TRADUCTION DES VERS LATINS
De Jean Daurat Sur le trespas de la royne de Navarre (').
Ode IV.
Ainsi que le ravy prophète Dans une flambante charrette Haut eslever en l'air s'est veu, D'un bras allumé par le vuide, Guidant l'estincelante bride De ses chevaux aux pieds de feu,
Quand du vieillard la cheute robe.
Qui du sein bruslant se desrobe, Coula dans les bras attendans Du jeune prophète, et glissante Fut veue par l'air rougissante Loin derrière en replis ardans;
Comme on void une estoile esmeue Qui tombe, ou qui tomber est veue Du ciel sous une claire nuit, Attrainant derrière sa fuite Par le vuide une longue suite De sillons de feu qui la suit:
Ainsi Marguerite, faschée De sa robe humaine entachée Du premier vice nature! , Ruant bas, de prompte allégresse,
I. Marguerite d'Orléans, sœur du roy François 1er, laquelle espousa Henry II, roy de Navarre, ayeui maternel de Henry IV. (R.)
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Et sa sommeillante paresre , Et son gros fardeau corporel ,
Hautaine au ciel est arrivée Sur quatre roues eslevée, Foy, espérance, charité, Et patience dure et forte, Qui courageusement supporte Toute maligne adversité.
D'un tel chariot soustenue , Faite déesse elle est venue En la troupe du Roy des rois , Que maintenant elle contemple, Royne d'un monde bien plus ample Que n'estoit pas son Navarrois.