VŒU A LUCINE
Aux couches d'Anne Tiercelin.
Ode VI.
O déesse puissante C^e pouvoir secourir La vierge languissante Déjà preste à mourir, Quand la douleur amere D'un enfant la rend mère!
Si , douce et secourable, Heureusement tu veux D'aureille favorable Ouïr mes humbles vœux, J'esleveray d'y voire Une image à ta gloire;
Et moy, la teste ornée De beaux lis fleurissans, Iray trois fois l'année La parfumer d'encens.
Accordant sur ma lyre L'honneur de ton Osire.
[Descens, déesse humaine, Du ciel, et, te hâtant, La santé douce ameine A celle qui l'attend.
Et d'une main maistresse •;« Repousse sa détresse.]
Ainsi tousjours t'honore Le Nil impétueux, Qui Neptune colore Par sept huis fluctueux; Ainsi tousjours ta pompe Danse au bruit de la trompe.
Q^UATRiESME Livre. 257
Toy, déesse Lucine , Requise par trois fois, De la vierge en gesine Tu escoutes la vois, Et desserres la porte Au doux fruict qu'elle porte.
Tu as de la nature La clef dedans tes mains; Tu donnes louverture De la vie aux humains, Et des siècles avares Les fautes tu repares.