‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 104 sur 164 · Livre QjJATRiESME · texte numérisé non relu

Livre QjJATRiESME

Doit de ses maux recevoir le salaire.]

« Ce gentil prince, entre ses nobles faits, Voyant ses gens en bataille desfaits, Et Dagobert, son fils, jusqu'à la taye, Près la cervelle, attaint d'une grand' playe, Perdre le sang en longue pasmoison, Revestira son chauve poil grison D'un morion, armes de la jeunesse, Et tout son corps refroidi de vieillesse Réchaufera d'un cœur jeune et gaillard; Puis, en brossant les flancs de son Bayard(i), Chaud de colère et de vengeance fière, Passant à nou le fil d'une rivière, Ira trouver le roi sur l'autre bord Qui se moquoit de son fils demi-mort.

Alors ces rois, d'un valeureux courage, Front contre front, sur le premier rivage, S'acharneront comme loups au combat.

Le bon Clotaire à la renverse abat Son ennemi, et sa teste coupée Embroche droite au bout de son espée, Avec grans cris repassant vers les siens. Acte gaulois et digne des Troyens, De siècle en siècle à jamais mémorable. Tant vaut un père à son fils pitoyable!

— L'autre qui vient en magnifique arroy, Qui de maintien représente un grand roi , Est-il des miens? dy-le moy, je te prie.

— C'est Dagobert, fleur de chevalerie. En sa jeunesse aura le cœur hautain, Revesche en mœurs, coupera de sa main (Acte impiteux) la barbe de son maistre; Puis par le temps venant son âge à croistre, De prince fier deviendra gracieux,

Tant seulement en deux points vicieux:

L'un, de nourrir par trop de concubines;

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