‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 40 sur 67 · LE VAISSEAU · texte numérisé non relu

LE VAISSEAU

Et fulminis ocior alis.

. (VlRG.)

Fils des forêts , et roi des ondes , Salut , ô magnifique et rapide Vaisseau , Toi , dont le vol hardi , sur les plaines profondes

Devance le vol de l'oiseau !

Tu cours , emporté par l'audace , Du bord par le Soleil sans relâche brûlé , Jusqu'au bord où s'étend la ceinture de glace

De l'âpre et sauvage Thulé.

ËTUftES POÉTIQUES. 283

Ta fierté se rit de l'orage Qui soulève le gouffre entr'ouvert sous tes pas : Vainement l'Aquilon te poursuit de sa rage ,

L'Aquilon ne t'arrête pas.

Ta voile, en franchissant les ondes, Sème au loin tes bienfaits , laissés de ports en ports ; C'est par toi que , sans fin , commercent les deux mondes .

Dont tu dispenses les trésors.

Si la sombre voix de la Guerre Retentit , et t'appelle à des jeux plus sanglants . Tu fais à l'ennemi redouter le tonnerre

Que tu recèles dans tes flancs.

A peine tes bronzes mugissent , Que bientôt d'Albion les guerriers engloutis , Sous leurs mâts enflammés, roulent, s'ensevelissent

Dans les abîmes de Thétis.

Fils des forêts , et roi des ondes , Salut , ô magnifique et rapide Vaisseau , Toi , dont le vol hardi , sur les plaines profondes j

Devance le vol de l'oiseau!

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