Les fondations qu'il fait
En premier lieu , pour demander à Dieu une bonne mort , après qu'il seroit décédé.
En second lieu , une messe , à commencer un mois avant son testament. Quel égarement d'esprit !
Passons à la seconde espèce de preuves communes aux enfans , et c'est ce qui a suivi le testament.
Il suffît d'observer i.*^ que le testateur, si zélé en apparence pour l'intérêt des pauvres , veut dissiper tout son bien , le placer à fonds perdu , sur le clergé, à la tontine , aux cordeliers ; il cherche à dégrader la terre de Villajer , à vendre toutes ses autres terres. La preuve que cela est fait depuis le testament, est qu'il semble dans ses mémoires vouloir prévenir les plaintes de ses enfans.
Or , de même que les pères de l'église ont dit qu'il n'y avoit que deux principes de toutes nos actions, la charité et la cupidité; on peut dire ici que le testateur n'a pu être animé que par deux motifs différens , l'amour des pauvres, la haine de ses enfans.
Si l'on justifie que ce n'est point le premier , ce ne peut être que le second, etc.
if" Que dans cette résolution aveugle que le père avoit prise de dissiper tout son bien , il lui est échappé de parler deux ou trois fois de son fils , quoique cela n'eut aucun rapport avec ce qu'il écrivoit.
C'est ainsi que dans son agenda, après avoir dit qu'il veut vendre ses terres, il ajoute aussitôt : Il faut faire assigner mon fils, pour me payer les pensions de sa femme.
C'est encore dans le même esprit, qu'après avoir dit qu'il fera bon compte de sa maison aux cordeliers , il ajoute dans un mémoire qu'il n'écrit que pour lui-même : // n'en faut parler à personne , mon fils n^en use pas bien.
PLAIDOYER (lGj4)- 543
Pour reunir en peu de mois lout ce que nous avons explique' dans celle première partie, nous rcconnoissons à ses Irails un père e^^'aleinent in(a]jable de l'aire (\cs disposilions pour ôler son bien à ses enCans, soit par la liaine , soil par la foihlcsse dn son esprit.
Nous en trouvons des preuves lièeisivcs.
Les unes qui sont particulières au lils, telles que ces pre'paralifs de procès où le père est ai^iesseur, où le père est mal londé , où le père se répand en injures atroces, etc.
Les autres qui sont communes aux deux enfans.