Livre premier
Hercule un jour passant par Œbalie Menoit Iole, amoureuse folie; Comme ils erroient en cheminant tous deux Par terres, bois, par boccages ombreux, Luy, hérissé dessous la peau velue Du grand lion, empoignoit sa massue Ferme en ses doigts, grosse de doux d'airain. Elle portoit mille bouquets au sein, De bagues d'or ses mains estoient chargées, Son col estoit de perles arrangées Riche et gaillard ; son chef estoit couvert D'un scophion (*) entrelacé de verd; Sa robe estoit de pourpre Meonine, Perse (*) en couleur, chancrée à la poitrine; Ainsi qu'on voit au retour des beaux mois Se promener ou nos dames de Blois, Ou d'Orléans, ou de Tours, ou d'Amboise, Dessus la grève où Loire se dégoise Contre la rive; elles, sur le bord vert Vont deux-à-deux au tetin descouvert, Au collet lasche, et joignant la rivière Foulent l'esmail de l'herbe printaniere, [Prennent le frais, fieres en leur beauté. En cependant leur jeune nouveauté Croist à l'envy des herbes qui fleuronnent. Leurs amoureux en les suivant s'estonnent De leur beau port, et tirent peu à peu Dessous Vesper la recherche d'un feu Qui les consomme, et toute la nuit pensent En ces beaux yeux qui guerriers les offensent Sans sommeiller, navrez trait dessus trait, Ayant sans cesse au cœur le doux portrait Que trop d'amour en peinture leur colle, Ainsy qu'Hercule avoit au cœur Iole. ]
Faune qui est des femmes désireux,