La transaction passée avec Madame de Longueville
Observez , s'il vous plaît , Messieurs j sur cet acte, qu'il est impossible de présumer que M. l'abbé d'Orléans ait pu seulement lire les longues dispositions qu'il contient.
Il arrive à Paris le i5 janvier au soir, il signe cet acte le lendemain matin.
Qu'on ne dise point que cet acte étoit tout dressé avant le départ de M. l'abbé d'Orléans^ et qu'il y avoit même un avis de parens qui lui permettoit de le passer. Les choses étoient chargées depuis ce temps là : on proposoit alors de faire faire une estimation des terres par des experts j dans la suite, ce sont les parties qui ont fait elles-mêmes l'estimation. Ainsi ce n'étoit plus le même acte qu'on avoit autrefois résolu de passer : c'étoit un acte tout nouveau , qui demandoit une longue méditation ; et en effet, on s'est enlin réduit à vous dire qu'il n'est pas surprenant que M. l'abbé d'Orléans ait signé cet acte sur la foi de son conseil, puisque des personnes très-sages font tous les jours la même chose. Mais si cela est , il n'en faut pas davantage pour faire voir que cet acte n'est d'aucune conséquence , puisqu'il ne justifie point invinciblement la sagesse de celui qui l'a signé.
Fl n'est pas nécessaire , pour faire admettre la preuve que l'on vous demande, de démontrer que
tous les acles prouvent la ilcmencc de M. l'abbé d'Orléans; il siittit de faire voir qu'ils ne sont pas des signes certains de la sagesse et de la liberté de son esprit.
2." Les contrats de constitutions qui suivent cet acte, n'ont pas plus de force et il'aulorilé que l'acte même ; ils n eu sont que la suite et rcxi'cutiou.
3." La vente de la terre de Nesie , faite par M. le prince de Coudé à M. l'abbé d'Orléans, n'a rien qui soit plus personnel que les act^s précédens , et (pil ne puisse être suppléé par le ministère d'autrui. Vous vous souvenez même, Messieurs, de celle circonslance imporlante qui peut faire piésumer que M. l'abbé d'Orléans n'y a contribué que de sa signature. Le projet de cet acte éloit tout dressé avant l'arrivée de M. l'abbé d.Orléans. La ])rocuration de M. le prince de Coudé pour le signer est du i5 janvier • elle est au bas de ce projet, auquel on n'a rioa changé dans la suite : et quoiqu'on ait différé de signer l'acte jusqu'au 3i janvier, il est toujours constant qu'il étoit tout dressé indépendamment de la volonté de M. l'abbé d'Orléans.
4." La donalion faite à M. le comte de Saint-Pol par M. l'abbé d'Orléans , réunit les deux faits principaux de tous ces actes, c'ésl -à-dire , le dessein de donner une entière décharge à Madame de Longueville, et celui de dépouiller entièrement M. l'abbé d'Orléans de la propriété de ses biens.
On s'est servi de pkisieurs moyens pour effacer cette couleur qui est répandue sur cette donation j mais comme ils ne regardent pas moins les autres actes que celui-là, nous difierons d'y répondre, iusqu'à ce que nous ayons achevé de vous expliquer les circonstances particulières des actes qui suivent.
5.° Les pensions viagères ne demandent encore qu'une simple signature. ,
G." Il en est de même des démissions des gouverîiemens.