‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 60 sur 67 · I.;i , sur des plages désolées · texte numérisé non relu

I.;i , sur des plages désolées

D'un éternel midi brak

J'aperçois du Lion l'affreuse majesté ;

Plus terrible, pourtant, dans l'excès de sa rage,

Le Tigre, qui n'a pour courage

Qu'une indomptable cruauté !

Que d'oiseaux, à leur tour, réclament un hommage ! Là, le Paon , qui s'allume aux splendeurs d'un jour pur, A l'immortel pinceau vient offrir son plumage , Où brillent des soleils d'émeraude et d'azur.

En vain l'Aigle fuit dans la nue

De son rapide essor connue :

Au sceptre de Buffon bientôt il se soumet. Vainement le Condor, de ses ailes altières,

Franchit les hautes Cordillères;

Buffon l'atteint sur leur sommet.

Combien d'autres tribus par lui sont retracées ! Ici sont les Pétrels, hôtes légers des mers , Qui, du pôle affrontant les barrières glacées , D'une aile audacieuse effleurent ces déserts ;

Là , de couleurs étincelante ,

D'Aras une troupe brillante Rayonne , en se jouant , sous l'ombrage des bois ; Et là, le Kamichi des savanes fangeuses ,

Dm leurs retraites orageuses, Fait retentir sa grande voix.

Buffon ! quand tu fondais ce magnifique empire , Pour le doter du sceptre, as-tu fait choix d'un roi Oui : l'Homme, souverain de tout ce qui respire, Sur le trône du monde est confirmé par toi.

Vrai monarque par la pensée,

Sous tes traits pour toujours fixée , De l'univers vivant il est l'àme et l'appui : Tu fais tout relever du plus noble des maîtres ;

Et le cercle infini des Êtres

S»> coordonne autour de lui.

Aussi, pour t'honorer rouvrant mon chant de gloire, Je dis : « Salut , Buffon ! ô toi , dont le burin « Éternisa de l'Homme et les traits et l'histoire n Sur un haut monument de porphyre et d'airain.

« Ta main active et vigilante,

« Depuis la zone étincelante, « Jusqu'aux pôles glacés, a prisJ'Homme au l>erceau; i Et traçant , dans leur cours, les phases de sa vie,

« De tant de troubles poursuivie , Nr l'abandonne qu'au tombeau.

« Salut encore, ô toi, dont les savantes veilles,

<c Épuisant les secrets de ce grand univers ,

« De la création ont sondé les merveilles ,

« Et peint , en traits de feu , tant d'animaux divers

« Leurs noms , leurs mœurs, leurs habitudes ,

« Objets constants de tes études , « Rien ne peut éviter tes regards éclatants ; « Et ton Génie immense, égal à la Nature,

« A reproduit , dans ta peinture ,

« Tous les Êtres et tous les Temps. »

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