‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 18 sur 67 · I.f Tcuip- .lève , abal les trône.» iricer l.iin - . etc · texte numérisé non relu

I.f Tcuip- .lève , abal les trône.» iricer l.iin - . etc

Ce que je dis ici du temps comme agent et ministre «les

desseins du Très-Haut, le Dante le dit de la Fortune, qu'il regarde aussi comme le ministre de la Providence. Voici la magnifique peinture qu'en fait le poêle italien, reproduite dans la traduction de Rivarol, qui a fort embelli son original :

« Celui dont le regard embrasse les mondes, entrelaçant « jadis leurs orbes dans les cieux, dit à ses ministres deré- « gler la course des torrents de lumière, et l'harmonie des « globes. A sa voix, une divinité puissante vint ici-bas s'as- « seoir au trône des splendeurs mondaines. C'est elle dont « la main promène de peuple en peuple, et de race en race, « la honte ou la gloire, et qui trouble à son gré les conseils « de l'humaine sagesse. Invisible comme le serpent sous « l'herbe, elle distribue aux enfants des hommes les fers ou « les couronnes, et les soupirs de l'Ambition n'arrivent pas « jusqu'à elle. Collègue de l'empire des mondes, elle prévoit, « juge, et règne à jamais ; l'inflexible Nécessité, qui la défi vance, sème les événements devant elle, et sollicite sans « relâche son infatigable vicissitude. La voix mensongère « des peuples a souvent flétri son nom : souvent, après des « bienfaits, elle a reçu la plainte outrageuse de l'homme; « mais, heureuse dans sa sphère, et sourde à ces vaines cla- « meurs, elle agite sa roue, et poursuit au sein des Dieux sa <( paisible éternité. »

Déjà dans Amalfi la boussole est trouver.

« La boussole, dit fort bien Montesquieu, ouvrit pour « ainsi dire l'univers. On trouva l'Asie et l'Afrique, dont on « ne connaissait que quelques bords, et l'Amérique, dont « on ne connaissait rien du lout. »

PAGE 128, VKRS 3.

AlOfl dm lTnivers tout prit une autre face. I/.irt fameux qui rapproche et les temps et l'espace, Partout de la pensée envoyant le trésor. Vient imprimer au Monde un plus rapide essor.

Rivarol, dans son discours sur la formation du langage, qui devait précéder son nouveau dictionnaire de la langue française, avait fait un morceau très-brillant sur l'origine et les résultats de Pécrilure et de l'imprimerie. Comme ce discours, où il avait déployé toute la sagacité et tout l'éclat de son esprit, a sans doute subi le sort de ses autres manuscrits, et qu'il est perdu, les lecteurs me sauront gré peutêtre de chercher ici à leur rappeler ce morceau brillant sur l'écriture ; mais j'avertis que je ne le reproduis que de mémoire, et qu'ainsi il ne faut le regarder que comme un à peu près, où sans doute Rivarol aura beaucoup perdu.

« Un homme, et c'est sans doute un des plus puissants « génies qui aient jamais existé, un homme s'aperçut que ■ ce n'élait pas les objets qu'il fallait peindre, puisqu'ils l'é- « taient déjà par la parole, mais que c'était la parole même < qu'il fallait peindre ; qu'il fallait, en un mot, faire la pein- « ture de la peinture. Or, pour cela, il fallait l'analyser et « ligurer les diverses ouvertures du gosier et les différents « mouvements de la langue et des lèvres. C'est ce pas en ar- « rière, où le hasard ne fut pour rien, puisqu'il est tout à « fait algébrique, qui place l'inventeur de l'écriture au pre- « mier rang des bienfaiteurs du genre humain. Celui qui l l'alphabet remit dans nos mains la clef de la Nature " <•! le fit d<* nos pensive

i de Im que nous vient cet irt prodig irole ri de parler rai jeta

« et non pas cet art ingénieux, comme l'a dit un poète trop « peu pénétré de la sublimité de l'alphabet. La Nature ayant « donné la voix à l'homme, et la voix ayant donné la parole «. à la pensée, le génie donna l'écriture à la parole, et la pen- « sée devint maîtresse des hommes par la parole, et des « temps et des espaces par l'écriture. Enfin la découverte de « l'imprimerie lui assura des titres éternels à cet empire. « En effet, l'imprimerie, en multipliant les livres à l'infini, « a mis l'Art en état de dire à la Nature : J'égalerai le nombre « des livres au nombre des hommes, mes éditions à tes gé- « nérations, et mes bibliothèques, semées sur toute la sur- « face de la terre, triompheront des temps et des éléments, « de l'ignorance et de la barbarie. »

PAGE [30, vers I.

Siècle à jamais fameux ! etc.

On reconnaîtra facilement dans cette tirade un morceau fameux de M. le cardinal Maury, qui fut très-applaudi dans le temps, et qui m'a semblé si beau que je n'ai pu résister au désir d'en faire passer les principaux traits dans mon tableau du siècle de Louis XIV.

Voilà quel fut pour nous le siècle de la gloire.

Je n'examinerai point ici si les Français furent vraiment heureux sous Louis XIV. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils

furent grands, et la gloire est le bonheur politique des nations. Les Spartiates et les Romains ne furent pas heureux, mais ils furent grands ; et c'est là le but principal que se propose le législateur ou le prince.

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