‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 138 sur 164 · AU ROY CHARLES IX · texte numérisé non relu

AU ROY CHARLES IX

Au grand Hercule animé de courage Vous ressemblez; il avoit son lignage Du fils de Rhée, et le vostre est d'un roy, Qui comme un dieu tint la France sous soy.

Dès le berceau, de sa main enfantine Il estoufa la race serpentine; Vous dès enfance à la mort avez mis La plus grand' part de vos fiers ennemis.

Un puissant roy contrai^noit sa prouesse. Nécessité , qui est grande déesse, Vous a contraint. 11 eut pour son confort Un jeune frère, et vous, prince trèsfort , En avez deux qui donnent espérance D'estre sous vous les lumières de France.

Hercule avoit pour habit le plus beau Le rude cuyr de l'effroyable peau D'un grand lion,''monstrant par un tel signe Qu'un riche habit des princes n'est pas digne, Mais la vertu et la force gui sert De robe aux rois, et jamais ne se perd {a). Vous comme luy, bien que soyez grand prince, Et riche roy de si grande province, Ayant vertu pour vostre habillement, Allez tousjours accoustré simplement , Blasmant l'orgueil des grands rois d'Assyrie, Qui, tous chargez de riche broderie.

D'argent et d'or, demy-dieux se monstroient, Enflez de pompe, à ceux qu'ils rencontroient,

Mais la vertu, qui jamais ne seperî, Et qui de robe en tout âge leur sert.

jîi Lé Bocacîè royal.

Faisant estât de robe somptueuse , Et non d'avoir une ame vertueuse.

Ainsi masquez reluisoient par-devant.

Mais au dedans ce n'estoit que du vent.

Or cet Hercule, à tous labeurs adestre, Une massue avoit dedans la dextre Dont il frappoit les hommes dépravez.

Dedans la main le sceptre vous avez Dont vous domtez l'impudente malice, Gouvernant tout d'une égale police.

Hercule alloit la terre tournoyant, De tous costez les monstres guerroyant; Et vous tournez vostre royaume, Sire, Pour sainctement nettoyer vostre empire De tout erreur, et des monstres qui vont Sans plus avoir la honte sur le front.

Hercule aimoit et l'arc et les sagettes; Pour passe-temps si bon archer vous estes Et si certain, que le trait eslancé Frappe le but par vos yeux menacé.

Sa sœur Pallas, Déesse forte et sage, Le conduisoit, bien-heurant son voyage ; Et vous avez vostre mère , qui fait Vostre voyage heureusement parfait.

Après sa mort, ce magnanime Hercule Au ciel monta, sans tache, sans macule, Estant purgé sur le mont CEtéen.

Vous, despouillé du manteau terréen, Irez au ciel à la gloire éternelle.

Et c'est pourquoy. Sire, je vous appelle Nostre Herculin, qui serez une fois Par vos vertus l'Hercule des François; Car c'est à vous à qui le ciel ordonne Du monde entier le sceptre et la couronne. Ainsi de vous l'a promis le destin Inexorable au fuseau aimantin , Dur, acéré, d'invincible puissance; C'est que seriez en vostre adolescence,

Le Bocage royal. 515

Estant bien jeune orphelin demeuré , Un peu troublé ; car rien n'est asseure. Mais aussi tost que la blonde jeunesse Aura doré d'une toison espesse Vostre menton, et qu'aux guerres dispos, Le fort harnois bruira sur vostre dos , Branlant au poing la hampe d'une hache , Et remuant les crestes du pennache D'un morion reluisant tout ainsi Qu'un beau soleil de fiâmes esclaira , Irez vainqueur es provinces lointaines; Où conduisant vos embûches certaines, Et vos soldats sous le fer fremissans, Et vos chevaux au combat hennissans, Le lys sacré planterez sur la rive Où du soleil le chariot arrive, Quand vers le soir, lassé de ses travaux. Dans l'Océan abreuve ses chevaux, Fumans, suans, et souflans des narines.

Le jour tombé dans les ondes marines; Et sur le bord où il sort hors de l'eau , Frais, gaillard, jeune, ainsi qu'un jouvenceau Qui pour l'amour de sa belle guerrière Monte à cheval et passe une carrière.

En ces deux mers le ciel fera laver De vos harnois les poudres , et graver Du bout trenchant de vostre forte lance Le nom sacré de Charles et de France, Et de Henry, et de tous vos ayeux , Qui d'œil bénin nous regardent des cieux {a).

Or ce destin qui tel bien vous désire N'a seulement designé vostre empire, Faicts vertueux, triomphes de bon-heur, Villes, chasteaux , dont vous serez seigneur, Terres et mers; mais il a d'avantage

a. Var. :

Qui sont au ciel à la table des dieux.

314 Le Bocage royal.

Dépeint vos mœurs, vos yeux, vostre visage Et vostre taille, à fin qu'estant venu, Fussiez de tous par vos signes connu; Et pour remarque il a bien voulu mettre De vostre nom la capitale lettre, Un C fatal, lettre qui par neuf fois A commencé le beau nom de nos rois.

Ce roy qui doit (ce dit la destinée) Tenir sous soy la terre dominée.

Aura le teint comme entre noir et blond, Palle-vermeil , le visage un peu long, Les yeux chastains, la taille droite et belle, Posé maintien, la grâce naturelle, Une voix douce, un parler sage et pront, Belle la grève et la main et le front, Ayant au corps une ame généreuse, Et la jeunesse active et vigoureuse.

Au reste, humain, non trompeur, non moqueur, Non renfrongné, non remply de bas cœur, Non abuseur, non controuveur de ruses.

Et par-sur tout grand hostelier des Muses, Qui, de la main en laquelle il aura L'estoc sanglant , en sa tente escrira , Comme un César, des livres dont la gloire Des ans vainqueurs combatra la victoire. Ayant le front couronné de laurier, Pour estre ensemble et sçavant et guerrier; Car pour bien faire il faut qu'un roy se serve De l'une et l'autre excellente Minerve.

Or, en voyant tous ces signes en vous, Je suis certain (ainsi le croyons tous) Qu'estes ce roy de qui la Parque sage A tant rendu par escrit tesmoignage.

Vous ordonnant tout ce grand univers :

Et c'est pourquoy je vous offre mes vers Avec l'ouvrier, qui bouillonne d'envie D'user pour vous ses plumes et sa vie.

Donq , aussi tost que la vive vertu Vous armera du fort glaive pointu ,

Le Bocage royal. 31$

Et qu'on oyrra pour l'honneur de vos Gaules Le corselet sonner sur vos espaules , Ayant la fleur de la jeunesse attaint , De vos sujets trop plus aimé que craint [a), Allez combattre , allez à la bonne heure Conquérir tout sous fortune meilleure, Et , fait vainqueur, rapportez à foison Mille lauriers dedans vostre maison.

[Rien ne pourra trom.per vostre puissance, Armant d'accord tous vos seigneurs de France, Ayant pour garde autour de vostre flanc Ces grands Bourbons yssus de vostre sang; Et comme on voit Achille, dans Homère, Se trouver bien du conseil de sa mère , Croyez la vostre , et serez en tous lieux De tous , de vous , du temps victorieux.] Moy, plus armé de plumes que d'espée , Suivrây au camp la victoire trempée Au sang vaincu. Si quelque chevalier Fait un beau coup entourné d'un millier Des ennemis, je feray sous ma plume Sonner son coup comme un fer sur l'enclume , [Qu'un noir Vulcan, des deux hanches boiteux, Laissant la forge et les soufflets venteux, Coup dessus coup à tour de bras martelle. Frappant de rang. Meinte vive estincelle Du fer ardent s'élance de travers Avec un bruit. Un tel bruit de mes vers S'eslevera , si bien qu'en toute place Estant ouïs , laisseront une trace D'horrible efTroy pour le cœur estonner De l'estranger qui les oyra sonner.] [b)

a. Var. :

Des ennemis comme une foudre craint.

Qu'un noir Vulcan, des deux hanches tortu, Bat au marteau de fiâmes revestu.

5i6 Le Bocage royal.

J'ay d'une ardante et brusque fantaisie Dès la mammelle aimé la poésie, Ainsi qu'on voit les hommes volontiers Ou par destin suivre divers mestiers, Ou par l'instinct de leur propre nature , L'un la musique, et l'autre la peinture; L'Un par esprit les astres va cherchant , Et l'autre vit ou guerrier ou marchand.

Moy qui l'honneur plus que les biens estime, Né d'une race antique et magnanime, Franc d'avarice et pur d'ambition , Libre de toute humaine passion , D'un esprit vif, ardant et volontaire.

Pour la vertu j'ai quitté le vulgaire, Villes, chasteaux, bourgades et marchez, Et suis allé par les antres cachez , Par les desers, rivages et montagnes, Suivre les pas des neuf Muses compagnes, Qui toute nuict m'enseignent par les bois A n'avoir point autres maistres que rois, Et à pousser jusqu'aux troupes célestes Ceux qui en guerre ont osé de beaux gestes, Et qui d'un cœur avantureux et fort Une louange achètent par la mort.

Quiconque aura pour marque mémorable Dans l'estomac une playe honorable, S'en-vienne à moy : son coup si noble et beau Privé d'honneur n'ira sous le tombeau.

[Et si quelqu'un icy me vitupère D'avoir promis tels mots à vostre père , Il doibt sçavoir que ce grand roy Henry M'a honoré , estimé et chery, Non advancé, bien cju'il en eust envie, (Car le malheur luy aesroba la vie). Où vous mon roy ne m'avez seulement Aimé, chery, mais libéralement M'avez donné commencement de vivre; Et c'est pourquoy, Sire, je vous veux suivre

Le Bocage royal. ^17

Comme mon tout, m'estimant fortuné D'estre soubsvous en si bon siècle né.]

Pource, mon roy, s'il vous plaist que je face La Franciade, œuvre de long espace*, Oyez mes vœux : Il seroit bien saison Qu'eussiez esgard à moy, pauvre grison.

Sur qui déjà l'autonnaie tempeste A fait gresler quarante ans sur la teste : Bien tost semblable au bon cheval guerrier Qui souloit estre au combat le premier, Et tout couvert d'une belle poussière Gaignoit, vainqueur, le prix de la carrière, Le chef orné de roses , maintenant Languit poussif à l'estable, prenant, Sans nul soucy de fleurs ni de bataille, Le peu de foin que son maistre luy baille.

Donq s'il vous plaist, Sire, n'attendez plus Que je sois vieil , impotent et perclus , Fâscheux, hargneux, ayant Tame estourdie, Et tout le corps, de longue maladie.

Mais or' que j'ay tout l'esprit vigoureux. Le genou fort et le sang généreux.

Commandez- moy et m'aimez tout ensemble Et m'honorez. Ces trois poincts (ce me semble; Font le poète heureux et glorieux, Le font gaillard , le poussent jusqu'aux cieux.

Car, san5 honneur, la muse, consommée De long travail, s'alambique en fumée; Et l'escrivain qui n'a le plus souvent Qu'une promesse aussi froide que vent Devient poussif et rétif à l'ouvrage :

Le seul honneur luy hausse le courage.

Quand il se voit d'un prince bien traité , Comme je suis de vostre Majesté.

^I8 Le Bocage royal.

A LUY-MESME

Si les souhaits des hommes avoient lieu, Et si les miens estoient ouys de Dieu ' Je iuy ferois une requeste, Sire, '

De vous donner non un meilleur empire, Non plus de erace ou plus grande beauté , Non plus de force ou plus de royauté, Ou plus d'honneur pour illustrer vostre âge Mais vous donner six bons ans d'avantage ' [Lors vous seriez en âge très-parfait Et je verrois accomply mon souhait, Qu'avecque moy tout le peuple souhaite Pour une joye accomplie et parfaite.]

D'où vient cela qu'au retour des beaux mois On voit les fleurs, les herbes et les bois Croistre soudain , et les rois de la terre Qui dessous Dieu ont le second tonnerre. Qui doivent tant de provinces tenir.

Mettre en croissant si long temps à venir ? [Et toutes foys ils sont de Dieu l'image. Ses filz ainez ont la terre en partage, Luy tout le ciel ; et qui résiste au roy Résiste à Dieu et si n'a point de loy.] Alors qu'un prince a pleine cognoissance De ses sujets , il a plus de puissance.

Quand Jupiter dedans Crète habitoit.

Et qu'Amalthée en l'antre l'alaitoit.

Et que, petit, avecques sa compagne Nede, rampoit sur Ide la montagne.

Il n'estoit craint , bien que sa Majesté Déjà monstrast mainte vive clairte.

Mais aussi tost qu'il gaigna le trophée Du fort Briare et du gean Typhée ,

Et qu'il eust mis la foudre entre ses mains , Lors il fut craint des dieux et des humains.

Charles, c'est vous à qui le destin donne Non seulement la superbe couronne Que vos ayeux dessur le chef portoient , Et de leur nom les peuples surmcntoient; Le ciel , amy de vos vertus , appelle Vostre jeunesse à victoire plus belle.

Car aussi tost que vostre beau menton Sera doré d'un jaunissant cotton , Comme Alexandre aurez l'ame animée Du chaud désir de conduire une armée Outre l'Europe, et d'assauts vehemens Oster le sceptre aux puissans Ottomans, Qui sous leurs mains par armes ont saisie Tout le meilleur d'Europe et de l'Asie , Lesquels, hardis d'hommes et de vaisseaux. Ont d'avirons ja couvertes les eaux Qu'on voit flotter dessus la mer Tyrrhène ; Ont ja campé leurs soldars sur l'arène De la Sicile et de Calabre, à fm Que nostre loy par le Turc prenne fin , S'il ne vous plaist d'un valeureux courage Vostre puissance opposer à leur rage.

Et bien qu'ils soient hautains et glorieux , De tant de rois les rois victorieux.

Et que d'enflure ayent l'ame grossie.

Si craignent-ils pourtant la prophétie.

C'est qu'un grand roy de France doit un jour, En les doutant et chassant du séjour Que Constantin esleut pour sa demeure, Rompre leur sceptre, et d'une foy meilleure Gaigner les cœurs des peuples .^sien5, De circoncis en faire des chrestiens , François d'habits, de mœurs et de langage.

Je me promets par signe et par présage, Et par augure et par sort, que c'est vous Qui les devez abbatre à vos genous,

320 Le Bocage royal.

Et Que vous seul en aurez la victoire, Et ae Mahom effacerez la gloire.

J'enten déjà vos soldats fremissans Et les chevaux sautans et hennissans Dessous le faix de vos braves gensdarmes ; Je voy l'esclair du bel acier des armes Sous le soleil s'eclatter jusqu'aux cieux ; Je voy vostre ost conduit par les bons dieux, Sans que la peine ou la peur le surmonte. Déjà campé sur le bord d'Heilesponte.

Courage , Prince ! encor' n'estes-vous pas Le premier roy de France qui les pas Aura planté sur la terre payenne Pour le soustien de nostre foy chrestienne ! Un roy Loys, endossé du harnois, Y a dressé les honneurs des François.

Ce Godefroy, jeune duc de Lorraine, D'hommes croisez couvrit toute leur plaine., Print Cormoran le grand gean, et fist Si vaillamment qu'après il desconfist Tous les payens par la gent baptisée ; Cassa leur sceptre, et leur gloire brisée Dessous ses pieds en triomphe foula.

Et combatant se fist seigneur de là.

Vous, plus grand roy, devez bien vous promettre Les faits qu'un duc à fin a bien sceu mettre, Pauvre de biens et riche.de bon-heur, Qui par vertu s'acquist si grand honneur.

Là vous voirrez ces grand's villes hautaines Fières du nom de ces vieux capitaines , Alexandrie , Antioche , et aussi Celle qui , riche, eslève le sourci Du nom d'Auguste, et celle qui la gloire Retient encor d'une heureuse victoire.

Là vous voirrez mille peuples divers D'habits, de mœurs, de langage, couvert^ L'un de laurier et l'autre de iyerre.

Vous saluer le seigneur de leur terre.

Le Bocage royal. 521

Et remarquant en vous cent deïtez, Vous présenter leurs cœurs et leurs citez.

De l'autre part, la Grèce, qui est telle Qu'onque en beauté terre ne fut plus belle, Qui a conceu tant de peuples guerriers, Et tant de fronts couronnez de lauriers , Mère des arts, des philosophes mère, Dont Tame vive ingénieuse et clère Abandonna la terre ^pesant lieu;, Et d'un grand cœur s'en-volant jusqu'à Dieu, Le voulut voir, le cognoistre et l'apprendre; Puis se laissant par les astres descendre, Leur fist des noms et cognut leur vertu , Veit le soleil de flammes revestu, D'argent moiteux veit la lune accoustrée, Et son beau char qui conduit la serée ; Cognut leurs tours , distances et retours , Cognut les ans , les heures et les jours; Sçeut le destin et ce qu'on dit fortune; Cognut le haut et le bas de la lune, L'un immortel, l'autre amy du trespas; Sçeut la raison pourquoy tombent çà bas Flammes, esdairs, et foudres et tonnerres; Cognut de l'air les accords et les guerres, Cognut la pluye, et la neige et le vent.

Puis leurs secrets hautement escrivant, Par un bel art, les fist à l'homme apprendre, Et tout le ciel en terre fist descendre, Ne laissant rien en la voûte des cieux Dont son labeur ne fust victorieux.

Bref, ceste Grèce, œil du monde habitable, Qui n'eust jamais ny n'aura de semblable , Demande, helas ! vostre bras très-chrétien Pour de son col desserrer le lien , Lien barbare, impitoyable et rude, Qui tout son corps genne de servitude Sous ce grand Turc, qui presque de l'esprit Du peuple grec a chassé Jésus-Christ,

Ronsard. — III. ai

322 Le Bocage royal.

Et, !uy pillant ses enfans et ses villes, Le rend esclave à choses très-servjlles.

Or, si la foy vous esmeut à pitié.

Si aux captifs portez quelque amitié , Vous devez. Sire, armer vos mains fidelles, Pour racheter tant d'âmes immortelles Qui sous Mahom s'en vont déjà périr, S'il ne vous plaist bien tost les secourir.

Ah! si je puis jusqu'à tel âge vivre Que vos combats ma plume puisse suivre, Tout au milieu de vos assauts divers.

Fifres, tabours, je chanteray mes vers k l'envy d'eux, si bien qu'on pourra dire Que vos canons feront place à ma lyre.

Lors Amyot (a), qu'Apollon a nourry, Saule, qui est des Muses tant chéry {b). Ne me vaincront, non pas, Apollon mesme: Car, plein d'ardeur et d'une envie extrême De i3ien chanter, je feray dans les cieux Vostre beau nom voler jusques aux dieux. [Je chanteray que la bonne nature Et que le ciel sur toute créature Vous ont formé, et qu'à vous seul ils ont Mis dedans l'ame en l'esprit et au front Ce qu'ils avoient de mil ans en espergne. Et que vertu , non le sort , vous gouverne. Je chanteray de vostre mère aussy Le sage advis, le consejl, le soucy, Et le bonheur que le destin luy donne D'asseurer ferme au chef vostre couronne , En balançant, par un juste compas,

Alors Daurat.

b. Var. (!î78) :

Belleau, des Sœurs U nourrisson chéry

Le Bocage royal. j2J

Ce qui peut nuire et ce qui ne nuit pas.]

Tandis la paix en vos terres florisse, La paix le peuple et les princes nourrisse; Florisse aussi la justice et les lois Jusques au jour que le puissant bamois Pour le sûustien de vos fertiles Gaules Face un grand bruit sur vos jeunes espaules; Et que , tenant les armes en la main , Soyez l'honneur de tout le genre humain, Faisant marcher devant vous la justice , Pour corriger les meschans et le vice.

Lors vostre sceptre opulent et puissant De jour en jour se verra florissant, Et serez dit, comme le bon Auguste, Non pas un roy, mais un père très-juste.

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