ÉTUDE POUR LES FONCTIONS D*AVOCAT DU ROT. I
effet , ce qu'ils veulent dire. Le seul moyen d'éviter lin si grand de'faut, est de prendre, dans ia jeunesse, l'habitude de ne dire que ee que l'on conçoit, et de le dire de la manière la plus propre à le faire concevoir aux autres. On apprendra, par là , à parler toujours juste , et à prévenir une certaine précipitation qui confond les idées, et qui est la source de tous les paradoxes et de toutes les disputes que la conversation fait naître entre des gens qui ne se battent que parce qu'ils ne s'entendent pas les uns les autres.
Le second , est de ne pas croire qu'il ne faille s'expliquer correctement que quand on parle en public. La facilité de le faire dans un grand auditoire, sans le secours de Ja mcmoire, ne s'acquiert parfaitement qu'en s'accoutumant dans les conversations les plus communes , à suivre exactement les règles de la langue, à ne se permettre aucune faute, aucune expression mauvaise ou impropre , et à se réformer même sur-le-cbamp , lorsqu'il en échappe. Parler correctement , parier proprement , c'est l'ouvrage de l'habitude ; et l'habitude ne se forme que par des actes réitérés et presque continuels.
Je désire donc à notre jeune orateur , sur ce point comme sur tous les autres, le don de la persévérance j et il méritera de Tobtenir, s'il s'applique à s^inslruire par principe de devoir , et surtout dans cet esprit de religion qui doit animer tous nos travaux ^ qui en adoucit la peine , et qui peut seul les rendre véritablement utiles.
D'Aguesseau. Tome XV^,
l3o CINQUIÈME INSTRUCTION.