‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., augmentée de pièces échappées aux premiers éditeurs, et d'un discours préliminaireChapitre 11 sur 42 · PREMIÈRE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PROPOSITION

■ Trois conditions également prescrites par le droit et les ordonnances, pour rendre une exhérédatioa aussi juste que solennelle.

Première condition. Que la cause en soit approuvée par la loi. On ne suit plus l'ancienne sévérité du droit romain , qui donnoit un pouvoir sans bornes à l'autorité des pères , juges à la vérité dans leurs familles, mais ils doivent rendre compte de leur jugement à un tribunal supérieur.

Ici cause approuvée par une loi expresse- loi sainte , loi salutaire , unique remède capable d'arrêter la licence des mariaujes.

Le tils s'est marié sans le consentement de son père, lils mineur de vingt-cinq ans; sans sommations , sans réquisitions ; ingratitude , désobéissance , injure atroce.

Le .fait constant par la confession même de ce fils. Le père a usé de son pouvoir. Exhérédation prononcée par le père et la mère, jugée valable par une sentence contradictoire, de laquelle il n'y a jamais eu d'appel.

Seconde condition. Que la cause soit expliquée. On ne la présume jamais : encore une fois le père doit rendre con»pte de ses motifs à la justice.

Ici le père l'a marquée expressément dans un acte valable, j)ublié, insinué. Rien de plus solennel.

Troisième condition. Que celle cause soit prouvée. Le iils lui-même la reconuoît.

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