Le culte et les cérémonies
3.^ Les personnes consacrées au service divin , leurs dignités, leurs fonctions, leurs prérogatives, leurs immunités ,
4-** Les biens et les droits utiles qui leur sont attribués ;
5." La discipline et la police qui comprennent le gouvernement, les lois, les jugemens, les peines, la concorde du sacerdoce et de l'empire, ou la distinction et la conciliation des deux puissances entre lesquelles Dieu a partagé le gouvernement des hommes ,
ÉTUDE DE i/hISTOIRE. 65
c'est-à-dire, tle ia puissance temporelle, et de l'autorité spirituelle.
Voilà , mon cher fds , un champ bien vaste et une moisson abondante de rcnîar(|iies que je vous ouvre j mais pour la réduire à de justes bornes, il faut distinguer d'abord ce qui regarde les fausses religions , ou les différentes sectes qui se sont séparées de l'église , de ce qui est digue de remarque par rapporta la véritable religion, et à l'église catholique.
Sur les fausses religions , il seroit fort inulile que vous prissiez la peine de compiler tout ce que vous trouverez sur ce sujet dans l'histoire , et d'entreprendre de faire un recueil complet des extravagances de l'esprit humain , lorsqu'il est abandonné à luimême et privé des lumières de la véritable religion. 11 n'y a pas d'apparence que vous vous croyez destiné à ce genre d'ouvrage qui a même été fait par plusieurs pères de l'église , et principalement par les anciens apologistes de la religion chrétienne; c'est déjà un premier article que vous retrancherez de votre travail.
Je vous dirai presque la même chose , mon cher fds, sur les sectes qui sont sorties du sein de l'église catholique.
Vous prendriez une peine doublement inulile , si vous vouliez extraire tout ce qui regarde le doi^me et le culte des hérétiques; soit parce que vous n'êtes pas destiné à vous occuper aux matières de controverse , soit parce que vous en apprendrez beaucoup plus sur ces matières, dans quelques livres choisis, que vous ne feriez pas tout ce que vous pourriez recueillir , vous-même , en lisant les différentes histoires.
Vous pourrez trouver quelquefois, en lisant l'histoire, des maximes reconnues même dans les fausses religions , des règles anciennes conservées dans les sectes mêmes qui sont séj^arées de la communion de l'éghse , dont on peut tirer des conséquences utiles , et qui peuvent par celte raison mériter vos remarques-
D'Aguesseau. Tome XV. 5
niais sans en trop charger vos extraits ni vous engager à cet éi^ard dans un giand travail.
A l'e'gard de ce qui concerne ia véritable religion , le premier des cinq points , que j'ai distingués sur les choses divines, a rapport à l'étude de la religion qui lait la première partie du plan de vos études (i), et à celle de l'histoire de l'église qui pourra faire la matière d'un mémoire séparé.
Par rapport au second point, c'est-à-dire, le culte et les cérémonies, je ne désirerois point que vous vous charj^eassiez de beaucoup de remarques sur celte matière , si ce n'est par rapport à ce qui regarde le mélange de la puissance temporelle, et de l'autorité ecclésiastique sur ce point 3 mais c'est ce (!ui appartient plus aux questions de discipline et de juridiction, qu'à l'étude du culte et des cérémonies.
Les trois derniers points, je veux dire, les personnes ecclésiastiques , les biens ecclésiastiques , la discipline ecclésiastique, sont ceux qui doivent être présentement les principaux objets de votre attention.
L'étude du droit canonique; des libertés de l'église gallicane, et des maximes du royaume, vous ouvrira plus l'esprit sur ce que vous devez remarquer à cet égard , que tout ce que je pourrois vous en dire aujourd'hui ; et, lorsque vous aurez conçu une jusle idée de la (jualilé des personnes consacrées à Dieu, de la condition des biens ecclésiastiques , du gouvernement et de la discipline de réalise, de la nature des deux puissances , des matières qui appartiennent à l'une privativement à l'autre , ou qui leur sont communes, et que par celte raison on appelle mixtes ; des moyens qui sont en usage dans ce royaume et ailleurs, pour entretenir une concorde désirable et une parfaite harmonie entre le sacerdoce et l'empire, pour prévenir ou pour réprimer les entreprises que l'on peut faire sur l'autre , vous sentirez de vous-
(1) Voyez la première Instruction.
Étude ee l'histoire. 67
même, mon cher fils, ce qui mérite d'entrer dans vos recueils, sur une malicrc si importante.
Les choses naturelles , second objet des remarques que l'on peut faire en lisant l'histoire , sont peut - être plus propres à orner et à amuser Tesprit d'un magistral , qu'à le former ou à le perfectionner. Si on les prend superdciellement , on n'en tire presque aucun fruit; si on veut les étudier exactement,, c'est une science à laquelle toute la vie peut à peine suffire , et qui demande presque un homme entier; vos collections d'ailleurs, et surtout ce que^vous pourriez tirer de la lecture des historiens , ne pourroient jamais égaler les recherches de ceux qui ont fait des livres sur ces matières, ou qui les ont traitées dans les journaux des académies de physique qui peuvent vous fournir, dans de certains momens, un délassement agréable.
Vous pouvez donc vous dispenser de recueillir ce que vous trouverez de singulier dans l'histoire ou sur l'astronomie, ou sur la physique , ou sur les mathématiques ,et en général sur ce qui regarde l'histoire naturelle dont les historiens parlent souvent, même d'une manière assez imparfaite : la vie est si courte^ et l'étude est si longue , qu'il faut savoir se bdrner aux deux grands objets dont je vous parlerai bientôt c'est-à-dire, à ce qui peut former les vertus de l'homme privé, et celles de l'homme public; je ne prétends pourtant pas imposer des lois trop austères à votre curiosité ; mais comme les Ilaliens disent avec beaucoup de raison que le bien n'a point de plus grand ennemi que le mieux , je crains aussi que le superllu, dans les recueils, ne nuise chez vous au nécessaire et à l'utile.
Le troisième ordre des choses que j'ai distinguées d'abord, je veux dire les choses humaines, demande plus d'explication.
C'est ici , mon cher fils , que je dois approfondir davantage la distinction que je vous ai marquée , en passant, de l'homme considéré en lui-même, et de l'homme considéré dans l'ordre de la société.
Ces deux personnes que l'on peut distinguer dans chaque homme, se trouvent dans vous comme dans tous les autres j vous êtes homme , vous êtes citoyen ; vous y ajouterez, selon toutes les apparences, le caractère d'homme public; et c'est à ces trois vues que doit se rapporter toute étude bien faite , et surtout celle de l'histoire.
L'homme , considéré en lui - même , est encore plus l'objet de la philosophie, que celui de l'histoire. L'historien commence où le philosophe finit , et il envisage l'homme principalement dans l'ordre de la société. La religion réunit ces deux objets en apprenant à l'homme à se connoître lui-même , et à connoîlre ce qu'il doit aux autres, suivant la place qu'il occupe dans la société.
La lecture des historiens peut cependant vous fournir des exemples et des réflexions solides sur les qualités de l'esprit et du cœur, qui rendeut l'homme heureux ou malheureux , en le considérant en général et sous le premier point de vue. Lorsque vous y trouverez des choses de ce genre, vous ferez bien de vous les approprier , et d'en faire votre bien particulier , en les consignant dans le dépôt de vos recueils.
Mais , après tout , le grand objet de l'histoire est l'homme considéré dans la qualité de citoyen , et dans celle d'homme public. C'est donc sur cette double idée que vous devez principalement travailler, €t pour cela envisager d'abord l'une et l'autre dans lin plan général , qui puisse exciter votre attention et diriger toutes vos remarques. Je me contenterai de l'ébaucher ici 3 ce sera à vous de le perfectionner. Lorsque l'on considère l'ordre général de la société , l'on peut ou comparer les nations ]cs unes avec les autres, examiner \cs rapports qui les unissent ou qui les séparent , ou s'attacher à chaque nation prise en particulier.
La première vue forme ce qui s'appelle le droit des gens; la seconde nous présente l'unage du droit public , qui est propre à chaque nation.
Étude de l'histoire. 69
Mais cette seconde idée a besoin d'une nouvelle division, pour former un pian lumineux et compUît.
Car , ou l'on envisage chaque nation comme ua tout, ou on la considère dans les parlies qui forment ce tout par rapport à l'ordre public; et ces parties sont :
Ou les diverses conditions des hommes qui sont reconnues 'ans une nation, et qui y e'tablissent des dilTe'rences dans leur état ;
Ou les difi'ércns ordres que l'on y distingue , ou les corps, les compagnies, les communautés qui y sont admises;
Ou enfin les particuliers considérés comme membres de l'état.
11 ne sera peut-être pas inutile de faire ici quelques réllexions sur chacun de ces articles, qui sont comme le terme et la fin de toutes les réflexions que vous ferez en lisant l'histoire.
J'ai dit d'abord, mon cher fils, que, de la première manière d'envisager la société humaine , c'està-dire , de la considération des rapports d'union ou de contrariété qui sont entre les diverses nations , naissoit le droit des gens.
Grotius l'a réduit aux deux principaux objets auxquels pt-esque tous les autres se rapportent, en donnant à son livre , qui , à proprement parler , est un traité du droit des gens , le titre de traité du droit de la guerre et de la paix. Lorsque vous aurez bien lu ce traité , mon cher fils ( et c'est pour cela que je l'ai mis au nombre des préliminaires de l'histoire ) , vous serez pleinement au fait de tout ce qui doit être remarqué sur ce point, dans la lecture des historiens; et ce qui doit vous y rendre plus attentif (je crois vous l'avoir dit aussi en passant ) , c'est qu'au lieu que dans la jurisprudence ordinaire , c'est par le droit que l'on doit juger du fait; ici, tout au contraire, c'est presque toujours le fait qui sert à faire observer le droit. Le commun des hommes défère aux exemples plus qu'aux raisonnemens ; mais c'est principalement entre les souverains et les étals indépendans
les uns des autres , qu'il ne suflit pas de montrer ce qui se doit faire , sans montrer aussi ce qui s'est lait. Ceux qui craindroient de s'abaisser , en cédant à la raison , rougissent moins de céder à l'exemple , qui renierme toujours une excuse pour leur condescendance ; et ce que la force des armes fait entre les souverains , pendant la guerre , l'autorité des exemples le fait assez souvent, entr'eux , pendant la paix.
Vous ne sauriez donc êlre trop exact à recueillir tout ce qui regarde les différentes distinctions des nations comparées les unes aux autres; les questions de rang et de préséance entre les souverains ou les républiques ; les prérogatives et les privilèges dont certains peuples sont en possession par rapport à d'autres peu[)les ; la forme des traités ; le caractère des ambassadeurs , des envoyés et des agens ; les différentes manières de déclarer la guerre^ les lois que les armes même respectent ; le droit que la victoire ou la conquête donne au conquéraut , sur les personnes et sur les choses ; les règles établies pour le commerce d'une nation avec un autre peuple, celles que la guerre suspend, et celles qui s'observent au milieu de la guerre • enfin , tout ce qui peut servir d'exemple ou de préjugé dans cette partie importante du droit public , et qui est une de celles qui intéressent davantage la curiosité de tout homme rai.sonnable.
Je vous ai dit , en second lieu , mon cher fils , que, si l'on passoit de la considération des différens peuples comparés les uns aux autres , à la vue de chaque peuple considéré séparément, on pouvoit alors l'envisager d'abord comme un tout ; et c'est ce qui vous fournira la matière de deux sortes de remar([ues.
Les unes, sur le caractère, le génie et les mœurs de cha<Tue nation , qui ne méritent néanmoins d'élre observées avec Soin , que par rapport à notre nation et à celles qui nous eiiviroiincnt.
Les autres , par rapport aux différentes formes de
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gouverncmeni , dont vous aurez |)ris une idée ji[énérale , par la lecture des traités f(ue je vous ai indiqués , en parlant des préliminaires rie l'iiisloire : vous y aurez vu (pour réunir ici, ccmme dans un tableau , tout ce qui doit être le sujet de vos remarques , sur une matière si importante ) , vous y aurez vu , dis-je , que Unîtes les formes de gouvernement se réduisent à deux prinripales : le gouvernement d'un seul , et le gouvernement de plusieurs , c'est-à-dire , la monarchie et la république. Mais , comme ces deux formes sont souvent mêlées , et comme tempérées l'une par l'autre , ce sont ces divers tempéramens , et ces combinaisons de différentes espèces de gouvernement, qu'un esprit, qui cherche à s'instruire à fond , doit observer attentivement , dans la lecture de l'histoire. Il y a , d'ailleurs , des différences importantes dans la manière de déférer ou de transmettre la suprême puissance , qui méritent aussi d'être remarquées avec exactitude.
Ainsi, la distinction des monarchies en royaumes électifs , en royaumes héréditaires , et en royaumes patrimoniaux, c'est-à-dire, dont on peut disposer librement ( s'il est vrai qu'il y en ait enc((re qui soient véritablement de cette nature ) , et la subdivision des royaumes héréditaires en monarchies affectées aux mâles , et en monarchies transmissibles aux femelles , au défaut des mâles, vous rendront attentif à tout ce que vous trouverez dans l'histoire sur l'élection , sur la succession ou sur la disposition des monarques.
Elle vous apprendra que la plupart des monarchies de l'Europe ont toujours été tempérées , soit par un reste des anciennes mœurs des germains et des gaulois, qui , dans le sein même de la barbarie, avoient presque tous un gouvernement modéré; soit parce que les sciences et la politesse, qui ont établi depuis long-temps leur demeure en Europe , y ont aussi adouci la rigueur du gouvernement, en rendant les hommes plus susceptibles de respect pour ia
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raison et pour les lois j soit en!in par un effet de la religion cliielienne , cpii enseii,'ne la modération à tous les liommes , et qui apprend aux peuples à révérer, dans les rois, l'image; de Dieu, et aux rois , à exprimer cette imaïqe par leur bonté.
Comme les monarcliics sont tempérées en Europe, les républiques le sont aussi. On ne voit guère de démocratie, d'oligarcliie ou d'aristocratie (pour se servir ici des termes de Fart), qui soient entièrement pures et sans mélanine d'auciuie des deux autres formes de république. Plusieurs auteurs ont même pensé qu'une républitj'iie ne peut pas èlre bien constituée, si elle n'est composée des trois difFérenles espèces du fifouvcrnement républicain ; et que c'est parce que la république romaine avoit cet avantage , qu'elle s'est soutenue , sans altération , pendant plusieurs siècles; en sorte que la dissolution d'un corps si bien composé , n'est arrivée que parce que l'équilibre , ou , si vous le voulez , l'harmonie des trois espèces de républiques dont il étoit formé , a été rompue , et que l'une des espèces a pris le dessus sur les deux autres.
Par ces idées générales , que je ne fais que vous montrer , m<m cher iils , vous comprendrez aisément ce que vous devez remarquer, à cet égard, en lisant l'histoire.
Toiit ce qui regarde la nature et la constitution essentielle de chaque espèce de gouvernement , sa composition , et, si je puis parler ainsi , sa température ou sa mixtion , les causes des différentes révolutions qui y sont arrivées , et des changemens d'une espèce de gouvernement en un autre , en un mot la naissance, le progrès, le dernier période de la grandeur d'un élat , son alfoiblissement , sa décadence, sa destruction, sont des objets vraiment dignes de l'atlenlion de l'esprit humain , encore plus de ceux qui sont destinés à servir la république. Ce sera donc le premier objet de vos remarques, par rapport à chaque nation , considérée comme ne faisant qu'un seul (.oui.
Le second , qui est une suite du premier , ce sont les lois et les usaiies observe's , comme des lois , dan^ chaque pays.
Vous m'apprendriez, si je ne le savols pas , mon cher fils , vous qui êtes à présent un grand jurisconsulte , que le droit se divise en droit puhlic et en droit privé ; vous savez la définition et la différence de l'un et de l'autre. Ce seroit une peine infinie et un travail souvent inutile, de vouloir entrer dans le détail des lois de chaque peuple , qui ne regardent que le droit privé, et l'histoire même ne vous les fourniroit pas exactement. 11 est bon d'avoir des livres où ces lois sont recueillies , pour les consulter dans les occasions où l'on peut en avoir besoin ; mais il y a bien des choses qu'il faut placer dans sa bibliothèque, et qu'il seroit superflu de vouloir mettre dans sa tcte. Ainsi, je retranche d'abord de vos remarques , tout ce qui ne regarde que le droit privé de chaque nation , à moins que vous ne trouviez , quelquefois , en lisant l'histoire , des lois ou des usages de cette nature, qui vous paroissent dignes de servir d'exemples ou de préjugés pour appuyer ou pour perfectionner quelques points de notre jurisprudence j auquel cas vous ferez bien de les remarquer.
Vous vous renfermerez donc, mon cher Ç\\s , dans le droit public j et, quoique celui de votre pays mérite beaucoup plus d'attention, vous ne négligerez pas néanmoins ce que vous trouverez dans l'histoire, sur le droit public des autres nations. Deux raisons principales vous en feront sentir l'utilité :
L'une ^ que cette connoissance donne beaucoup plus d'étendue à l'esprit , que celle du droit public qui nous est propre. La comparaison des difïérentes règles que chaque nation a établies dans l'ordre public le met en* état de juger , sans prévention pour son pays , et sans une admiration imprudente pour d'autres nations, de ce qui est le meilleur pour en faire usage, avec un esprit de législateur plutôt que de jurisconsulte, et avec une sagesse qui prévoit tous
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les inconvéniens dans les n'glemens nouveaux qu'on propose , et dans ce qui peut avoir rapport au gouvernement.
L autre, que, faute de cette connoissance du droit public des autres nations, ou du moins de celles qui nous environnent , on prend souvent de fausses mesures en traitant avec elles; on tente vainement des choses qui ne peuvent réussir; on aliène, on révolte ou l'on indispose au moins leurs esprits; et, quoique la connoissance de leurs intérêts présens , et de leurs dispositions actuelles , soit encore plus nécessaire , il est cependant fort utile d'être instruit de leur gouvernement, de leurs maximes dominantes, et de tout ce qui compose leur droit public, surtout dans les états républicains, où l'on s'écarte moins aisément des règles générales , et où l'on s'attache plus à cerlains principes suivis et uniformes, qui y sont regarflés comme essentiels pour leur conservation.
Ce droit pid)lic , soit qu'il nous soit propre, on que ce soit pour nous un droit étranger, se divise en deux espèces , dont l'une est le droit public , temporel ou profane , parce qu'il ne regarde que les choses de la lerre , et ne tend qu'à procurer une félicite' présente ; l'autre est le droit public spirituel ou sacré,, parce qu'il a pour objet les choses célesles, c'est-à-dire, la religion , et pour teime, la béatitude éternelle : ce qui ii'cnipèche pas que le souverain n'y exerce son autorité , soit comme roi dans. les matières mixtes, soit comme protecteur de l'église dans les matières purement spirituelles.
Je ne vous parlerai plus ici de cette seconde espèce de droit public, parce (jue je m'en suis assez expliqué avec vous, en traitant des choses divines, par rapport à notre objet présent, c'est-à-dire, à ce que vous devez remarquer en lisant l'histoire.
La première, c'est-à-dire, le droit pu l>lic temporel, comprend,
i.° La législation ou le pouvoir de faire des lois, et les lois mêmes;
ÉTCDE DE l'histoire. 7^
2.° L'exercice de la puissance publique dansl'adminislralion de l'état;