‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., augmentée de pièces échappées aux premiers éditeurs, et d'un discours préliminaire (volume 5)Chapitre 30 sur 73 · OUVRAGES A LIRK DES A PRÉSENT · texte numérisé non relu

OUVRAGES A LIRK DES A PRÉSENT

On les placera ici , suivant l'ordre des diflférens points qu'on a distingués en commençant.

On se contentera , sur ce point, comme sur les autres, d'iudicpier les auteurs. On ne liniroit point , si l'on vouloit porter ici un jugement exact sur leurs ouvrages , et il ne faut pas prévenir celui de notre avocat-général , dont ils doivent subir la critique. On y joiudra seulement quelques notes très-courtes , lorsfju'elies pourront êlre nécessaires.

Traité de M. le frayer, sur l'autorité des Rois dans l'administration de l'Eglise^ et celui du même auteur y sur L'autorité du Roi à l'égard de l'âge des vœux de religion. Ces deux ouvrages méiitent nonsenJemeut d'êlre lus , mais d'être médités; il n'y en a guère de plus lumineux ni de plus méthodiques sur cette matière , et où l'on ait mieux su conduire

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l'esprit des commençans, par les idées les plus claires, et par les principes les plus féconds.

Grotius , de imperio summarum potesiatiim circa sacra. C'est un livre digne de la protondeur du génie et de la \aste érudition de son auteur. Aucun ouvrage, au moins , n'est plus propre à donner lieu d'aller jusqu'au fond d'une matière si importante, dont on peut le regarder comme la partie mélaphjsique.

Il mérite, peut-être par là , qu'on en dise beaucoup plus tle bien que de celui de M. le Vajerj mais en récompense on peut en dire aussi beaucoup plus de mal.

C'est donc un livre qu'on ne sauroit lire avec trop de précaution , si l'on veut y démêler exactement le vrai et le l'aux. La diflerence qui les sépare est quelquefois si déliée, qu'elle échappe à des yeux médiocrement attentifs 5 et il vaudrait mieux ne point lire du tout cet ouvrage, que de ne le pas étudier avec assez d'application pour en tirer une utilité qui doit consister plutôt dans ce qu'il donne lieu de découvrir par ses défauts mêmes , que dans ce qu'il présente au premier coup-d'œil.

C'est pour en recueillir ce fruit , qu'il faut s'attaclicr principalement à en épurer les premières notions , à examiner si les termes généraux y ont été définis assez exactement , s'il n'a point supposé ce qui avoit besoin d'être prouvé , et donné pour des axiomes , ou pour des premiers principes , des propositions qui éloient très- disputables ; en un mol, s'il n'est pas possible de remonter encore au-dessus de la mélapliysifjue de Grotius , pour y trouver des idées supérieures aux siennes , d'autant pliîs dignes de recherches, qu'elles tendent à établir une véritable concorde entre les deux puissances , en accordant à chacune ce qui ne peut lui être justement refusé.

La lecture de Grotius , faite avec précaution , et en se tenant toujours en garde contre la simplicité et en même temps la profondeur appar;'ntc de ses raisoanemens , peut être infiniment utile. C'est

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un de ces ouvrages qu'on doit regarder comme la piei rc de touclie d'un bon esprit ; et un jeune îiomme , qui en aura su bien discerner le bon et le mauvais , aura fait , avec moi , des preuves de justesse, de précision, et de solidité dans les juge mens.

Songe du Verger j ou Dialogue du Clerc et du Chevalier. C'est un ouvrage qui a eu une grande réputation, et il est important de le lire, comme un monument de l'ancienne tradition de la France, sur la distinction des deux puissances. On y trouve les meilleurs principes , mêlés avec beaucoup de puérilités , qui ctoient encore à la mode dans le temps que l'auteur a écrit. Quel est cet auteur? et dans quel temps a-t-il vécu ? C'est sur quoi nos critiques ne sont pas d'accord. On peut lire la dissertation qui a été imprimée , sur ce sujet, dans la nouvelle édition des libertés de l'église gallicane y où le songe du Verger ^ qui étoit devenu assez rare , a été compris parmi les traités qui remplissent les deux premiers volumes de cette édition.

Au reste , comme il y a bien des landes dans cet ouvrage , et même des digressions inutiles et souvent frivoles , il faut savoir le lire de telle manière, que , en négligeant ce qui est de cette espèce j on ne s'attache qu'à ce qui peut mériter le temps qu'on y donnera.

Loiseau , et M. Domat. Quoique ce que ces deux auteurs ont écrit sur la distinction des deux puissances soit fort court , ils avoient tous deux un si grand sens , que les momens qu'on emploiera à les lire, ne seront pas perdus.

Articles de M. Èithou, sur les libertés de V église gallicane. La lecture en sera bien placée après cette première étude des principes généraux de la matière.

Il sera bon de les lire dans l'édition in - quarto , avec les notes de M. Pitbou.

Défense de la déclaration donnée par le clergé de France y en 1682, par Bossuet. Il suffira de lirC;,

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quant à présent , la troisième partie de cet ouvrage, fjui contient cinq livres; outre que les principes gén-raux de la matière y sont rappele's, on v voit la suite des faits (jui y ont rapport, et la connoissance en est très-importante, dans une matière qui de'pend du faitpresrjue autant que du droit. Entre le prince et ses sujets , c'est la loi qui fixe les principes , et elle se suffit pieinement ù elle-même ; mais entre les souverains, ou entre deux puissances indépendantes 1 une de l'autre et naturellement jalouses , les exemples ont souvent plus de force que les luis.

Traité manuscrit de M. Le Merre , de la discipline de l'église de France , et de ses usaî^es particuliers. Cet ouvrai^^e contient plusieurs réflexions, aussi solides qu'utiles, sur les dilïérentes espèces de lois eccléslysliques et leur autoriié , aussi bien que sur les matières que l'on doit regarder comme 'mixtes; et la lecture qu'on en fera , servira comme de passage ou de transition , entre ce qui est de raisonnement ou de spéculation , et ce qui est d'un plus grand usage dans la pratique.

Préliminaires de la seconde Espèce , c'est-à-dire , oui appartiennent en entier au Droit Ecclésiastique.

Art. i.*^'" Histoire de ce Droit. Il y en a une abrégée, à la tête de {'institution au droit ecclésiastique de l'abbé Fleur j , mais elle est bien superficielle.

Il y en a une autre de M. Doujat , qui est plus étendue , et par laquelle on peut commencer.

Mais , ce qu'il y a de meilleur à lire, sur ce sujet, pour les commençans , ce sont les pj'énotions canoniques du même auteur, ou, du moins, les cinq premiers livres de cet ouvrage , dans lequel il y a beaucoup de choses qui ne sont bonnes qu'à parcourir.

Art. '1. Notice ou Connoissance des différentes Collections , ow Corps du droit canonique. Outre ce qu'on aura déjà vu , sur ce sujet , dans les prénO"

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lions canoniques de M. Doujat , il faut lire, avec attention, le traité de François Florent, Je origine et avte juris canonici. C'est un des meilleurs ouvrages qui aient élé laits, pour initier la jeunesse dans l'étude de ce droit.

On peut encore y ajouter , si l'on en a le temps , la lecture des prolégomènes que Beveregins a mis à la tête du recueil qui a pour litre ^ pandectœ canonum , etc.

11 est bon , outre cela , de se familiariser avec ces différentes collections , en parcourant les différens recueils qui en ont été faits , comme celui de M. Pithou , celui de Justel , celui de Beveregius , etc.

La vue des pièces mêmes , affecte davantage que ce qu'on en lit dans les auteurs; et d'ailleurs on apprend, par là où l'on peut les trouver , quand on en a besoin. La connoissance des livres , et de ce qu'on doit y chercher , est une science plus nécessaire qu'on ne peut le dire à un bon avocat-général.

Art. 3. Institutions au droit ecclésiastique. LeS plus aisées et les plus agréables à lire^ peut-être même les plus utiles par rapport à nos usages, sont celles de M. l'abbé Fleury.

Le livre de Duaren, qui a pour titre, de sacris ecclesiœ ministeriis, et qui est aussi une espèce d'institution au droit ecclésiastique, a quelque chose de plus noble et de plus élevé; il est d'ailleurs si bien écrit et en si beau latin, que la lecture en est nonseulement utile mais agréable.

L'ouvrage de Melcliior Pastor sur les bénéfices y est encore un livre élémentaire en cette matière ; et en y joignant les notes de Solier , on peut y, acquérir une première teinture de la jurisprudence canonique , rapprochée de nos maximes et de nos usages.

Il ne sera pas inutile d'y joindre la lecture des Paratïtles de Canisius sur les décrélalesj c'est un ouvrage fort court, mais qui sufiit pour donner une notion générale de (c qui est contenu dans chaque livre et dans chaque titre des décrétales , qui , sans

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être respectées en France comme des lois , y ont été néanmoins adoptées en quelque partie par l'usage, et qui ont toujours le mérite d'une collection méthodique , à laquelle nos auteurs même ont rapporté leurs travaux.

Enfin , un ouvrage qui peut aussi tenir lieu d'élémens , el qui doit être lu avec encore plus d'attenlion que' les autres, est le traité des bénéfices de Pra-Paolo. Oa y trouvera même des principes sur la distinction des deux puissances , qui sont au-delà de l'objet prop'-e de ce livre; et il est bon de commencer à faire connoissance avec un auteur dont il y aura bien d'autres ouv? âges à lire dans la suite.

Auroste, en finissant cet article, il n'est pas mauvais de rappeler encore ce que j'ai remarqué plus baut , que l'étude des deux espèces de préliininaires du droit ecclésiastique , doit être faite conjointement , en donnant une partie du temps qu'on y destine à la lecture des ouvrages qu^on vient d'indiquer sur la distinction des deux puissances ; et l'autre partie à l'étude de Vliistoire^ à celle de la critique des différentes collections ^ et enfin à celle i\es institutions du droit ecclésiastique.

Comme il ne s'agit à présent que de se remplir l'esprit des premières notions générales , la simple lecture sera suffisante, sans y joindre un autre genre de travail ; et comme en lisant les livres dont on a parlé, on verra les mêmes choses répétées en plusieurs manières différentes^ il sera bien difficile qu'il n'en reste toujours une grande partie dans une tête qui a encore tous les avantages de la jeunesse. Les idées qu'on aura saisies, quoique superficiellement,, s'éclairciront , se digéreront , et s'affermiront plus parfaitement dans la suite, par le travail qui doit les suivre.

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