Estre d'organe ayant impurité :

Mesmes Envie a la fin s'accorde à ce , Et refraingnit à ce chant son audace, Mieulx que Pluton sa fureur inhumaine Au chant d'Orphée en l'infernal dommaine. Dont estomachz de froidure surpris , Quanti chanterez , chantez , Marie saine, Seule mérite entre toutes le prix.

Le divin verbe est la voix , et alaine ,

Qui procéda d'organe non vilaine,

C'est de Marie, ou tous biens sont compris :

Dont de rechef ce refrain je rameine,

Seule mérite entre toutes le prix.

d'amour fugitif , INVENTION DE MAROT. *

jLe propre jour que Venus aux yeulx verts Parmy le monde alloit chanter ces vers, "" Désir de veoir, et d'ouyr nouveauté Me feit courir après sa grand' beauté '

Jusque à Paris. Quand fut en plein carroy, Sus un hault lieu se meit en bel arroy, Monstrant en face avoir cueur assez triste, Ce neantmoins en habitz cointe, et miste.

Lors d'une voix plus doulce , et resonnante , Que d'Orpheus la harpe bien sonnante, Chanta les vers que dessus déclarons , Plus hault, et clair, que trompes, et clairons : Dont maintes gens eust alors entour elle. L'un y couroit, l'autre en une tournelle Mettoit le nez : tous peuples espanduz

^ Cl. Marot n'aimait pas les moines; il saisissait toujours l'occasion de les de'noncer à la satire , et de de'chirer le voile dont ils couvraient leurs turpitudes. Cette pièce, qu'il fit exprès contre eux, multiplia sans doute le nombre de ses ennemis. Les moines ne lui pardonnèrent jamais ; la haine d'un particulier est faible et s'e'teint bientôt, mais la haine d'une compagnie se re'pand dans tous les lieux et dure dans tous les tems.

* Voyez dans le volume des ïraducfions , l'Amour fugitif de Lucien , auquel ce chant sert de suite.

Droict là se sont à la foulle renduz Pour veoir Venus , et ouyr son parler.

Son cry finy, se feit mener par Pair Dedans la chaire avec ses grâces belles Soubz le conduit de douze colombelles : Ce qui donna grand' admiration Aux regardans de mainte nation.

Or quand Yenus eurent perdu de veue,

De là se part ceste assemblée esmeue

A grans trouppeaulx. L'un s'en va devisant

De son cher fdz, qu'elle a perdu, disant,

Pleust or à dieu, qu'en mer, ou terre sceusse

Luy enseigner, afin que je receusse

Un doulx baiser de sa bouche riant.

Ha Cupido (disoit l'aultre en criant).

Si te tenois lié de cordons maintz ,

Croy,' qu'à grand peine istrois hors de mes mains

Que de ta mère en beauté l'oultrepasse

N'eusse le don, qui le baiser surpasse.

Mais quant à moy, n'en eu aucun désir, Car qu'ay je affaire aller chercher plaisir, Qui soit comprins en Venus la déesse , Veu qu'en Pallas gist toute ma liesse ? *

* C'est Marguerite qu'il désigne par ce nom ^ il dit encore dans son Enfer,

Bien me congneut et bien me guetdonna , Lorsqu'à sa sœur Pallas il me donna , Je dy Pallas , la si sage et si belle.

Ainsi me teu , en contemplant la geste Des gens raviz cFmi tel regard céleste : Entre lesquelz vey à part une tourbe D'hommes piteux , ayans la teste courbe, ' L'oeil vers la terre à grand' cerimonie. Pleins (à les veoir) de dueil, et agonie, Disans à eulx mondanitez adverses, Et en habitz monstrans sectes diverses. L'un en corbeau ^ se vest pour triste signe : / L'autre s'habille a la façon d'un cygne : ^ L'autre s'acoustre ainsi qu'un ramonneur : ^ L'autre tout gris : ^ l'aultre grand sermonneur Porte sur soy les couleurs d'une pie. ^ O bonnes gens pour bien servir d'espie ! ^

Que diray plus? Bien loger sans danger, Dormir sans paour, sans coust boire et manger

' Chapelle dit , en parlant de ces hypocrites ,

Torcols à grimaçanUe mine.

^ Les Augustins, noirs au-dehors et peut-être même au-dedans. On voit que l'abbé L. Dufresnoy, dont nous suivrons les notes jusqu'à la fin de cette pièce , n'e'tait pas ami de cette moinaille.

* Les carmes blancs seulement au-dehors.

* Les capucins. Il n'y avait pas long-tems que cette réforme avait été introduite 5 ainsi elle n'était pas sans doute dégénérée.

5 Les cordeliers ou frères mineurs. C'étaient les meilleurs gens du monde, surtout lorsqu'il était question de se bien réjouir.

^ Dominicains, frères prêcheurs ou jacobins, vêtus de blanc et de noir.

7 Ils servaient souvent d'espions, et on se méfiait d'eux dans les places de guerre et dans les armées.

Il 4

5o CHANTS DIVERS.

Ne faire rien , aucun meslier n'apprendre ,

Rien ne donner, et le bien d'autruy prendre,

Gras, et puissant, bien nourry, bien vestu,

C'est (selon eulx) po^Tete', et vertu,

Aussi (pour vray) il ne sort de leur bouche

Que motz sucerez : quant au cueur je n'y touche :

Mais c'est un peuple à celluy resemblant ,

Que Jehan de Mehun appelle Faulx-Serablant.'

Forgeant abus dessoubz religion.

Incontinent que ceste légion

(Selon le ers de Venus) sent, et veoit,

Que Cupido le dieu d'amour avoit

Prins sa volée, ainsi qu'un vagabond,

Chascun pensa de luy donner le bond.

Si vont quérir libelles sophistiques," Corps enchâssez et bulles papistiques, ^ Et lî^ dessus vouèrent tous à Dieu , Et au patron ^ de leur couvent et lieu, De Cupido lier, prendre, et estraindre, Et son pouvoir par leurs œuvres contraindre , Plus pour loyer céleste en recevoir,

" Dans le roman de la Rose.

' Ce sont les lirres de controrei-se de ces premiers tems , faits par des docteurs qui, ne connaissant pas assez les dogmes de la religion , la défendaient avec des sophismes.

^ Marot , comme luthérien , n'a pas un grand respect pour la puissance papale.

*■ Chaque ordre monastique faisait valoir son saint. Il fallait quUl î^\ fourré partout et qa il se mêlât de tout.

CHANTS DIVERS. 5l

Que pour amour , qu'en dieu puissent avoir. Voyla comment par voyes mal directes Les preSumans , oultrecuydees sectes , Seures se font d'avoir de Dieu la graCe, Et de garder chose, ' qu'humaine race Ne peult de soy. Or se sont ilz esparts De chrestiente' aux quatre coings et parts, Tous en propos de Cupido happer.

Et qu'ainsi soit, afm que d'eschapper '

Ne trouve lieu, ne façon s'il est pris^ Aucuns d'iceulx par serment entrepris Portent sur eulx des cordes à gros noudz Pour luy lier jambes , piedz , et genoudz. '

Et sur ce poinct, prendra repos ma muse, Ne voulant plus , qu'à ce propos m'amuse : Ains que je pense à dresser autre compte. En concluant, que cestuy cy racompte, A qui aura bien compris mon traicté , Dont procéda le vœu de chasteté'.

' Le poète n'e'tait point partisan du vœu de chasteté' que l'on exigeait des moines ; on sait si ceux-ci l'observaient scrupuleusement.

^ Cela regarde principalement les cordeliers , que le poète attaque comme les plus voluptueux des religieux mendians.

SUR LA MALADIE DE s'AMYE. *

Dieu, qui voulus le plus hault ciel laisser, Et ta haultesse en la terre abbaisser, Là ou donnas santé à maintz et maintes : Vueilles ouyr de toutes mes complainctes Une sans plus. Yueilles donner santé A celle la, par qui suis tourmenté.

Ta saincte voix en l'Evangile crie, Que tout vivant pour ses ennemys prie, Guéris donc celle (o médecin parfaict) Qui m'est contraire, et malade me faict.

Helas, Seigneur, il semble, tant est belle. Que plaisir prins à la composer telle.

Ne soufïre pas advenir cest oultrage, Que maladie efface ton ouvrage.

Son embonpoinct commence à se passer, Ja ce beau tainct commence à s'effacer , Et ces beaulx yeulx clairs et resplendissans Qui m'ont navré, deviennent languissans.

* Cette charmante prière a e'té, faussement attribuée à Mellin de Saint-Gelais. Cl. Marot la composa lorsque Marguerite, tourmentée par la médisance qui rendait la cour confidente de ses amours , e'tait tombée malade de chagrin.

Il est bien vray, que ceste grand* beauté A desservy pour sa grand* cruauté Punition : mais, Sire, à Padvenir Elle pourra plus doulce devenir.

Pardonne luy, et fais, que maladie N'ait point l'honneur de la faire enlaydie. Assez à temps viendra vieillesse pasle, Qui de ce faire a charge principale.

Et cependant, si tu la maintiens saine, Ceulx, qui verront sa beauté souveraine, Béniront toy, et ta fdle Nature, D'avoir formé si belle créature :

Et de ma part feray un beau cantique , Qui chantera le miracle autentique Que faict auras , admirable à chascun , D'en guérir deux en n'en guérissant qu'un. Non que pour moy je levé au ciel la face : Non que pour moy prière je te face :

Car je te doy supplier pour son bien, Et je la doy requérir pour le mien.

CHANT NUPTIAL^ DU MARIAGE DE MADAME RENEE FILLE DE FRANCE, AVEC LE DUC DE FERRARE. ^

V^UI est ce duc venu nouvellement En si bel ordre et riche à Tadvantage ? On juge bien à le veoir seulement Qu'il est yssu d'excellent parentage.

N'est ce celluy, qui en fleurissant aage Doibt espouser la princesse Renée ?

Elle en sera (ce pense je) estrennee , Car les haultboys Pont bien chante anuict , Et d'un accord, et tous d'une aliénée, Ont appelle la bien heureuse nuict.

O nuict, pour vray, si es tu bien cruelle, ^ Et tes excès nous sont tous apparens :

* Ce chant présente de fre'quentes imitations du Carmen nuptiale de Catulle \ nous nous contenterons d'en indiquer quelques-unes.

2 Hercule d'Est, fils d'Alphonse I , duc de Ferrare, épousa , en 1528, Renée, seconde fille du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne. Il fut , en 1557, géne'ral de l'arme'e de l'e'glise , et lieutenant de celle de Henri II contre Philippe II, roi d'Espagne. Ce prince, remarquable par son courage et son me'rite personnel, mourut en iSSg. Rehëe, retire'e en France, ve'cut jusqu'en i575.

3 , Hespere , qui cœlo fertur ciudelior ignis ?

Qui gnatam possis complexu avellere niatris , Complexu matris retincntcm avellere gnatam , Etjuveni ardenti caslam donare puellam ? Oiiid faciant liostcs capta crudclius uvbê ?

Tu viens ravir la royalle pucelle Entre les bras de ses propres parens : Et qui plus est, tu la livres, et rends Entre les mains d'un ardant et jeune homme. Que feirent pis les ennemys à Romme , * N'a pas long temps par pillage empiree ? Or de rechef cruelle je te nomme :

Pourquoy es tu doncques nuict désirée? /

Je me desdy, tu n'es point nuict cruelle : *

Tes doulx effectz nous sont tous apparens

Tu prens d'amour et de grë la pucelle :

Entre les mains de ses nobles parens :

Et qui plus est , deux cueurs en un tu rends

En chaste lict soubz nuptial aflaire :

Ce qu'autre nuict jamais n'avoit sceu faire ,

Bref ta puissance est grande , et point ne nuyct :

Ce que tu fais on ne scauroit deffaire :

O trespuissante , et bien heureuse nuict !

Fille de roy , adieu ton pucelage ,

Et toutesfoys tu n'en dois faire pleurs :

* Ces vers , de mauvais goût , font allusion à la prise de Rome , en 1027, par l'arme'e de l'empereur, qui pendant deux mois s'abandonna aux plus horribles excès.

2 Hespere , qui cœlo lucet jucundior ignis ?

Qui desponsa tua firmes connubia llammâ , Quod pepigere viii , pepigerunt ante parentes ; Nec junxere prius , quam se tuus extulit ardor. Quid datur a divis felici optatius hora 7

56 CHAISTS DIVERS.

Car le pommier, qui porte bon fruictage, '

Yault mieulx que cil, qui ne porte que fleurs.

Roses aussi de diverses couleurs

S'on ne les cueult, sans prouffiter périssent :

Et s'on les cueult, les cueillans les chérissent,

Prisans Todeur qui d'elles est tirée.

Si de toy veulx , que fruictz odorans yssent

Fuyr ne fault la nuict tant désirée.

Et d'autre part ta virginité toute Ne t'appartient. En quatre elle est partie : ^ La part première elle est au roy (sans doubte), L'autre à Madame ^ est par droict départie : La sœur du roy ^ a la tierce partie :

' L'idée de cette strophe est prise de ce charmant morceau que Catulle a enrichi de toutes les couleurs de sa palette :

¥t ilos in teptis secretus nascitur hoilis, etc.

Nous ne citons pas ces vers connus de tout le monde, et dont Marot reproduisit seulement la pensée avec la gracieuse naïveté qui ne le quitte jamais.

^ Voilà un partage singulier; le poète veut dire que la princesse doit accepter l'e'poux qu'on lui a destine' j au reste Catulle est aussi coupable de cette bizarre division :

Et tu ne pugna cum tali corjuge virgo ! Non aequum pugnare, pater quoi tradidit ipse, Tpse pater cum matie , quibus parère necesse est : Tertia pars patri data , pars data tertia matri , Tertia sola tua est : noli pugnare duobus , Qui genero sua jura simul cum dote dederunt.

^ Louise de Savoye, mère de François î^^,

* Marguerite , duchesse d'Aleucon et reine de Navarre.

CHANTS DIVERS. Sy

Toy la quatriesme. Or ilz donnent leurs clroiclz * A ton mary : veulx tu combatre à trois? Trois (pour certain) qui en valent bien huict: Certes je croy, que plustost tu vouldrois," Que desja fut la bien heureuse nuict.

Ta doulce nuict ne sera point obscure : Car Phebé lors plus que Phebus luyra : Et si Phebé a de te veoir grand' cure, Jusque à ton lict , par les vitres ira : Venus aussi la nuict esclaircira , Et Vesperus qui sur le soir s'enflamme : Hymeneus , qui faict la fille femme , Et chaste amour, aux nopces préférée.

Te fourniront tant d'amoureuse flamme , Qu'ilz feront jour de la nuict désirée.

Vous qui souppez laissez ces tables grasses : Le manger peu, vault mieulx pour bien danser. Sus, aulmoniers, dictes vistement grâces,

^ Ce passage nous fait conjecturer que ce mariage fut conclu contre le gre' de madame Renée, qui sans doute portait plus haut ses espe'rances; mais François 1er avait eu soin de choisir un prince trop faible pour lui disputer le duchc de Bretagne, qu'il avait dessein de re'unir à la couronne. Ce qui sert à nous confirmer dans cette opinion , c'est que cette princesse ne fut pas heureuse avec son mari , et s'empressa de quitter l'Italie après la mort du duc de Ferrare.

2 At lubet inoiiptis ficto te cai-pere. questu ;

Quid tum sic carpunt , tacitâ quem mente requirunt.

3 Surgere jam tempus , pingues jam linquere mensas.

Le mary dit, qu'il se faiilt avancer.

Le jour luy fasche, on le peult bien penser. Dames, dansez : et que Ton se déporte (Si m'en croyez) d'escouter à la porte S'il donnera l'assault sur la minuict : Chault appétit en tel lieu se transporte : Dangereuse est la bien heureuse nuict.

Dansez, ballez, solennizez la feste

De celle , en qui vostre amour gist si fort.

Las, qu'ay je dict ? qu'est ce que j'admonnesteP

Ne dansez point, soyez en desconfort.

Elle s'en va , amour par son effort

Luy faict laisser le lieu de sa naissance,

Parens , amys , et longue congnoissance , '

Pour son espoux suyvre jour, et seree,

O noble duc, pourquoy t'en vas de France,

Ou tu as eu la nuict tant désirée ?

Duchesse (helas) que fais tu? Tu délaisses

Un peuple entier pour l'amour d'un seul prince

Et au partir en ta place nous laisses

Triste regret , qui noz cueurs mord , et pince.

Or va donc veoir ta ducale province :

Ton peuple ja de dresser se soucie

Arc triumphal , théâtre , et facecie

Pour t'accueillir en honneur et en bruict.

• Hesperus e nobis , sequales, abstulit iinam.

CHANTS DIVERS. Sq

Bien tosl y soit ta ceincture accourcie Par une bonne , et bien heureuse nuieU

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