‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 14 sur 163 · A LUY-MESME · texte numérisé non relu

A LUY-MESME

Ode II. — Strophe i.

Comme un qui prend une couoe , Seul honneur de son trésor, Et de ran^ verse à la troupe Du vin qui rit dedans l'or :

Ainsi, versant la rosée Dont ma langue est arrousée Sur la race des Valois, En son doux nectar j'abbreuve Le plus grand roy qui se treuve Soit en armes ou en lois.

Antistrophe.

Heureux l'honneur que j'embrasse, Heureux qui se peut vanter De voir la thebaine grâce Qui sa vertu veut chanter.

Je vien pour chanter la tienne Sur la corde dorienne.

42 Odes.

Et pour estre désormais Celui qui de tes victoires Ne souffrira que les gloires En l'oubly tombent jamais.

Epode.

De ce beau trait décoché , Dy, Muse mon espérance, Quel prince sera touché Le tirant parmy la France ?

Sera-ce pas nostre Roy, De qui la divine aureille Boira la douce merveille Qui n'obéit qu'à ma loy ?

Strophe II.

De Jupiter les antiques Leurs escrits embellissoient , Par luy leurs chants poétiques Commençoient et finissoient , Réjouy d'entendre bruire Ses louanges sur la lyre; Mais Henry sera le Dieu Qui commencera mon mètre, Et que seul j'ay voué mettre A la fin et au milieu.

Antistrophe.

Le ciel , qui ses lampes darde Sur ce tout qu'il apperçoit.

Rien de si grand ne regarde Qui vassal des roys ne soit.

D'arm.es le monde ils estonnent , Sur le chef de ceux ils tonnent Qui les viennent despiter;

Premier livre. 45

Leurs mains toute chose attaignent^ Et les plus rebelles craignent Les roys fils de Jupiter."

Epode.

Mais du nostre la grandeur Les autres d'autant surpasse Que d'un rocher la hauteur Les flancs d'une rive basse.

Puisse-t-il par l'univers Devant ses ennemis croistre, Et pour ma guide apparoistre Tousjours au front de mes vers !

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