‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 67 sur 164 · Livre troisiesme · texte numérisé non relu

Livre troisiesme

Promis en vœux au grand peuple gaulois {a) Au dieu de Seine et aux nympnes compagnes Oui de Paris 'J, arrousent les campagnes. .

^fccNous n'irons plus, comme nous souhons faire, Tous deux seulets en un heu solitaire, Loing de la troupe ensemble deviser ; D'un dur sommeil il te faut reposer.

La mort te tient, de silence suivie, Et maugré moy je traîne ceste vie , Qui m'estoit douce alors que je pouvois Voir ton visage et entendre ta voix.

Soulagement de ma fortune extresme, Cher Compagnon, ainçois second moy mesme. Je te supplv, ne te fâches de quoy Plus grands présents tu n'as receu de moy, Oui suis banny sans foyer et sans terre , Olii pour partage ay la mer et la guerre

« Mais si le Ciel, qui prédit mon bonheur, Me faict un jour de ce peuple seigneur Que Seine embrasse en son giron lertille , Je bastirav en ton nom une ville Et couvrifav d'un tombeau solennel Tes os couchez en repos éternel. »

A-tant se teut. Les larmes respandues , Dessus la face en roulant descendues , L'une sur l'autre à gouttes se hastoient, Et les souspirs l'estomac lui battoient, Blasmant la mort d'une plainte profonde, Qui rien de bon ne laisse vivre au monde.]

Voue: du Diea qui haignt les François.

I . Il est permis aux dieux , aux morts , aux pontifes . 2ux devins et aux poètes, en leur fureur, de Pre;;-°;i^' \d;;^";^ , ^ les noms qui ne sont encore imposez aux choses, ^o)^^ le^ commentaires de VirgUe, au sixiesme, sur ce passage . Portusque require Velinoj.

i68 La Franc I A DE.

Ce triste office à l'envy regardoient Les jeunes sœurs qui leurs beaux yeux dardoient (<?) Sur ce Troyen , dont les larmes jettées Avoient beaucoup les grâces augmentées.

Bref, le voyant ensemble bon et fort , Plus que devant Amour gaigna le fort De leur raison par les sens renversée, D'un trait nouveau reblessant leur pensée; Mais plus Clymène ardant il retouchoit, D'autant que plus sa flame elle cachoit.

De toute chose elle perd la mémoire , Se perd soy mesme; une tristesse noire Bien loin du corps desroba son esprit, Qui de pensers seulement se nourrist (b). D'un feu secret elle escoule ses peines Aux nerfs, aux os, aux muscles et aux veines,. Et dans le foye , où la playe se fait Grande en douleur, quand Amour de son trait Blesse un amant , et bref depuis la plante Jusqu'à la nuque un soucy la tourmente, Poingt, frape, bat. Elle, qui sent parmy Ses propres os loger son ennemy, Pense et repense , et discourt en sa teste , Son penser vole et jamais ne s'arreste, Deçà, delà, virant et tournoyant.

Comme l'esclair du soleil flamboyant » Sortant de l'eau naguères respandue

a. Yar. :

Tandis les sœurs d'un regard tout rarj. Jettoient les yeux et le cœur à l'envy.

Son esprit, plein d'une tristesse noire.

L'effaroucha d'imaginations,

Troublant son sang d'estranges passions..

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