‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., augmentée de pièces échappées aux premiers éditeurs, et d'un discours préliminaire (volume 3)Chapitre 77 sur 97 · DE L*ORDRE DE MALTE · texte numérisé non relu

DE L*ORDRE DE MALTE

ces lettres j aux parties intéressées , l'examen et le jugement de la vérité de la condition sous laquelle on leur permet de toucher à cette portion sacrée de leur patrimoine.

C'est ce qui paroît encore plus par la seconde disposition de ces mêmes lettres, par laquelle on dispense l'ordre de Malte d'observer les formalités établies par Tordonnance de i66g.

Il n'est pas nécessaire de s'étendre ici, pour montrer combien il est dangereux de donner l'exemple d'une telle dérogation , et de faire ainsi dépendre l'observation d'une loi juste , nécessaire, méditée avec tout le soin et toute la précaution imaginable, du crédit que pourront avoir ceux qui demanderont au roi ces sortes de grâces.

C'est inutilement qu'on a mis dans les lettres dont il s'agit , que cette dispense ne pourroit être tirée à conséquence. Il y a long-temps qu'on a dit que de toutes les dispenses et de tous les arrêts, il n'y en a point qu'on tire plus souvent à conséquence, que ceux mêmes dans lesquels on a pris la précaution d'ajouter qu'ils ne tireroient point à conséquence. Ils ne servent qu'à indiquer la voie par laquelle on peut s'affrancbir de la règle , et ils sont imités précisément dans la clause par laquelle il est dit qu'ils ne le pourront être.

On ne peut d'ailleurs s'empêcber d'observer ici , que si le roi avoit quelque intérêt dans ces lettres , si elles lui procuroient quelque secours dans la conjoncture présente , cet avantage pourroit consoler ses officiers de la violence que la règle souffre en cette occasion ; mais le roi ne reçoit aucune utilité de la dérogation qu'il fait ici à ses ordonnances ; l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem est le seul qui en profite, et la règle est violée en pure perte pour le roi.

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