‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 41 sur 67 · IMITÉ DE L'ANGLAIS · texte numérisé non relu

IMITÉ DE L'ANGLAIS

Meminisse juvabit.

Aux bords du liendemer est un bosquet de roses, Où le rossignol chante et la nuit et le jour; Au milieu de ces fleurs nouvellement éeloses , Lorsque j'étais enfant , je fixais mon séjour.

Le chant de cet oiseau , pour mon àme ravie , Était, je m'en souviens, comme un songe enchanté; Et lorsque le printemps vient recréer ma vie , Je m'en rappelle encor toute la volupté.

Je me demande alors si toujours Philomèle Prodigue à ces beaux lieux sa voix , charme de l'air ; Et si toujours la rose éclate, fraîche et belle, Aux bords riants du Bendemer.

Ah ! sur ces bords charmants les roses sont fanées : Quelques boutons vermeils cueillis dans leur fraîcheur, Seuls , changés en essence et bravant les années , Ont gardé du printemps le parfum enchanteur.

Ainsi le souvenir prolonge la durée

Des plaisirs que le temps emporte dans son cours ;

Leur mémoire, pareille à l'essence épurée,

D'un bonheur qui n'est plus embaume encor nos jours.

Oui, malgré vos rigueurs, tristes métamorphoses ! Que sur moi , chaque année , accumule l'hiver, Comme en mon doux printemps , je vois encor les roses Rougir aux bords du Bendemer.

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