‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 75 sur 223 · LE SOUCI DU JARDIN · texte numérisé non relu

LE SOUCI DU JARDIN

AU SIEUR CHEROUVRIER, Excellent musicien.

Je veux chanter, Cherouvrier, le Souci Qui te plaist tant, et qui me plaist aussi ; Non les soucis dont Amour me fait guerre (a) Mais les Soucis, estoilles d'un parterre, Ains les soleils des jardins, tant ils sont Jaunes, luisans, et dorez sur le front.

La rose emporte (empourprant son espinej Le premier lieu à cause d'Erycine, Et du beau sang d'Adon qui la peingnit; L'œillet après qu'Apollon contraingnit Jouer au disque, et qui le fit occire Sans y penser à l'amoureux Zephyre, Et fut depuis aux Spartes un grand Dieu.

Ces deux, Soucy, ont eu le premier lieu, Toy le troisiesme, et s'il n'y a fleurette, Ny giroflée, ou double violette, Genest, josmin plus odorant que toy ; Au moins, Souci, s'il n'est vray, je le croy.

Soit que ma dame autresfois m'ait donnée Ta couleur jaune, ou que l'âme inclinée A voir, sentir, et contempler ta fleur, Sur tous parfums j'estime ton odeur ; Jamais repas ne me fut agréable, Si ton bouton n'enfleurit une table,

a. Var. :

Non les soucys qui tout le cœur nous serre,

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