‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 12 sur 163 · De la Raison, fille du Conseil et de la Prudence, rviç · texte numérisé non relu

De la Raison, fille du Conseil et de la Prudence, rviç

' 5 . Nostre poète , nourry tousjours et élevé en la maison des roys, depuis François I jusqu'à Henry III, ainsi que tu peux voir par sa vie, qu'a escrite monsieur Binet. (R.)

Premier livre. 37

De bien loin nos n-meurs(i) surmonte, Lors (]ue hardie elle raconte Un vaillant sage comme toy.

Antistrophe.

Nul n'est exempt de la Fortune,

Car sans égard elle importune

Et peuples et rois et seigneurs.

Cadme sentit bien sa secousse

Et de quel tonnerre elle pousse

Les grands princes de leurs honneurs.

Mais, tout ainsi que les flambeaux Ou du soleil ou d'une estoile

Tout soudain reluisent plus beaux Après qu'ils ont brisé leur voile, Ainsi, après ton long séjour, Tu nous esclaires d'un beau jour.

Ayant cognu par ta présence Combien nous nuisoit ton absence, Privez de ton œil, qui sçait voir Les pieds boiteux de la malice , Si près œilladant la police Que rien ne le peut décevoir.

Epode.

Et qu'est-ce que des mortels.?

Si au matin ils fleurissent.

Le soir ils ne sont plus tels.

Pareils aux champs qui fanissent.

Nul jamais ne s'est vanté D'éviter la bourbe noire Si la Muse n'a chanté Les hymnes de sa mémoire.

oJnH^n f ''"^^'" ^'P"^' ^"' n'avoient rien que des n'mes S. (R°"^'"^' ' paroistre, et pensoient estre gr'ands

38 Odes.

C'est à toy, Roy, d'honorer Les vers, et les décorer Des presens de ta hautesse ; Soufle ma nef, je seray Le premier qui passeray Mes compagnons de vistesse.

Strophe IX.

Plustost cjue les feux ne s'eslancent, Quand au ciel les foudres nous tancent, Je courray dire aux estrangers Combien l'effort de ta main dextre, Maniant le fer, est adextre A briser l'horreur des dangers, Et de quel soin prudent et caut Ton peuple justement tu guides, Appris au mestier comme il faut Luy lâcher et serrer les brides.

Ta vieille jeunesse et tes ans En mille vertus reluisans M'inspirent une voix hardie, Et me commandent que je die Ce règne heureux et fortuné Sous qui l'heureuse destinée Avoit chanté dés mainte année Qu'un si grand prince seroit né

Antistrophe.

Pour gouverner comme un bon père La France, heureusement prospère Par les effects de sa vertu.

Rien icy bas ne s'accompare A l'equité saintement rare Dont un monarque est revestu ; Aussi rien n'est tant vicieux Qu'un grand gouverneur de province

Premier livre. ^9

Quand il fault, d'autant que mille yeux Avisent la faute d'un prince.

Ne preste l'aurei'.le aux menteurs Et fuy de bien loin les fîateurs, S'ils veulent oindre [\] tes aureilles De fausses et vaines merveilles, Fardans sous vaine authorité Le vain abus de leurs vains songes, Subtils artisans de mensonges Et bons pipeurs de vérité.

Epode.

L'un se rongre le cerveau ,

L'autre mesdit et rapporte , S'il sent qu'un esprit nouveau Nouvelles chansons apporte.

Ce pendant l'innocent faict Preuve de sa patience , Sçachant que Dieu tout parfaict (Dieu la mesme sapience) Ne sçauroit jamais laisser L'orgueil sans le rabaisser Pour hausser la chose basse. Ostant l'honneur d'un qui Ta, Il le donne à cestui-là Qui par raison se compassé.

Strophe X.

Il faut qu'en me parant j'évite L'escrime de leur langue viste A tirer l'estoc dangereux ; Si est-ce que j'oy tousjours dire Qu'un homme engraissé de mesdire Maigrit à la fin mal-heureux.

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