‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 157 sur 163 · DE FEU LAZARE DE BAIF · texte numérisé non relu

DE FEU LAZARE DE BAIF

A Calliope. (1550.)

Si les Dieux Larmes d'yeux Versent pour la mort d'un homme,

A ceste heure.

Dieux, qu'on pleure, Et qu'en dueil on se consomme !

Calliope,

Et ta trope, Baïf chantez en voix telle

Que sa gloire

Par mémoire Soit saintement immortelle.

En maint tour,

A l'entour * Du cercueil croisse l'hierre.

Nuit et jour

Sans séjour.

A l'ignorance il eut guerre.

L'excellence De la France

Mourut en Budé première, Et encores Morte est ores

Des Muses l'autre lumière.

A JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN, ô ^o

Si les âmes vagabondes Aux enfers des pères vieux ,

Après avoir beu les ondes

Du doux fleuve oblivieux ,

Desdaignans l'obscur séjour, Pleines d'amour de la vie première Reviennent voir de nos cieux la lumière,

Et le clair de nostre jour;

Si ce qu'a dit Pythagore

Pour vray l'on veut estimer,

L'ame de Pétrarque encore

T'est venue r'animer;

L'expérience est pour moy, Veu que son livre antiq' tu ne leus oncques. Et tu escris ainsi comme luy ; donques

Le mesme esprit est en toy.

Une Laure plus heureuse

Te soit un nouveau soucy,

Et que ta plume amoureuse

Engrave à son tour aussi ,

Des amoureux le doux bien , A celle fin que nostre siècle encore, Comme le vieil , en te lisant t'honore

Pour gaster l'encre si bien.

Ronsard. — H. 30

466 Odes

D'une nuit oblivieuse

Pourquoy tes vers caches-tu ?

La lumière est envieuse

S'on luy celé la vertu ;

Par un labeur glorieux Ont surmonté les fureurs poétiques - Du vieil Homère et des autres antiques

Les siècles injurieux.

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