Vieil mot, de douloir
266 Les Poèmes.
Les vrays corbeaux ravisseurs de nos biens, A qui la chair et la graisse est donnée; Qui ne font pas comme la Cananée, Se contentans des miettes de pain, Mais prenant tout nous font mourir de faim ; Et si avons la mâchoire assez dure Pour manger seuls nostre propre pasture, Sans que l'on voye un messer estranger Venir le bien à nous pauvres manger, Pour balancer seulement une aureille.
Regarde-moy dés la mer de Marseille Jusques au Havre, ah ! autrefois Anglois ; Voy la Bourgongne, et les champs Lyonnois, Ceux ont en main les plus gras bénéfices, Daces (4), imposts, et les meilleurs offices, Où les François ne sont recommandez Ne satisfaicts sinon d'un attendez.
Il ne faut plus que la Royne bastisse, Ny que sa chaux nos trésors appetisse; Molins suffit sans en bastir ailleurs.
Peintres, maçons, engraveurs, entailleurs Succent l'espargne avec leurs piperies.
Mais que nous sert son lieu des Thuilleries? De rien, Moreau, ce n'est que vanité; Devant cent ans sera deshabité, Et n'y aura ny fenestre ny salle, Leton entier, corniche ny ovalle.
Son plus certain, son palais le plus beau, C'est Saint Denis, quand auprès du tombeau De son mary dormira trespassée, A joinctes mains, à clos yeux renversée.
Il ne faut plus qu'en temps de paix le Roy Donne ses biens, sans cognoistre pourquoy Prodiguement ces richesses il donne A quelque nombre, et destruit sa couronne,
i. Dace signifie une contribution, une taxe. Moreri le dérive de datio.