CINQUIÈME NOTION GÉNÉRALE
Après avoir parlé en général de perfection et de félicité, il est temps d'en distinguer deux genres ou deux espèces différentes.
La première se renferme dans les bornes de la vie présente , et l'on peut dire que la perfection et la félicité humaine , considérées dans l'espace si court du te&ps que l'homme passe sur la terre, dépendent d«
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hon usage qu'il Tail des biesis el des maux de celte vie dans la société et dans l'état oii la providence l'a placé.
La deuxième espèce de perfection et de félicité ne conrioît aucunes bornes; elle franchit celles de la vie présente , et, plus forte que la mort même , elle a pour objet les biens ou les maux d'une vie qui ne finira jamais.
J'ai déjà observé ailleurs que nous en trouvons une espèce de présage on de pressentiment au dedans de nous-mêmes; les pensées et les désirs de notre ame nous annoncent qu'elle porte en sou sein comme un germe d'immortalité : la raison nous confirme dans ce sentiment , par les conséquences qu'elle lire des idées que nous avons de la science divine ; et enfui la révélation surnaturelle achève de nous convaincre de la réalité des biens et des maux de la vie future.