ÉTUDE DU FOND DES MATIÈRES
Étude des textes.
Art. I et 2. Pragmatique Sanction et Concordats Avant que d'en commencer la lecture ; il faut lire Y histoire que MM. Dupuy ont écrite, de l'une et de l'autre, c'est la meilleure préparation avec laquelle on puisse entreprendre celte lecture , et elle servira beaucoup à diriger le jugement qu'on doit porter de ces deux ouvrages.
Il y en a des commentaires diiTérens : la glose du président Guimier , sur la pragmatique , est un ouvrage estimé depuis long -temps, et on le rendroit beaucoup meilleur, si on en retranclioit tout l'inutile j mais il n'est pas encore temps de se jeter ni dans cette lecture, ni dans celle des interprèles du concordat , ou des auteurs qui ont écrit sur les matières qu'il renferme. Je ne sais même si ce t^mps viendra jamais , et si l'on ne fera pas mieux de regarder ces ouvrages comme des livres qui sont bons a consulter, sur les difficultés particulières qui se présentent dans le courant des affaires, plutôt que d'employer son temps à les lire de suite, avec plus de peine et d'ennui que de véritable utilité.
La bonne manière d'étudier, d'abord . la pragmatique et le concordat , comme la plupart des lois, est de travailler à en bien entendre le texte, et à se former une idée claire de leurs dispositions.
On peut en faire une espèce de précis ou d'analyse^ pour les graver plus profondément dans la mémoire. ToU'tes les matières qu'on y trouve, ne méritent pas même que Fon prenne cette peine ; et il suffira de le faire sur les titres de coUationihus , de causis , de pacijlcis possessoribus , de frivolis appellationïhus , qui se trouvent également dans l'une et dans Tautre , en y ajoutant, pour le concordat, le titre deregiâ ad prœlaturas nominatione faciendâ.
Il ne faudra pas oublier de joindre aux titres de la
l5o CINQUIÈME INSTRUCTION.
pragmatique, et du concordat, de collationibus , tout ce qui se trouve , sur les gradués , dans les ordonnances ante'rieures et postérieures au concordat y moyennant quoi on aura épuisé en quelque sorte une matière qui est d'un grand usa^^e, au moins pour tout ce qu'il est nécessaire de savoir , afin de se mettre en état d'étudier les questions particulières qui se présentent fréquemment sur ce sujet.
Il y aura bien d'autres choses qu'il faudra lire dans la suite , par rapport à la pragmatique et au concordat j mais on ne parle à présent que de ce qui presse le plus.
Art. 3. Concile de Trente. Tout ce que l'on vient de lire dans l'article précédent, peut s'appliquer aussi à l'étude du concile de Trente.
Lire les sessions qui regardent la discipline j tâcher, dans cette première lecture, d'en bien entendre le texte, et, sans se piquer quant à présent, d'apprendre exactement sur ce concile tout ce qui est de cntjque et d'érudition, se contenter d'en acquérir une notion suffisante, pour être en élat de le mieux étudier dans la suite j c'est à quoi se réduit tout ce que j'ai à demander d'abord sur ce sujet. Il seroit bon seulement, d'y joindre la lecture des notes ma^ nuscrites de M , le M erre , sur ce concile , pour commencer à y bien distinguer ce qui est contraire et ce qui est conforme à nos maximes ou à nos usages, et apprendre les principales règles de notre droit, en le comparant avec celles du droit que le concile de Trente avoit voulu établir.
Il viendra un temps où il faudra reprendre plus à fond l'étude de ce concile, en lire les deux célèbres histoires , et les comparer l'une avec l'auJrc , au m!)ins dans les endroits les plus intére.ssans pour les maximes de la France ; voir les différens recueils de pièces qui ont rapport à ce concile, et les principaux -écrits qui ont été faits pour en favoriser ou pour eu empêcher la réception dans ce royaume.
ÉTUDE DU DROIT ECCLESIASTIQUE. lOI