Imité d*Horace
4. Selon l'opinion des vieux jurisconsultes, les souverains ne sont point sujects aux lois.
Le Bocage royal. 269
De ses ailes ramant , admirent son image,
Non pour luy voir le corps de mille couleurs peint,
Non pour le voir si beau , mais pour ce qu'il est saint ,
Oyseau religieux aux mânes de son père ,
Tant de la pieté nature, bonne mère,
A planté dès le naistre en l'air et dans les eaux
La vivace semence au cœur des animaux!
Donques le peuple suit les traces de son maistre;
Il pend de ses façons, il l'imite, et veut esire
Son disciple, et tousjours pour exemple l'avoir.
Et se former en luy ainsi qu'en un miroir.
Cela que le soudart aux espaules ferrées , Que le cheval flanqué de bardes acérées, Ne peut faire par force, amour le fait seulet, Sans assembler ny camp, ni vestir corcelet. Les vassaux et les roys de mutuels offices Se combattent entr'eux, les vassaux par services, Les roys par la bonté : le peuple desarmé Aime tousjours son roy quand il s'en voit aimé. I! sert d'un franc vouloir quand il est nécessaire Qu'on le face servir. Plus un roy débonnaire Luy veut lascher la bride, et moins il est outré, Plus luy-mesmes la serre, et sert de son bon gré, Se met la teste au joug sous lequel il s'efforce. Qu'il secouToit du col s'on luy mettoit par force.
C'est alors que le prince en vertus va devant; Qu'il montre le chemin au peuple le suivant; Qu'il faict ce qu'il commande, et de la loi suprême Rend la rigueur plus douce obéissant luy-mesme; Et tant il est d'honneur et de louange espoint. Que, pardonnant à tous, ne se pardonne point.
Quel sujet ne seroit dévot et charitable Sous un roy pieteux (0? Quel sujet misérable Voudroit de ses ayeux consommer les thresors, Pour, homme, effeminer par délices son corps D'habits pompeux de soye elabourez à peine,