‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 25 sur 67 · OU LA ROMANCE DE JEAN SBOGARD · texte numérisé non relu

OU LA ROMANCE DE JEAN SBOGARD

L'anémone est la fleur que j'aime.

Jeune Heur, honneur de la plaine, Malheur à toi si le hasard T'a fait naître sous le domaine Du redoutable Jean Sbogard !

Aimable et brillante Anémone, Lorsque le doux Zéphir, compagnon du printemps, Vient , d'un souffle amoureux , de ta riche couronne

Ouvrir les trésors éclatants :

Quand la pelouse ranimée S'orne de ta verdure et de tes frais bouquets ; Quand , aux feux du matin , ton haleine embaumée

Parfume l'ombre des bosquets :

Jeune fleur, honneur de la plaine Malheur à toi si le hasard T'a fait naître sous le domaine Du redoutable Jean Sbogard !

En vain à son œil formidable # Le groupe de tes sœurs étale ses appas , Du sombre empressement de cet homme implacable

Tes sœurs ne te sauveront pas.

Vainement ta tige discrète Voudrait au fond des bois se perdre et se cacher, Jusque dans ta lointaine et sauvage retraite

Le cruel irait te chercher.

Jeune fleur, honneur de la plaine , Malheur à toi si le hasard T'a fait naître sous le domaine Du redoutable Jean Sbogard !

Page 1