‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 65 sur 329 · LIVRE II. iSy · texte numérisé non relu

LIVRE II. iSy

DE L* ABSENT DE s'AMYE. ^

loUT au rebours (dont convient que languisse) Vient mon vouloir : car de bon cueur vous veisse Et je ne puis par devers vous aller.

Chante qui veult : balle qui veult baller. Ce seul plaisir seulement je voulsisse.

Et s'on me dict, qu'il fault que je choisisse De par deçà dame qui m'esjouysse, Je ne sçaurois me tenir de parler Tout au rebours.

Si respons franc, j'ay dame sans nul vice, Autre n'aura en amour mon service :

Je la désire, et souhaite voler Pour Palier veoir^ et pour nous consoler. Mais mes souhaitz vont comme Tescrevice, Tout au rebours.

''■ Marot était alors en Italie avec François 1er qui, maître de Milan , pressait une arme'e sans vivres et sans argent, et ne se croyait pas à la veille d'une de'faite.

Yll. *

POUR UN QUI EST ALLÉ LOING DE s'AMYE.

JL OING de tes yeulx t'amour me vient poursuyvre, Autant ou plus qu'elle me souloit suyvre Auprès de toy : car tu as (pour tout seur) Si bien gravé dedans moy ta doulceur , Que mieulx graver ne se pourroit en cuyvre.

Le corps est loing, plus à toy ne se livre, Touchant le caeur, ta beauté m'en délivre : Ainsi je suis (long temps a) sans mon cueur Loing de tes yeulx.

Or l'homme est mort, qui n'a son cueur délivre, Mais endroit moy ne s'en peult mort ensuyvre: Car si tu as le mien plein de langueur , J'ay avec moy le tien plein de vigueur. Lequel autant , que le mien me faict vivre Loing de tes yeulx.

YIIL

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