‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., augmentée de pièces échappées aux premiers éditeurs, et d'un discours préliminaire (volume 2)Chapitre 36 sur 38 · On règle ce qui regarde le serment de fidélité · texte numérisé non relu

On règle ce qui regarde le serment de fidélité

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clomandé par l'abbë , el refusé par lo sieur de BourdeiJles, et on le règle en (es termes:

Et pour ce que tnondit sieur de Bourdeilles dit et prétend quit n'est tenu faire serment de fidélité à îuondit sieur de Brantôme , en sera fait un instrument à pari , que toutes et quantes fois quiL apparoîtra par aucun ou aucuns autres hommages prcccdens ou subséquens les dessusdits, ou autrement deument, que lesdits sieurs de Bourdeilles a/ent fait, ou soient tenus faire ledit serment deféauté, ou accordé en ce autre forme , mondit sieur de Bourdeilles et ses successeurs seront tenus de faire à moruiit sieur de Brantôme et ses successeurs ledit serment deféauté en autre forme sur ce accordée.

Ainsi, le sieur de Bourdeilles gaijne presque enlicreraent sa cause par cet accomuiodement, puis(juc l'on convient que l'hommage sera rendu à saint Sicaire, et non à la personne de l'abbé , conformément à l'acte passé par Archambaud ; et que l'on exempte ce seigneur du serment de lidélité , jusqu'à ce que l'abbé ait rapporté des titres en vertu desquels il puisse l'y assujettir, ce qu'il n'a pas encore fait, et qu'apparemment il ne fera jamais : il n'y a qu'un seul chef que l'abbé gagne par cet accommodement, c'est la dispense de se revêtir d'iiabits pontilicaux pour recevoir l'hommage de Bourdeilles.

En exécution de celle transaction, ce seigneur rendit l'hommage qui est le dernier titre de Tabbé de Brantôme ; j1 est de la mcme date que la transaction, et il est absolument conforme à celui do l364, excepté que labbé reçoit cet hommage sans être revêtu des ornemens sacerdotaux.

Au surplus , la mT-me forme y a été exactement observée : l'abbé le reçoit devant l'autel de saint Sicaire, le sieur de Bourdeilles le rend deb!)iit à saint Sicaire, et à l'abbé, comme lieutenant de ce saint, pour le château et la partie du bourg qui lui appartcnoit , et avec cette clause transcrite mot pour mot sur l'hommage de i3G4: Que s'il y avoit, ou s'il se

trouvoit quelque chose dans la cliâtellenie de Bourdeilles qui fût mouvant de Tabbe, l'intention du sieur de Bourdeilles étoit de le comprendre sous cet hommage.

C'est à quoi se réduisent ces quatre actes imporlans, qui sont, à proprement parler^les seuls titres de l'abbc de Brantôme.

Après les avoir ainsi expliqués , on pourroit d'abord les combattre dans la forme, et observer qu'il n'y a que les deux derniers, c'est-à-dire la transaction et l'hommage de i479? qui soient rapportés dans une forme authentique.

L'hommage de i364 n'est point produit se'parémentj il n'a, pour parler ainsi , aucune existence par lui-mcme, il n'existe que dans la transaction de i479j ^ ^^ ^^ ^^ laquelle on l'a transcrit tout entier.

La forme dans laquelle celui de i^6^ paroît aux yeux de la justice, est encore plus suspecte,- nonseulement on ne rapporte point l'original de ce titre, mais cet original même n'existe pkis , on n'en a qu'une copie insérée dans un cartulaire de l'abbaye de Brantôme, cartulaire qui n'est pas même rapporté , et dont on ne rapporte qu'un extrait qui n'a pas été compulsé avec le procureur-général du roi : on sait d'ailleurs combien est souvent légère et équivoque la foi de ces sortes de cartulaires j il n'en faudroit pas dire davantage , à la rigueur , pour détruire toute l'autorité de cette pièce, il est même remarquable que Ton n'en a fait aucune mention dans la transaction de i479j il paroît peu vraisemblable que l'on eût omis d'en tirer avantage de part ou d'autre, si cet acte avoit jamais existé.

Mais, comme la transaction de i479 semble suppléer en quelque manière au défaut des actes précédens, qu'elle renouvelle et qu'elle confirme sous les conditions qui y sont exprimées, le procureurgénéral croit devoir s'attacher principalement à examiner les deux questions importantes qui résultent

REQVÊTE. 'Vx)

de celte pièce , et des hommaijcs (jui la précèdent et qui la suivent.

La première consiste à savoir si riioramage que le sieur de Bourdeilles a rendu par ces actes à l'abbé de Branlûmc, doit ctre considéré comme uu véritable devoir féodal fondé sur une véritable et léi(ilime iniéodation , ou s'il ne faut le regarder que comme un hommage de dévotion par lequel les sieurs de Bourc'eilles ont voulu affranchir leur terre de la foi qu'elle devoit au duc de Guyenne, ou au comte de Périgord, et se faire, pour ainsi dire, une espèce de franc-aleu , sous prétexte d'un hommago oui n'éloit qu'une simple cérémonie, n'étant accompagné d'aucun devoir, ni mémo d'un serment (le fidélité.

La deuxième question se réduit à examiner s'il est vrai , quand même on supposerolt que cette; reconnoissance des seigneurs de Bourdeilles étcit un hommage véritable et légitime , qu'elle comprît toute la chatellenie de Bourdeilles possédée par les seigneurs de ce nom, ou si, au contraire, elle ne doit ^tre appliquée qu'au château et à la moitié du bourg de Bourdeilles ; ensorte que tout ce qui est au-delà de ces bornes , n'étant point compris dans les litres de l'abbé de Brantôme , soit demeuré dans la seigneurie directe du roi , qui a tout ce que les seigneurs particuliers ne peuvent justifier leur appartenir.

Le fermier du domaine s'est fort étendu sur la première de ces deux questions ; et quoique tout ce quil a dit sur ce sujet ne soit pas également solide , on peut néanmoins profiter de ses conjectures , et lorsqu'on leur aura donné le degré de force et de lumière dont elles sont susceptibles, on pourra eu tirer celte conséquence , qu'il est très-vraisem])lal)le que le château et la moitié du bourg de Bourdeilles , qui sont les deux seules choses comprises dans les hommages dont il s'agit, n'étoient point dans leur origme un fief de l'abbaye de Brantôme ; que ce n'est que par une convention particulière que l'on a coaimencé à porter ce fief; noo à labbé, mais

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à saint Sicaire, pour le soustraire à l'autorité du duc de Guyenne , ou du comte de Périgord , dont le château de Bourdeilles étoit mouvant dans son origine j ensorte que l'acquisition que l'abbaye de Brantôme a faite de cette mouvance , est , suivant toutes les apparences, une usurpation cachée sous le voile de la religion.

Trois circonstances particulières servent de fon-^ dément à toutes ces conjectures :

j.° La qualité de celui auquel l'hommage est rendu ;

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