SECONDE REQUÊTE
Sur la mouvance de la terre de Saint-Maignn.
A MESSIEURS DU PARLEMEKT.
OuppLiE le procureur-général du roi , disant que , quelque étendue que l'on ait donnée aux contredits servant de défenses que le sieur comte de Sainte- Maure , en qualité de seigneur d'Orchiac, a fait signifier au procureur-général , il est aisé néanmoins de les réduire à deux points également simples ^ l'un dans la forme, et l'autre dans le fond.
Le procureur-général avoit cru devoir commencer la requête qu'il a donnée dans celte instance , par établir, dans le fond, la justice des droits du roi; et il l'avoit finie en répondant aux objections que le sieur comte de Sainte-Maure emprunte delà forme , pour couvrir la foiblesse de sa cause dans le fond.
Le défenseur du sieur comte de Sainte-Maure a jugé à propos de changer cet ordre, et de répondre d*abord à ce que le procureur-général avoit dit sur la forme , avant que de proposer ses défenses sur le fond.
Comme il n'y a rien de plus indifférent que cet ordre , le procureur-général se conformera volontiers , dans cette réplique , à celui que le sieur comte de Sainte-Maure a suivi dans sa défense ; et , traitant cette affaire dans le dernier état où il la trouve y il tâchera d'abord de détruire , en peu de mots, tout ce que le sieur comte de Sainte-Maure allègue de plus spécieux sur la forme, dans laquelle on voit
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bien qu'il iiiel sa plus grande confiance, pour passer ensuite à la re'futation des moyens beaucoup moins apparens que l'on a opposes dans le fond aux principes établis par la requête du procureur -général du roi.
Mais, avant que de s'expliquer sur l'un et sur l'autre point , le procureur-général croit devoir avertir ici le conseil du sieur comte de Sainte-Maure qu'il n'a pas été fort heureux dans ses conjectures , lorsqu'il a avancé , sans doute avec bonne intention , et pour donner une couleur plus favorable à la cause dont il a entrepris la défense, que c'étoit le sieur de Saiut-Maigrin qui plaidoit dans cette affaire , sous le nom du roi ; le procureur-général sait trop ce qu'il doit au ministère qu'il a l'honneur d'exercer, pour autoriser ni mc'me pour tolérer qu'on se servît du nom du roi, ou plutôt, qu'on abusât de ce nom respectable, pour soutenir une prétention qu'il ne croiroit pas légitime.
L'office public ne se prête ni aux passions ni aux intérêts des particuliers ; et ce que l'on dit sur ce sujet de la part du sieur comte de Sainte-Maure , sans y faire assez de rétlexion , ne doit être regardé que comme une figure , souvent inutile dans les affaires mêmes des particuliers, mais qu'il ne convient jamais d'employer, quand on est obligé d'écrire contre celui que son ministère ne rend partie pour la défense des droits du roi qu'avec les dispositions d'un juge et le même esprit de justice.