DE JEHAN SERRE, EXCELLENT JOUEUR DE FARCES
v>Y dessoubz gist, et loge en serre Ce tresgentil fallot Jehan Serre , Qui tout plaisir alloit suyvant :
Et grand joueur en son vivant, Non pas joueur de dez ne quilles,
* Personnage imaginaire.
^ Ces vers sont une imitation d'une ëpitaphe rapporte'e dans les Epistolœ obscurorum virorum.
O Deus omnipotens, Vituli miserere Joannis Quem mors prxveniens non sinit esse bovem.
Mais de belles farces gentilles.
Auquel jeu jamais ne perdit, Mais il gaigna bruict et crédit, Amour, et populaire estime, Plus que d'escuz, comme j'estime.
Il fut en son jeu si adextre , Qu'à le veoir on le pensoit estre Yvrongne, quand il s'y prenoit, Ou badin , s'il l'entreprenoit :
Et n'eust sceu faire en sa puissance Le sage : car à sa naissance Nature ne luy feit la trongne , Que d'un badin , ou d'un yvrongne.
Toutesfoys je croy fermement , Qu'il ne feit onc si vivement Le badin qui rit , ou se mord , Comme il faict maintenant le mort.
Sa science n'estoit point vile , Mais bonne : car en ceste ville Des tristes tristeur destournoit , Et l'homme aise en aise tenoit.
Or bref, quand il entroit en salle
Avec une chemise sale ,
Le front, la joue, et la narine
Toute couverte de farine ,
Et coiffé d'un béguin d'enfant,