Rivière de la Toscane
Que royne elle seroit la plus grande du monde. Et que le nom de femme, autrefois à mespris , Par elle emporteroit sur les hommes le pris.
Mais ainsi que Vesper, la cyprienne estoile. De plus larges esclairs illumine le voile De la nuict ténébreuse, et sur tous les flambeau.x Dont le ciel est ardant les siens sont les plus beaux. Ainsi et la vertu, la grâce et le mente De la sainte et divine et chaste Marguerite, Fille du roi François et la sœur de Henry ^i;, Et du duc d'Orléans (2), qui jeune m'a nourry r, Me semblèrent aux yeux sur les autres reluire.
Pour ce je la choisis le sujet de ma lyre, Laauelle, ayant l'esprit de son père, eut à gré Le labeur que j'avois à ses pieds consacré; Et, comme magnanime et princesse invincible. Pour l'honneur de vertu feist ce qu'il est possible id D'avancer ma fortune, et, fille et sœur d'un roy. Daigna bien, ô bonté! se souvenir de moy. Mais en perdant, helas! sa clairté coustumière , Comme aveugle je suis demeuré sans lumière.
Tousjours en sa faveur, soit hyver, soit au temps De la chaude moisson, puisse naistre un printemps Sur les monts de Savoye, et quelque part qu'elle aille, Tousjours dessous ses pieds un pré de fleurs s'esmaille. Dedans sa bouche naisse une manne de miel, Et luy soit pour jamais favorable le ciel!
Fleur et perle de prix, Marguerite parfaite,
a. Var. :
Kl, comme vertueuse et d'honneur toute pleine, S' opposant à mon mal, charitable , mist peine.