LE TOMBEAU DE LA JEUNE VIERGE
Ce qu'il aime s'échappe , on n'est point sur la terre-
(Ducis. )
Toi qui nous fus sitôt ravie , Dans l'éclatante fleur de ta jeune beauté , Ne crains pas que jamais , sur ta cendre chérie r Pèse un lourd monument par l'orgueil apprêté.
Mais, sur le gazon de ta tombe, La rose étalera ses vermeilles couleurs ; Mélancolique ami de l'homme qui succombe , Le cyprès y joindra sa verdure et ses pleurs.
Sous ces fleurs repose endormie !
Quand j'irai près de toi moduler quelques vers, Je croirai respirer l'âme de mon amie, Dans ces légers parfums qu'agiteront les airs.
Près de cette source azurée , Souvent viendra s'asseoir la rêveuse Douleur ; Triste, elle inclinera sur ta cendre sacrée Sa tête languissante et son front sans couleur.
Mais bientôt d'un pas taciturne, Elle fuira, livrée à des pleurs superflus, De crainte que ses pas n'épouvantent ton urne En troublant le sommeil de celle qui n'est plus.
Nos pleurs, hélas! sont inutiles; La Mort n'écoute point les plaintes des mortels ; Pour attendrir ce Dieu nos humes sont stériles, mu prodigué* mearenl rar te» tutêU.
Nous n'en versons pas moins des larmes, De nos gémissements l'air n'est pas moins troublé Et toi , qui de l'oubli voudrais m' offrir les armes , Tu pâlis!... et des pleurs dans tes yeux ont roulé.